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Anonymous au Québec

Discussion in 'France' started by betobe8, Jan 22, 2012.

  1. ça viendra avec le temps :)
  2. Will smith (qui n'est pas scientologue, et Anon) a mis une claque à un journaliste qui l'a embrassé sur la bouche.
    Le canada n'est pas une province Française ; anglaise à une époque, plus maintenant.
  3. PresidentShaw Member

    Non, c'est juste que quand je dit supporter la liberté d'expression, je ne suis pas hypocrite....

    L'intimidation des étudiants qui sont contre leurs manif d'enfants gâtés, ca va contre mes principes.
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  4. Roger.Guy Member

    http://www.politis.fr/Quebec-la-grande-colere,18393.html
    Québec : la grande colère …
    … contre l’Etat policier.
    De même que chez nous, en mai 1968, le conflit né à l’Université a gagné la classe ouvrière et failli emporter le régime, de même nos cousins québécois sont peut-être en passe de renverser le gouvernement provincial de Jean Charest : la « loi spéciale » a du mal à passer
    Ce sont, là aussi, les étudiants qui ont allumé la mèche d’ une révolte suscitée par l’augmentation brutale des frais de scolarité à l’Université : plus de 80 % de hausse, une paille ! quebec1805-1bbca.jpg Le fameux cycle manifestation-répression dure depuis maintenant depuis quatorze semaines et on ne voit guère le bout du conflit.
    Je vous invite à lire ci-dessous le vigoureux édito d’un blogueur local, Robert Bibeau.
    Vigoureux (« Ne touchez plus à nos enfants, manants ! ») et savoureux, car écrit dans cette langue si vivante et imagée qu’ils pratiquent là-bas et qui, même quand certaines situations et particularités locales nous échappent, est un vrai régal !
    La parole à M. Bibeau !
    FIN DE RÉGIME À QUÉBEC

    « Jean Charest haussa le ton et sa voix menue fut entendue jusqu’au fond du Salon bleu par les reporters de la presse docile. Ce n’est pas la fin de règne qu’il avait souhaitée. La clique de journalistes qui lui sont attachée comprit qu’ils devaient s’ajuster, car bientôt eux tous devraient servir un nouveau sous-fifre.
    Dans ses rêves les plus fous, Charest s’était vu quittant la vie publique sous les applaudissements de ses partisans, bénéficiant de l’entendement complaisant de ses mandants, hypocrites et soumis, chacun ayant un bon mot pour lui, plutôt que ces chuchotements venant du fond du parlement en ces derniers moments de son gouvernement décadent.
    Foin de cette gloire éphémère ! Les rues de Montréal, de Québec, de Sherbrooke, de Gatineau, de Rimouski sont maintenant jonchées de verre brisé, d’affiches le conspuant, de pancartes le ridiculisant, lui le manant. Les rues de ces cités remplies de chiens enragés, de chevaux apeurés, de policiers ameutés, casqués, masqués, armés, rangés, boucliers et matraques levés, discrédités, défiés par ces milliers et ces milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes et de parents endoloris par ce gâchis. Parents heurtés certes mais fiers de leur progéniture - plus déterminée que nous ne l’avons jamais été - à rejeter le diktat des haut placés – des capitalistes milliardaires et de leurs thuriféraires tellement désolés – non pas désolés de voir nos jeunes matraqués, pas du tout – désolés de se voir gâcher leur sortie de piste après des années de bons et loyaux services au service des riches.
    Depuis le début de ce conflit le 12 février dernier, contre ces jeunes malappris, pense-t-il ; qu’il traita avec mépris du haut de sa grandeur légitime, pense-t-il ; jusqu’à ce chant du cygne de la disgrâce commandé par ceux qui à Sagard avaient placé en lui toute leur confiance, aujourd’hui déçue, pense-t-il.
    Ti-Jean, transfuge de Conservateur-libéral à Libéral-conservateur, n’a-t-il pas reçu le sceptre du pouvoir des mains de celui qui le détient ? N’a-t-il pas reçu l’onction de l’arrogance des mains de ceux qui font les Premiers ministres dans le richissime domaine privé du haut de la falaise surplombant le fleuve aux grandes eaux ?
    Réunie récemment au domaine de Sagard, autour de la Table ronde des chevaliers d’industrie et de la finance, ils ont désigné le prétendant politique vassal qui lui succédera. Ti-Jean répudié mais quand même décidé à livrer ce qu’il a promis, suit son chemin avant que d’être congédié …
    La suite ici.
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  5. Roger.Guy Member

    http://reflets.info/quebec-anonymous-previent-le-gouvernement/
    Québec : Anonymous prévient le gouvernement

    20 mai 2012
    Par Yovan Menkevick

    [IMG]Communiqué de Presse. Anonymous affiche son opposition à l’adoption de la loi 78 et soutient les étudiants du Québec dans leur combat contre la hausse des droits de scolarité.
    Suite à un appel d’Anonymous par Twitter à faire tomber les serveurs gouvernementaux canadiens, le site de l’éducation nationale est indisponible ce dimanche 20 mai 2012 à 10h50 heure française : http://www.mels.gouv.qc.ca/ tout comme celui du parti libérale du Québec www.plq.org et celui du programme d’Aide financière aux études http://www.afe.gouv.qc.ca/


    Ça tombe et ça se relève.
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  6. tymousse Member

    c'est bizarre mais en France au info on parle que de bison futé qui annonce des retours rouge ou noir
  7. qu'est ce que t'en pense anon shaw ?
  8. Roger.Guy Member

  9. Roger.Guy Member

    http://www.mediapart.fr/journal/international/190512/quebec-au-coeur-du-mouvement-etudiant
    Québec: au cœur du mouvement étudiant

    21 mai 2012
    Montréal, de notre envoyée spéciale
    feupoudre.JPG
    « Il faut faire attention quand on réveille un peuple endormi », avertit le politologue Eric Martin sur un ton provocateur mais amusé. Le jeune professeur est encore surpris par la détermination de ses élèves, ces étudiants québécois qui participent à ce qui, en trois mois, est devenu la plus longue grève de l’histoire du Québec.
    Carré rouge épinglé sur sa veste, Eric Martin préfère parler de « printemps québécois » que de « printemps érable », spécificité provinciale oblige, et ne cache pas avoir embrassé la cause des étudiants. Le politologue étudie de près la question de l’éducation dans la pensée néolibérale pour l’Institut de recherches et d’informations socio-économiques (IRIS), l’un des think tank de gauche du Québec, un lieu indispensable pour comprendre ce qui est en train de se tramer dans la province.
    Car ce mouvement étudiant s'est transformé en une opposition tenace au gouvernement libéral de Jean Charest en place dans la province depuis 2003. La grève – ou « boycott des cours », expression retenue par le gouvernement puisque les étudiants ne sont pas régis par le droit du travail – est suivie par 150 000 à 300 000 étudiants selon les périodes, c'est-à-dire 30 à 60 % des étudiants.
    Aujourd'hui, la révolte étudiante est sortie des campus, comme en témoigne le carré rouge porté par des Montréalais de tout âge, affiché dans les vitrines, devenu l’une des photos de profil Facebook à la mode chez les Québécois… Ce symbole est un héritage de la mobilisation étudiante de 2005, à l’époque contre les coupes budgétaires dans les programmes d’aides financières aux étudiants ; un carré rouge comme symbole de l’endettement des étudiants et de leur opposition au gouvernement.
    IMG_6190.jpg © Iris Deroeux
    Démarré au mois de février, le mouvement 2012 s’est depuis installé voire enlisé en grande partie en raison du refus du gouvernement de négocier avec les syndicats étudiants. Le conflit ne cesse de se durcir ; il se judiciarise aussi quand des étudiants opposés à la grève font valoir leur droit à aller en cours devant des tribunaux. Il a déjà provoqué la démission et le retrait de la vie politique de la ministre de l’éducation Line Beauchamp, le 14 mai, remplacée par Michelle Courchesne.
    Depuis le 17 mai, le ton est encore monté d'un cran : le gouvernement a décidé d'adopter une loi spéciale pour interdire les piquets de grève, afin de forcer le retour en classe. Aujourd’hui, personne ne sait si les étudiants des universités en grève vont pouvoir valider leur session (c’est-à-dire rattraper leurs cours et ainsi valider le trimestre universitaire qui vient de s’écouler) ni comment peut se régler le casse-tête qui s’annonce à la rentrée prochaine, lorsque de nouveaux étudiants vont en plus devoir être intégrés.
    Au commencement, il y a la décision du gouvernement québécois de Jean Charest d’augmenter les frais de scolarité. Ce dernier annonce, dès mars 2011, une hausse des frais d’inscription à l’université de 75 % sur cinq ans signifiant qu’en 2017, un Québécois devrait débourser 3 800 dollars (2 937 euros) par an pour étudier à l’université. Suivant les recommandations des recteurs d’université, le gouvernement estime que l’université québécoise est sous-financée et qu’elle doit rattraper le reste des universités canadiennes fonctionnant sur un modèle anglo-saxon, où une année d’étude coûte en moyenne 6 000 dollars.
    « Ce gouvernement s’inspire directement de l’Angleterre où la scolarité est passée de la gratuité, en 1998, à 14 000 dollars par an à la rentrée prochaine. C’est ni plus ni moins la mise en application des idées défendues par le processus de Bologne aboutissant à une grande mutation de l’université dans laquelle la part de financement privé augmente, et dans laquelle le système de gouvernance évolue au profit des hommes d’affaires dans les conseils d’administration. Au bout du compte, les étudiants sont mieux contrôlés car ils sont obligés d’avoir recours à l’endettement. A terme, on a une éducation à l’américaine », résume Eric Martin, qui dénonçait déjà dans son essai Université.inc (coauteur Maxime Ouellet, aux éditions Lux) les logiques néolibérales appliquées à l’éducation.
    Dans la province, cette augmentation importante des frais est en rupture avec les acquis de la « Révolution tranquille » des années 1960 (une période de mise en œuvre des principes de l’Etat providence) en matière d’éducation, essentiellement basés sur le rapport Parent. Celui-ci préconise une éducation gratuite, accessible à tous, et aboutit à la mise en place d’un réseau de collèges d’enseignement général et professionnel, les « cégep », offrant une transition entre le secondaire et l’université.
    « Pour la société québécoise tout entière ! »

    Sauf que cette hausse des frais, une majorité des étudiants des cégeps et des universités n’en veulent pas et le disent depuis plusieurs années déjà par la voix de leurs syndicats étudiants dont les principaux sont la CLASSE (Coalition large de l'Association pour une solidarité étudiante), la FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec) et la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec). « Quand le 17 mars 2011, le gouvernement a présenté son budget et que la hausse des frais de scolarité est apparue inévitable, je participais à la réunion. L’attachée de presse de la ministre de l’éducation, Line Beauchamp, nous a alors dit : “Nous ne sommes plus en 2005, le mouvement étudiant ne prendra pas” », raconte Martine Desjardins, doctorante de 30 ans à la tête de la FEUQ, le plus gros syndicat étudiant. « Je crois que c’est l’erreur fondamentale : leur conviction que nous n’allions pas nous mobiliser. »
  10. Roger.Guy Member

    http://www.mediapart.fr/journal/int...au-coeur-du-mouvement-etudiant?page_article=2
    grevepolitis.jpg
    En cette mi-mai, plus d’un an après l'annonce de la réforme, le gouvernement se trouve face à un mouvement d’une ampleur jamais égalée. Entre-temps, les trois principaux syndicats ont nourri la contestation avec un argumentaire sérieux. Ils prouvent, documents à l’appui, qu’il est possible de revoir le financement de l’université autrement qu'au travers d'une hausse des frais et prônent d’autres solutions (consulter par exemple le site de la Classe, ici ou encore ici, la grande enquête de la FEUQ sur l’endettement étudiant).
    Ils demandent un moratoire sur la hausse des frais et la mise en place d'états généraux de l'éducation. « Il y eut une première manifestation en novembre, rassemblant 30 000 personnes. Puis les associations étudiantes ont commencé à voter en assemblées sur la stratégie à adopter pour contrer la décision du gouvernement. Elles ont opté en majorité pour la grève. La première journée de grève eut lieu le 13 février. 300 000 étudiants y ont participé », poursuit Martine Desjardins.
    Deux grandes manifestations sont organisées les 22 mars et 22 avril. La première rassemble 200 000 personnes, c'est la plus grande manifestation jamais organisée au Québec. « A la différence des mobilisations précédentes, la solidarité et l’unité entre les associations étudiantes qui n’ont pourtant pas exactement les mêmes approches sont impressionnantes, dit la professeur de sciences politiques de l’Université de Montréal, Pascale Dufour. Entre le conflit de 2005 et aujourd’hui, ils ont appris à se battre. »
    La chercheuse se demande si cette détermination n’a pas un lien avec la réforme scolaire mise en place depuis 2000 dans les écoles primaires. « Cette réforme a touché les jeunes qui ont aujourd’hui 17-18 ans, qui sont dans les Cégeps et qui se mobilisent. Via cette nouvelle approche, on leur a appris à prendre la parole, on leur a donné de la place. Ils ont un esprit critique très développé, ils savent se positionner. Je me dis que cette formation peut expliquer leur disposition à la contestation, cette obstination face à un gouvernement qui leur dit : “taisez-vous !” »
    A la mi-mai, 14 cégeps sur 48 sont paralysés par la grève, et 11 universités sur 18 sont touchées. Qu'ils soient grévistes ou non, 80 % des étudiants du Québec rejettent la hausse selon les chiffres des syndicats étudiants.
    IMG_6171.jpg © Iris Deroeux
    Rencontrée il y a quelques jours, au départ d’une manifestation des étudiants en communication sur le thème d'une « satire sociale du mardi gras », en dansant à travers la ville au rythme d’un orchestre de jazz, Marie-Eve a 19 ans, elle est au cégep et se prépare à entrer en fac de médecine. « J’ai grandi dans un quartier populaire où on nous disait déjà que l’université n’était pas pour nous… Alors imaginez si les frais augmentent. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis ici, l’éducation supérieure ne doit pas être le privilège de quelques-uns », assène-t-elle.
    Un peu plus loin, se tiennent Benjamin et Fabienne. Ces étudiants en psychologie de 20 ans, affiliés à la Classe, participent pour la première fois à un mouvement social. « On ne se bat pas que pour nous, on se bat pour les générations futures et pour la société québécoise tout entière ! Ceux qui ne comprennent pas notre mouvement nous prennent pour des enfants gâtés qui refusent de mettre la main à la poche, mais ce n’est pas une histoire de facture ! On se bat pour l’éducation », s’emporte Benjamin.
    « Si le prix des études augmente, la filière psychologie va devenir moins attrayante, car les études sont longues et les métiers pas très rémunérateurs. Au bout du compte, nous aurons moins de professionnels de santé, c’est notre société qui y perd », explique Fabienne.
    « Quelle que soit l’issue du conflit, on a déjà gagné car on a réveillé les consciences », ajoute Benjamin, précisant que ce mouvement les a sensibilisés à d’autres politiques gouvernementales jugées néfastes. « Hier, nous avons manifesté pour une augmentation de l’assurance-chômage, gelée depuis trois ans. Nous nous opposons aussi à la taxe santé (une taxe de 200 dollars imposée à tous les foyers pour financer les établissements de santé, sans condition de ressource - ndlr), qui est une aberration. »
    D’un mouvement étudiant à un mouvement d’opposition

    Au fil des semaines, les étudiants ont trouvé de nombreux soutiens chez les syndicats professionnels et ce sont aujourd'hui des pans entiers de la politique de Jean Charest qui sont contestés. Le réseau associatif québécois ainsi qu’une grande partie du « peuple de gauche » local, exaspéré par le « système Charest », est aussi de la partie. « Les syndicats de professeurs nous soutiennent tous, mais aussi des syndicats aussi improbables que le syndicat des pompiers. 150 associations communautaires ont aussi exprimé publiquement leur soutien », explique fièrement Martine Desjardins, de la FEUQ. Il existe aujourd’hui un nombre incalculable de groupes « contre la hausse » : les médecins contre la hausse, les mères contre la hausse, les grands-parents contre la hausse…
    « Nous avons exprimé publiquement notre soutien et nous avons fourni un appui logistique et financier au mouvement, notamment pour les grandes manifestations. Nous avons aussi construit un argumentaire qui a été distribué à tous nos membres », explique ainsi Jean Trudelle, le président de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ), affiliée à la grande centrale syndicale CSN et militant pour la gratuité scolaire. Mais le syndicaliste ne cache pas ses doutes quant à l’issue de ce conflit, il est exaspéré par l’attitude du gouvernement. « Il s’enferme dans le cynisme et la condescendance. Nous souhaiterions qu’un moratoire soit décrété sur la hausse, afin de prendre le temps de la réflexion. Mais je n’y crois pas, ce serait un aveu d’échec du gouvernement », explique-t-il. « La situation est d’autant plus insensée que tout le monde est d’accord pour dire qu’on doit réfléchir au financement des universités. Personne ne dit qu’il ne faut pas prendre en compte ses évolutions ! »
    anticharest.JPG
    « C’est le pire gouvernement de notre histoire, il ne donne rien aux gens ! » s’emporte le politologue Eric Martin, en écho aux pancartes que l’on trouve dans les manifestations du carré rouge. Carl, électricien, fait partie de ceux qui viennent soutenir les étudiants dès qu’ils le peuvent, lors des « manifestations nocturnes » qui se déroulent dans le centre-ville. « On se compare à l’Ontario ou aux Etats-Unis pour justifier la hausse des frais de scolarité, mais ça suffit d’être dans cette mentalité du moins pire ! On est un pays riche enfin, on peut bien payer pour l’éducation de nos enfants ! » Pour lui, le mouvement étudiant a représenté la goutte d’eau de trop. « Les scandales se multiplient depuis quelques années, ce gouvernement fonctionne comme une mafia, il y en a marre ! » explique-t-il.
    A côté de lui, on lit sur une banderole « 9 ans de corruption, 9 ans de trop ». Plusieurs marchés publics dans le secteur de la construction font aujourd'hui l’objet d’une commission d’enquête, la commission Charbonneau, créée tardivement par Jean Charest alors sous le feu de la critique. Ces « affaires » ont fait l’objet de nombreuses émissions du journaliste Alain Gravel, de l’émission d’investigation « Enquête » (archives ici).
    Mais face à cette grogne, le gouvernement Charest reste inflexible. L’idée d’un moratoire est catégoriquement rejetée. « C’est un conflit qui est totalement conditionné par l’orgueil du gouvernement ! La société québécoise est telle que les avancées néolibérales ne sont pas si urgentes que ça. Si le gouvernement n’avait pas parlé de hausse des frais, personne ne l’aurait réclamée dans les rues de Montréal à part les recteurs d’universités », estime le syndicaliste Jean Trudelle.
  11. Roger.Guy Member

    http://www.mediapart.fr/journal/int...au-coeur-du-mouvement-etudiant?page_article=5
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    Inflexible, le gouvernement peut aussi compter sur le soutien des « carrés verts », un mélange d'étudiants en faveur de la hausse et / ou opposés à la grève. Durant le week-end, ils sont quelques-uns à se rassembler sur la place des Arts de Montréal. « Si on nous hue, on applaudit », lance l’un d’eux. « Le budget du Québec est déficitaire, il faut croire qu’on ne peut peut-être pas garder tous les services sociaux qu’on s’est offerts », explique Michaël qui estime qu’une hausse est inévitable.
    Au-delà des « carrés verts », qu'il est difficile de compter, les sondages indiquent que la population québécoise soutient Jean Charest depuis le début du conflit. La loi spéciale décidée par le gouvernement le 17 mai est ainsi soutenue par 66 % de la population, selon un sondage publié par le quotidien La Presse. « Cette ligne inflexible ne dessert pas Jean Charest. Ça a même plutôt l’air de lui réussir. Il ne risque pas grand-chose à continuer ainsi : ces jeunes ne sont pas son électorat », analyse la politologue Pascale Dufour.
    [IMG]


    Des images du mouvement

    Le vendredi 11 mai, des étudiants en communication portant le carré rouge organisaient la « Satire rouge du Vendredi Gras » dans les rues de Montréal. L'objectif ? « Danser et chanter la satire sociale pour débrider la crise ». Ambiance.
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    Edit
    Je m'excuse AnonShaw ; je sais que c'est long.
    :(
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  12. L1sAZE Member

  13. Roger.Guy Member

    D'après la radio, ça a chié des bulles grave hier (noir de monde partout)
    Il paraît que ce n'est pas fini.
    Je vais voir ce que dit la presse.

    Edit


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    http://www.liberation.fr/monde/2012/05/23/a-montreal-la-loi-speciale-on-s-en-calisse_820699
    A Montréal, «la loi spéciale, on s'en câlisse»

    23 mai 2012 à 00:57

    [IMG]
    Manifestations du 22 mai 2012 à Montréal. (Photo Samuel Chambaud. AFP)
    Par ANABELLE NICOUD Correspondance à Montréal
    Pour le 100ème jour de la grève étudiante, plusieurs dizaines de milliers de Québécois étaient ce mardi dans les rues de Montréal pour crier leur mécontentement. Quinze semaines après le début d’une fronde étudiante, le conflit s’est mué en une véritable contestation sociale.
    Le ciel est capricieux. Mais rien n’aurait pu empêcher Bernard, 69 ans, de venir manifester aux côtés des étudiants. «J’ai manifesté quand j'étais jeune pour la gratuité scolaire. Quand on est allé à l’université, on ne payait pratiquement rien. Je ne comprends pas que les gens de mon âge puissent s’opposer à ce dont ils ont profité», s'étonne ce professeur à la retraite.
    Depuis 3 mois, la province vibre au son des manifestations. Le 22 mars et le 22 avril, plus de 150 000 personnes, étudiants, professeurs, mais aussi syndiqués, artistes et écologistes ont manifesté leur opposition à la hausse des droits d’inscription à l’université. Malgré la pression, le gouvernement libéral de Jean Charest n’a jamais trouvé de terrain d’entente avec les syndicats étudiants.
    Après plus de 200 manifestations de jour et de nuit à Montréal, le gouvernement a adopté une loi d’exception, suspendant le trimestre et restreignant le droit de manifester, en imposant notamment des amendes salées aux organisateurs et participants de manifestations illégales. Une mesure qui, loin de calmer les esprits, ne passe pas.
    Désobéissance civile

    Observant les dizaines de milliers de personnes autour de lui, Gabriel Nadeau Dubois, jeune porte-parole d’un syndicat étudiant la Classe, qui refuse de se plier à la loi, constate : «c’est un geste massif de désobéissance civile». «Si le gouvernement est conséquent avec sa loi, il devra donner des amendes à des dizaines de milliers de personnes», estime le jeune homme.
    Si les manifestations nocturnes du week-end ont donné lieu à des débordements, la manifestation de mardi après-midi s’est déroulée, elle, dans une ambiance plutôt bon enfant. Jean-François y participe avec ses quatre enfants et sa femme. «C’est important : c’est pour leur futur, dit-il. Je trouve déjà les frais trop élevés : il ne faut pas en ajouter.»

    A Montréal, la loi spéciale, appelée loi 78, n’a pas encore été appliquée par la police. Mais bien des manifestants refusent de se laisser impressionner par les amendes qu’ils pourraient avoir (jusqu'à plusieurs milliers de dollars).

    «Il faut continuer, on ne peut pas lâcher», croit Jacynthe, 24 ans, étudiante en arts visuels. Dans les slogans, c’est le Premier ministre Jean Charest, au pouvoir depuis près de 10 ans, qui est visé par les manifestants. «Cela n’a aucun sens de passer une loi aussi anti-démocratique», dit Mireille, jeune retraitée du monde universitaire. «Charest, il ne comprendra jamais. On n’est pas écoutés», regrette-t-elle.
    _____________________________________________________________
    Les papys et les mamys s'y mettent.
    Mauvais temps pour le gouvernement de là-bas ....
  14. PresidentShaw Member

    #opquebec = 80% de francais et une minorité de québécois, qqun peux dire ironie?

    J'imagine que c'est plus facile d'attaquer les sites webs quand c dans un autre pays avec moin de risques de répercussions. Ceci dit, Cananon (un collectif qui est vraiment composé de canadiens) va prendre action CONTRE LA LOI 78 MAIS PAS NÉCÉSSAIREMENT EN SUPPORT DES ÉTUDIANTS bientot (sans attaquer de sites webs)

    Fun fact of the day

    En france= éducation gratuite = 140 étudiants pour un prof
    Au québec = éducation vraiment pas chère = 40 étudiants pour un prof

    Qualité supérieure d'enseignement donc au québec. Sans mentioner que ca nous coute rien aller a l'hopital. Ces étudiants se plaignent la bouche pleine, j'ai un pote qui viens d'un milieu pauvre, a complèté son université et il lui restait de l'argent en surplus de ses prêts et bourses, c pas mon problème si les étudiants s'achètent un nouveau ipad chaque année et de la bière chère au hipster bar du coin au lieu de payer leurs frais d'études.
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  15. Roger.Guy Member

    Je sais, :(.
    Je suis d'accord avec toi.
  16. Stila Liev Member

    Et une Américaine.
    Mais elle est la reine!

    Je pense que ce n'est pas ironique.
    • Informative Informative x 1
  17. L1sAZE Member

    Donc tu préfères une augmentation du coup de la scolarité. En fait faut toujours viser vers le bas. Une taxe hospitalière pourrait être sympa aussi, etc ...
    • Dumb Dumb x 1
  18. PresidentShaw Member

    Faudrait que tu comprenne que les frais de la scolarité sont maintenus au plus bas artificiellement depuis les années 60, et qu'on resterais quand même l'endroit ou ca coute le moin cher d'étudier en amérique du nord même après la hausse.

    Sans mentioner que ca coute moin cher étudier aujourd'hui qu'en 68.
  19. L1sAZE Member

    C'est plutôt bien alors, de se battre pour que ça n'augmente pas. Cela compense dans un certain sens la hausse du prix des énergies, des produits alimentaires de base ... tout ce dont à besoin un étudiant (sans parler du prix du pot')
  20. anonyme404 Member

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  21. avec la copine à Roger :)
    • Dumb Dumb x 1
  22. Roger.Guy Member

    J'ai pas tout suivi et j'y suis pas au Québecq.
    Les dernières nouvelles que j'ai eu c'était les ppys et les mamys qui commencaient à à avoir envie d'aller dans la rue avec les étudiants, AnonShaw qui n'est pas d'accord avec les étudiants ou du moins leurs revendications, et qui l'a dit ; je vois pas qui serait pas d'accord
    (des ennemis de la liberté d'expression? = je leur promet un wagon d'adversaires et d'emmerdemments)

    Donc ce même AnonShaw qui pourrait descendre dans la rue, pas pour soutenir les revendications des étudiants, mais pour faire une action IRL, contre la Loi 78...
    Ambiances ....
    du KébeK; ça change de rapports minoritaires ou chroniques trantoriennnes :
    il faut prévoir des aménagements aux trois lois, Mister Sheldon :)

    Si ils n'inventent pas une ou des portes de sortie ; ils vont finir dans la merde, leur gouvernement actuel, aux Québecquois ...
    Je crois, ....
  23. t'as vu il m'a mis une mauvaise note genre c'est moi qui ai fait la vidéo :(
  24. Roger.Guy Member

    T'inquiètes :D (voir un thread sur le coup de "t'inquiète")
    Il est dans le filet (pas IRL celui là, d'accord, c'est vrai ; juste un léger malentendu entre avatars ... pas de quoi fouetter un chat sans poils, ...)

    Edit
    En poussant un peu, tout en étant d'accord avec lui, sans me foutre de sa gueule, je le soutiens si il va dans la rue avec les autres et un masque de G. Fawkes et une pancarte ;
    "j'emmerde les étudiants, la loi 78 encore plus"
    ou style .....:)

    Je peux pas editer ; je poste à partir d'un service public (gratuit), ils ont pas encore firefox et ils croient que si tu fais une lettre avec open office, t'es un "hackertuvasmourirenprison".
    Sinon, pour le reste c'est classieux.
    Les missions du service public ont pour "spécificité légitimatrice", d' intervenir là ou il y a carence du privé
    là, c'est mon interprétation provocatrice :D (à l'intention des fausses couilles)
    je fais pas parti de ceux qui ont envie de faire se retourner dans sa tombe, Adam Smith.)
    Sinon, après ils gueulent à la concurrence (surtout dans les secteurs où ils ont pas investi, pensant que c'est de la merde. Et qu'ils se mettent à désirer, à corps et à cris, quant il réalisent (enfin) que ça pourrait être rentable.(chacun ses motivations ....)

    Maudits Français !
    (lesquels ?)
    • Informative Informative x 1
  25. Non, pas vraiment, j'ai été au cégep et de mes amis, ils devait accumuler des cannettes à 5 cents pour devoir se payer un lunch.
    • Informative Informative x 3
  26. Roger.Guy Member

  27. PresidentShaw Member

  28. Roger.Guy Member

    C'est multiculturel.
    L'amitié Franco-Américaine ....
    "La Fayette nous voilà" ... au Québec.:cool:
    :D
  29. PresidentShaw Member

    Ca fait pas trois ca?
  30. L1sAZE Member

    Québec : cent jours de révolte étudiante

    Mots clés : Québec, Loi 78, Canada, Montréal, Jean Charest
    Par [IMG]Maurin PicardMis à jour le 29/05/2012 à 00:09 | publié le 28/05/2012 à 18:53 Réactions (52)
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    Après plus de cent jours de manifestations étudiantes (ici le 26 mai à Montréal), la contestation s'est étendue au reste de la population après le vote, le 18 mai, de la loi d'exception, dite «loi 78», qui restreint temporairement les libertés d'expression et de rassemblement au Québec. Crédits photo : ROGERIO BARBOSA/AFP


    Après avoir envenimé le conflit en publiant une loi d'exception, le gouvernement tente de sortir de la crise.

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    Pour la trente-deuxième nuit consécutive, les casseroles, tambours et cornes de brume ont résonné samedi dans les quartiers résidentiels de Montréal, à peine importunés par la pluie battante survenue sans crier gare. Une dizaine de milliers de personnes, battant joyeusement sur leurs ustensiles de cuisine, ont arpenté la capitale économique d'est en ouest, avant de se disperser une nouvelle fois sans violence.
    Le bref orage a cédé la place à une brise fraîche, porteuse d'espoir dans le conflit étudiant qui, depuis plus de trois mois, bouleverse la vie quotidienne du Québec. Comme une lueur au bout du tunnel, l'annonce de la reprise des négociations lundi après-midi (20h, heure française) entre la ministre québécoise de l'Éducation, Michelle Courchesne, et les organisations syndicales étudiantes a suscité un discret soulagement général, après 107 jours de manifestations quasi ininterrompues.

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    Le premier ministre Jean Charest (à droite) et la ministre québécoise de l'Éducation, Michelle Courchesne. Crédits photo : MATHIEU BELANGER/REUTERS

    Malgré cette embellie saluée par les médias québécois, l'espoir d'une sortie de crise rapide demeure ténu, tant les positions des uns et des autres semblent irréconciliables. Le premier ministre Jean Charest (Parti libéral, conservateur) refuse de remettre en cause le principe d'une hausse des frais d'inscription universitaires. Les trois principaux syndicats étudiants, eux, exigent un moratoire pur et simple sur cette hausse. Même si le porte-parole de l'un d'entre eux, Léo Bureau-Blouin, de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), a laissé entendre qu'il pourrait entériner le principe d'une hausse, à condition que le gouvernement Charest «accepte de bouger» lui aussi dans la bonne direction.
    «Au point où on en est, nous devrions enfermer tout ce beau monde dans une église, ironise Vincent Parissal, chroniqueur du quotidien La Presse, et ne les laisser sortir que lorsque la fumée blanche du consensus s'échappera de la cheminée.»
    Déjà largement viciée, la situation se complique encore un peu plus du fait de la loi d'exception, dite «loi 78», votée le 18 mai dernier et restreignant temporairement les libertés d'expression et de rassemblement au Québec. Jugée abusive, voire «liberticide», par les étudiants, cette loi a eu pour effet de faire descendre dans la rue des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup ne se reconnaissaient pourtant pas dans les revendications étudiantes. Un sondage révélait le 26 mai que 60 % des personnes interrogées n'approuvaient pas la loi 78, alors qu'une large majorité, même au sein des 18-34 ans, soutenait l'augmentation des frais de scolarité.
    Le plus radical des trois syndicats étudiants, la Classe (Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante), a fait de l'abrogation inconditionnelle de la «loi spéciale» son nouveau cheval de bataille. Une abrogation qui conduirait Jean Charest à se renier publiquement, après avoir ouvertement joué d'une poigne de fer pour rétablir l'ordre public. Mais «il y a eu tant d'improvisation que cela confine à l'amateurisme», s'étonne le professeur de philosophie politique Daniel Weinstock, de l'université de Montréal.
    «Une guerre des nerfs»

    Depuis le vote de la loi 78, la querelle a pris une autre tournure, ressemblant parfois à un plébiscite contre Jean Charest, au pouvoir depuis neuf ans et éclaboussé par des rumeurs de corruption. Une commission d'enquête dirigée par la juge France Charbonneau a entamé des investigations sur l'attribution des contrats publics dans le domaine de la construction. Elle devrait rendre ses conclusions… en octobre 2013. «Il ne s'agit pas seulement de manifestations en faveur de la gratuité de l'enseignement supérieur, explique Catherine Legrand, professeur d'études latines à McGill. L'augmentation des frais de scolarité est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, après une décennie de gouvernement Charest et toutes ces affaires de corruption. Les gens ont l'impression que l'argent existe, mais qu'il disparaît quelque part en route, et certainement pas dans le financement des universités. Alors ils descendent dans la rue pour marquer leur ras-le-bol.»
    Derrière le joyeux tintamarre de la «révolution des casseroles», une grande lassitude se fait sentir dans les rues de Montréal. «Je n'ai jamais vu ça, soupire Mélanie Carpentier, une avocate québécoise expatriée de 38 ans, de passage dans sa ville natale pour la Pentecôte. Les familles sont profondément divisées sur la loi 78, sur la grève étudiante. Aucun référendum (sur l'indépendance) n'a fait autant de dégâts. Les gens sont épuisés par une guerre des nerfs qui dure depuis trois mois. Il y a beaucoup d'agressivité dans l'air. Je suis vraiment inquiète pour la suite des événements.»

    http://www.lefigaro.fr/internationa...85-quebec-cent-jours-de-revolte-etudiante.php
    • Informative Informative x 1
  31. LeJoker Member

    http://www.lemonde.fr/idees/article...e=dlvr.it&utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001
    • Like Like x 2
  32. Roger.Guy Member

    J'en compte 7 (y compris ceux de dos) sur la photo :)
  33. ZORRO Member

    will smith finance seulement ""une ecole" des scilons ...
    ah et john travolta se fait masser .....
    mais ils ne sont pas quebequois ni canadiens ces deux la
  34. Roger.Guy Member

    http://reflets.info/manifestations-au-quebec-la-manipulation-dopinion-en-guise-de-democratie/
    Manifestations au Québec : la manipulation d’opinion en guise de démocratie ?

    30 mai 2012
    Par Yovan Menkevick

    (Ce qui est chouette avec les sondages et enquêtes de tout poil, c’est qu’ils permettent de déterminer comment « penser juste ». Pour tout dire, le « penser juste » est en fait le « penser majoritaire ». Nos démocraties occidentales sont ansi faites, c’est la majorité qui a raison. On peut trouver ça logique ou non mais quand cette majorité ne se dégage pas par un vote pour être fabriquée par des enquêtes sur des échantillons très restreints d’internautes volontaires, on commence à se poser question sur l’état réel de ce qui est nommé démocratie…)
    manifestation-nocturne-le-26-mai-a-montreal.jpg
    Chacun sait qu’au pays des caribous et du sirop d’érable, ça chauffe sévère depuis presque quatre mois. Et pas qu’un peu. Certains appellent le mouvement le Printemps érable. Nous avons parlé, dans Reflets, du soutien des Anonymous à la cause étudiante québécoise, soutien nommé « Opération Québec » et activé par quelques DdoS de sites gouvernementaux.
    Mais nous n’avons pas traité du sujet de fond, celui, désormais, au delà de la hausse des frais de scolarité de 75% en 5 ans (tout de même…), de la Loi 78, contestée par ces manifestants très très en colère. Et surtout, aujourd’hui, de la réponse du gouvernement canadien. Aidé par la presse…
    La démocratie est bien gardée avec la Loi 78

    Les manifestations sont désormais bien plus larges dans leurs revendications que le seul retrait de la Loi 78 qui a pour objet de rendre illégales les manifestations et permettre ainsi l’augmentation des frais de scolarité prévue par le gouvernement. C’est aujourd’hui un mouvement de contestation de la légitimité démocratique du gouvernement libéral canadien. Parce que cette Loi spéciale votée en urgence le 18 mai n’est rien d’autre qu’une limitation drastique du droit de manifester des étudiants. Voire une interdiction pure et simple de le faire.

    Manifestations et rassemblements

    « Une personne, ou toute autre personne n’étant pas du gouvernement, un organisme ou un groupement qui organise une manifestation de 50 personnes ou plus qui se tiendra dans un lieu accessible au public doit, au moins huit heures avant le début de celle-ci, fournir par écrit au corps de police desservant le territoire où la manifestation aura lieu les renseignements suivants :
    1- la date, l’heure, la durée, le lieu ainsi que, le cas échéant, l’itinéraire de la manifestation;
    2- les moyens de transport utilisés à cette fin.
    Lorsqu’il juge que le lieu ou l’itinéraire projeté comporte des risques graves pour la sécurité publique, le corps de police desservant le territoire où la manifestation doit avoir lieu peut, avant sa tenue, exiger un changement de lieu ou la modification de l’itinéraire projeté afin de maintenir la paix, l’ordre et la sécurité publique. L’organisateur doit alors soumettre au corps de police, dans le délai convenu avec celui-ci, le nouveau lieu ou le nouvel itinéraire et en aviser les participants. »
    — article 16, Loi 78
  35. Roger.Guy Member

    Suite
    policiers-lors-manifestation-nocturne-montreal.jpg

    Jusque là, les âmes charitables peuvent se dire qu’après tout il n’y a rien de bien méchant, c’est avant tout un mode d’encadrement des manifs. Oui, seulement, aux vues des contraintes imposées, très précises et limitatives, vient s’adjoindre la partie suivante :

    Amendes

    « Quiconque contrevient à une disposition de l’article 3, du premier alinéa de l’article 10, de l’article 11, du deuxième alinéa de l’article 12 ou des articles 13, 14, 15, 16 ou 17 commet une infraction et est passible, pour chaque jour ou partie de jour pendant lequel dure la contravention, d’une amende de 1 000$ à 5 000$.
    Toutefois, cette amende est :
    1- de 7000$ à 35 000$ s’il s’agit soit d’un dirigeant, d’un employé ou d’un représentant, incluant un porte-parole, d’une association d’étudiants, d’une fédération d’associations de salariés ou d’une association de salariés, soit d’un dirigeant ou d’un représentant d’un établissement, soit d’une personne physique qui organise une manifestation;
    2- de 25 000$ à 125 000$ s’il s’agit soit d’une association d’étudiants, d’une fédération d’associations, d’une association de salariés ou d’un établissement, soit d’une personne morale, d’un organisme ou d’un groupement qui organise une manifestation.
    En cas de récidive, les montants prévus au présent article sont portés au double. »
    — article 26, Loi 78
    Remarquez bien que le simple fait de faire partie d’une association d’étudiants vous passe l’amende possible de 5000$ (au maximum) à 35 000$. Et si vous êtes une association d’étudiants organisatrice de la manif, là, c’est carrément jusqu’à 125 000$. Une sorte d’incitation à ne surtout pas organiser des manifestations avec des associations, à ne pas en faire partie non plus…
    Et ça continue de plus belle, avec ce type d’articles :

    Cotisations et responsabilités civiles

    « Une association de salariés est solidairement responsable du préjudice causé à un tiers par la faute d’un salarié qu’elle représente en raison d’une contravention à l’article 10 ou à l’article 11, à moins qu’elle ne démontre que le préjudice n’est pas attribuable à la contravention ou que celle-ci ne fait pas partie d’une action concertée. »
    — article 23, Loi 78
    L’établissement dont les services sont entravés par une association étudiante peut cesser de percevoir la cotisation des étudiants pour cette association, à raison d’un trimestre par jour de blocage du service. Les associations étudiantes sont responsables de tout préjudice entraînant un coût additionnel ou une perte de gain.
    « Quiconque aide ou amène une autre personne à commettre une infraction visée par la présente loi commet lui-même cette infraction et est passible de l’amende prévue au premier alinéa de l’article 26 ou de celle prévue au paragraphe 1° ou au paragraphe 2° du deuxième alinéa de cet article s’il est visé par un tel paragraphe. »
    — article 30, Loi 78

    On peut se demander jusqu’où peuvent aller les représailles gouvernementales avec ce dernier article, à se demander si des appels à manifester via Twitter ou Face de Bouc n’auraient pas vocation à entrer dans ce cadre ? Toujours est-il que les associations étudiantes vont bien réfléchir désormais si elles veulent organiser une contestation.
    Il y a des mécontent ? Sondez-moi 800 internautes !

    Comment le gouvernement traite-t-il cette contestation massive ? A-t-il décidé de discuter, de chercher à arrondir les angles avec sa jeunesse étudiante ? Le Québec n’est pas l’Egypte de Moubarak ou la Tunisie de Ben Ali que l’on sache ? Et bien, un peu, si, puisque le gouvernement n’en a cure, mais surtout il utilise une feinte extrêmement malsaine grâce à la complicité d’une partie de la presse. Quelle est cette feinte ? Le sondage, coco. Mais pas n’importe lequel : le « sondage par acceptation via Internet ». Alors, avant même que le contenu définitif de la loi ne soit connu, le quotidien en ligne lapresse.ca titrait ainsi son « article sondagier choc » par le biais de Denis Lessard (un communiquant qui joue au journaliste auprès de l’assemblée nationale) :
    Les Québécois ! Mazette ! Mais alors tous ces manifestants ne sont pas soutenus par la brave population québécoise, ils salissent les rues des belles cités alors que le Peuple veut qu’on les réprimande !
    Ce cher Denis Lessard amène l’info terrifiante par un chapô très coloré et très parlant :
    (Québec) La population appuie massivement la décision du gouvernement Charest de recourir à une loi spéciale pour stopper l’affrontement avec les étudiants sur la hausse des droits de scolarité.
    Ah ben oui, hein, si la population « appuie massivement » la décision du gouvernement… Mais comment le sait-il ce cher Denis que « la population appuie massivement la décision du gouvernement » ? Avec un sondage, mais pas n’importe lequel : le fameux sondage d’internautes qui ont accepté de participer et qui sont 800. Attaqué sur la méthodologie, le journal se défend, ce qui nous permet d’apprendre avec un certain amusement que les « panels » contactés par mail sont rémunérés.
    Mais foin de débat autour de la méthode utilisée par ces sondages, le problème qui nous préoccupe n’est pas la méthode et mérite que l’on s’y attarde beaucoup plus sérieusement : est-ce acceptable, dans un pays déclaré « démocratique », qu’un gouvernement refuse de discuter avec des étudiants en grève, passe une loi qui restreint le droit de grève (et surtout de manifester) sans aucune négociation, parce qu’un sondage sur 800 internautes rémunérés indiquerait qu’une majorité de « la population » serait en accord avec ses décisions ?
    La démocratie d’opinion, déjà bien avancée, trouve là sa panacée, bien relayée par des médias complices du pouvoir en place : à quoi bon aller voter si les résultats des urnes sont déjà indiqués par les sondages, à quoi bon discuter des lois si l’on peut déterminer que « la majorité de la population » les soutiendront ?
    Ce que l’on peut se demander au final est : le printemps érable n’est-il pas le symptôme du mal qui ronge tout l’Occident, celui d’un système électif vidé de son sens, de populations manipulées et soumises au dictat de l’opinion, de gouvernements sourds et vendus aux ténors du système néo-libéral ?
    Si c’est le cas, comme dans les printemps arabes, la population peut, un matin, décider de se réveiller et de gueuler un peu plus fort. Surtout la moins âgée. Ce jour là, ce ne sera pas un sondage bidon de 800 personnes payées sur le net qui changera quoi que ce soit. Ce jour là, le réveil des « élus » risque d’être douloureux…
  36. L1sAZE Member

    :D
  37. Roger.Guy Member

    Il commence à l'être je crois ...
    :D
  38. L1sAZE Member

    Faudrait que les flics fassent comme à frankfurt :
    JEUDI 24 MAI 2012

    VU COMME ÇA ON DIRAIT...



    qu'ils marchent dans la même direction...

    [IMG]
    (AP Photo / Michael Probst)
    ______________________________________________________
    Blockupy Frankfurt, le 19 mai, 2012.
    Les policiers allemands ont retiré leurs casques pour escorter une manifestation anti-capitaliste et marcher avec les manifestants, leur ouvrant la route... «Ils étaient venus pour -servir et protéger - les 20 000 manifestants disait le site..». Le groupe de protestation, Blockupy,(Protestation contre la domination des banques, du capitalisme sauvage ou leOccupy que l'on connaît auquel s'ajoutait le blocage des banques...) a appelé à bloquer l'accès à la Banque centrale européenne situé dans le quartier des affaires de Francfort. Après avoir lu d'autres sources,il se trouve finalement que la sécurité était tellement élevée que ce sont les autorités qui bloquaient l'accès, raconte une manifestante...
    http://maitrise-san-blas.blogspot.fr/





    d'autres sources (parce que ça fait louche) ENG :
    http://www.democraticunderground.com/1002721617
    http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303360504577414370915099252.html
    • Informative Informative x 2
  39. Roger.Guy Member

  40. https://globalpresse.wordpress.com/2012/06/01/quebec-anonymous-le-collectif-eclate/

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