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(Les 110 ans de la) ===>loi du 9 décembre 1905 (octobre 2019)

Discussion in 'France' started by Roger.Guy, Dec 9, 2015.

  1. Hermétique Moderator

    Comme pour l'entrée de l'anthroposophie au gouvernement, un petit lifting du titre (qui n'est plus d'actualité) du thread
    Et un papier qui n'est pas HS pour le relancer.

    https://blogs.mediapart.fr/edition/...ions-l-ecole-un-livre-d-isabelle-saint-martin
  2. Certains, pas tous on tenté de nous faire croire qu'ils étaient les pères fondateurs du droit du travail et de la Loi de 1905 ... (un peu vrai ; dans le temps .....................) et donc en étaient les gardiens et les protecteurs ; heureusement que ce n'est pas vrai (on a vu ce que ca a donné avec le droit du travail)
    Pour la loi de 1905 il ne faut pas les laisser faire quoi que ce soit tous seuls .... et se méfier des nouveaux arrivants (depuis 1905) aidés ou pas par la bondieuserie traditionnelle, qui croient que c'est un concours pour obtenir de nouveaux droits (c'est un non-sens)
  3. Sinon, j'aime bien le lièvre qui court actuellement
    A propos du financement des lieux de culte ... pour limiter l'influence étrangère (la bonne blague)
    Personne a rien dit quand Poutine (une influence étrangère) à sponsorisé un nid de popes à Paris
  4. Pourtant comme intégristes barbus qui soutiennent un régime de fachos, les popes Russes ce n'est pas mal non plus
  5. Y' en a marre que ce soit toujours les mêmes qui prennent chacun leur tour (dont moi)

    https://blog.causeur.fr/bonnetdane/melenchon-versus-laicite-2-002890

    Je vais encore être mal vu par les filles qui se disent de gauche ou de droite (ou de l'extrême-ce dont ils-elles se défendent, de l'un ou de l'autre, les unes comme les uns) il y a une tradition dans le coin ... alors qu'en fait nous n'avons jamais parlé ensemble, ne serait-ce que deux minutes ...
    Si elles disaient franchement qu'elles n'en n'ont rien à foutre de moi par ce que je suis un vieux débris (elles sont comme ca, elles évaluent vos ressources potentielles de mec) désormais ............... on pourrait se parler entre mecs alors.
  6. :rolleyes:
    On retrouve cela avec certains courants du christianisme (évangélistes ...) ou indépendants du christianisme (Témoins de Jéhovah ....) ...
    Il me semble .... faudrait que j'affine.
  7. le 9 decembre celebrons cette belle date ensemble dans le bien vivre ensemble avec nos differences mais en neutralité dans les institutions de la republique
  8. Roger.Guy Member

    C'est la date anniversaire d'une loi qui dit l'attitude de l'état.
    La laïcité c'est autre chose ; c'est une attitude, une culture ....

    Demain c'est la saint Nicolas qui rime souvent avec chocolat.
    Il y a une petite tradition qui reste un peu autour de St Nicolas dans l'Est de la France
    Pour les enfants ca devait être mieux que la DDASS et l'ASE réunies ; il était à la bonne avec les enfants ....

    Enfin, dans mon éducation ca a été réduit à ca, la St Nicolas ; des chocolats (en forme de St Nicolas souvent)
    Je n'ai pas été endoctriné.
  9. Roger.Guy Member

    Une éducation de peu, certes ; je ne sors pas de la cuisse de Jupiter.
    Ce n'est pas plus mal car dans cette histoire de St Nicolas, bon avec les enfants gentils qui l'ont mérité, il y a son binôme le père Fouettard pour ceux qui ne l'ont pas étés.

    J'imagine l'ambiance en 2019 en France ; un qui est soit disant bon avec les enfants gentils a débarqué avec un qui fouette ceux qui ne l'ont pas étés (késako d'ailleurs)
    Les flics déboulent en courant dès qu'ils ont étés prévenus .....
    Ce qui est bien avec les histoire de cathos c'est qu'il ne faut jamais gratter bien longtemps avant que ca sente la merde.

    ;)
  10. Voir sa présentation : https://tinyurl.com/ybtvul3q.
    M. Eric Roux, président de l'EIFRF (Forum interreligieux européen pour la liberté de religion), a évoqué les difficultés rencontrées par les demandeurs d'asile en France et la manière dont les autorités françaises s'appuient souvent sur des informations périmées ou fausses pour rendre des décisions négatives.
    ( pierre du barreau le gentil humaniste bisounours )
  11. Roger.Guy Member

    Personne fait une petite conteibution ?
    C'est un peu d'actualité quand même ; il n'y a jamais eu de discours (ils en font tous) sur la laïcité de la part de Macron depuis le début du quinquennat
    Par contre il y a un projet annoncé

    J'ai rien entendu même IRL même de la part des potes Little brother de candide machin.
  12. candide2020 Member

    l'arabe a l'ecole ..... ah des avancées ...:)
  13. candide2020 Member

    parlons laicité ..melanchon toujours laic .....ou interessé par le reservoir de voix importante pour les elections ..pareil pour micron president ..
  14. Roger.Guy Member

    Les 2 premiers articles ne sont pas affectés (c'est le moteur du tout) le ministre des cultes a tenu a rassurer les catholiques, on ne sait pas pourquoi (les tensions peurs, incompréhensions de 1905 sont loins

    Via Radio-France ou la presse en ligne je ne sais plus.
  15. Roger.Guy Member

    Ça va assez bien dans mon IRL ; je peux écrire trois mots via un forum a propos d'un sujet à propos d'une loi (qui définit l'attitude de l'etat, la République ...bref ) sans me.fairz brancher in the street ou espionner dans une supérette (des Little brother ; en ligne ou irl). Ce n'est pas Big brother, c'est comment dire... spécial
  16. Roger.Guy Member

  17. Roger.Guy Member

  18. Roger.Guy Member

  19. Roger.Guy Member

  20. candide2020 Member

    non rien...ca a beaucoup bougé a l'unef ...


    unef lile.jpg
  21. candide2020 Member

    une-410.png la laicité selon les socialistes ....deja hamon a trappes ....
  22. candide2020 Member

    85037601_3209095719120092_6137364775421607936_n.jpg le laic jean luc merluche , les uns soumis ....laic un jour pas toujours
  23. Roger.Guy Member

    Le rapport avec la loi de 1905 ?
  24. candide2020 Member

    tourne autour du pot faites semblant de ne pas comprendre ,
    rennes mairie de collabos a la recherche de voix
    les uns soumis pareillement ,ils ont tournés le dos a la laicité ,trahis l'equipe assassinée de charlie ,pour leur besoins electoraux ,pret a tout les compromis ..
    et l'unef juste pour rire l'epoque ou il y avait beaucoup de cocos et desormais beaucoup de cocotes enrubannées parce que c'est leur choix ..
  25. Roger.Guy Member

    Je le redemande ; c'est quoi le rapport entre Mélenchon et le reste du cirque avec la Loi de 1905 ?
  26. Roger.Guy Member

    OSEF de Mélenchon nous ne sommes pas en periode électorale et rien ne sera voté concernant la loi de 1905 uniquement selon lui
    Je pense qu'étant citoyen français tu es inscrit sur les listes électorales et tu votes, comme tu veux (vu comment tu es obnubilé)
  27. candide2020 Member

    120071164_126400709189388_868999589239406553_n.jpg une partie des fossoyeurs de la laicité ,a droite y'en a un paquet aussi .. la gauche n'a pas le monopole de la betise et du compromis , la ''dhimmitude ambiante" y'a le zozo aurielien taché et l'observatoire de la laicité une belle bande de baltringues
  28. Roger.Guy Member

    Ça serait bien que tu t'abstiennes sur la question surtout au vu de l'actualité (Conflans) tu vas encore tout mélanger et ainsi faire office de faire valoir du pire ou de cheval de Troie
    Tu sais bien que tu n'as pas toute ta tête en situation de crise ....
    N'est-ce pas ?
  29. candide2020 Member

    bla bla bla monsieur le sachant , tu as bien toute tes facultés toi vieille baderne alors comme ca tu t'es fait ..kidnappé???
    le gign?
    le sac ..ben non ils sont dissous ...
    tu es drole lcomme guy ''the wise guy" ...ah roger ..:D
  30. Roger.Guy Member

    A la premiere utilisation (il y a quelques temps :) ) Il y avait eu des retours exotiques (des gros yeux pas menaçants, plus genre reproche pardonnable, des oh !!! en mimique et des trucs rigolos, beaucoup avaient envie de rire ou presque.
    Le mot kidnapping avait fait son effet, c'était du retour IRL local)

    Aujourd'hui avec ou des baltringues au cul ; ca va donner des remarques désobligeantes de qui n'ont pas toujours toute leur tête.
    On sait pas où ils étaient a l'époque ou il y a peu mais c'est comme si ils étaient là
  31. Roger.Guy Member

    En plus il n'y a aucun rapport avec la Loi de 1905
    C'était un truc pondu dans un thread avec ardennes comme thème ce que tu évoques.
    T'es complètement paumé mon pauvre vieux.
  32. Roger.Guy Member

    Je vais te filer une adresse mail ; tu pourras te.liberer avec des messages.
    Ça doit être terrible a vivre que d'être obsédé par quelqu'un (moi en l'occurrence) à ce point là (jusqu'à se perdre dans une petite superette de province) et perdre les pédales (sic) pendant le confinement.
    Si ça te soulage ... (comme si je suivais une espèce de.pulsion thérapeutique)
  33. Roger.Guy Member

    En tous cas rien de bien grave candide 2020
    Comme disait un mod qui te manque (cf. toi même) ; ce ne sont que des mots sur un écran.
  34. Roger.Guy Member

    Ce que l'on peut noter a propos de la Loi de 1905 c'est qu'il n'y est jamais question de religion (sujet explosif par excellence comme la politique dans d'autres contextes) mais uniquement de cultes.
    Ils ont eu le nez fin les concepteurs sans ça, elle n'aurait pas tenu 115 ans
  35. candide2020 Member

    [IMG]Je suis Charlie (Wikipedia)
    L’affaire remonte au 19 janvier dernier. Mila, une lycéenne de 16 ans de la région lyonnaise, échange avec des internautes sur les réseaux sociaux (Instagram, notamment). La conversation s’envenime. Des noms d’oiseaux volent bas. Il est question, entre autres, de religion. Un peu plus tard, dans une vidéo, Mila y va franco : « Le Coran est une religion de haine […] Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci au revoir ».
    Ces propos islamophobes ne restent pas sans réponse. Mila fait aussitôt l’objet de cyber harcèlement, d’insultes et de menaces de mort. Des informations personnelles sont rendues publiques. Les choses deviennent inquiétantes, au point que Mila doit changer de lycée.
    La loi Pleven de 1972

    Le parquet de Vienne, dans l’Isère a ouvert deux enquêtes préliminaires. L’une pour menaces de mort, harcèlement et usage de données personnelles. L’autre pour « provocation à la haine raciale » réprimée par la fameuse loi Pleven de 1972.
    L’article 24 de cette loi dispose que « ceux qui auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement ».
    Mais la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen précise que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».
    C’est dans ce contexte que la Garde des sceaux, Nicole Belloubet a tenu des propos surprenants, ce mercredi 29 janvier 2020, au micro d’Europe1, expliquant que « l’insulte à la religion constituait une ‘’atteinte à la liberté de conscience’’. »
    Précision que la conscience, c’est ce que je pense. L’expression, c’est ce que je dis. Je pense ce que je veux. Je n’ai pas le droit de dire ce que je veux.
    Jurisprudence Charlie Hebdo

    La classe politique, mais aussi les juristes et les journalistes ont dénoncé les propos de la ministre qui a dû rétropédaler, quelques heures plus tard, à l’Assemblée nationale. Elle a reçu le soutien du ministre de l’Intérieur. Christophe Castaner a affirmé que le délit de blasphème n’existait pas en France.
    Plusieurs juristes sont aussi montés au créneau. Ils rappellent qu’en 2007, le procès fait à Charlie Hebdo poursuivi pour les caricatures de Mahomet avait ainsi tranché la question : « En France, société laïque et pluraliste, le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer les religions quelles qu’elles soient et avec celle de représenter des sujets ou objets de vénération religieuse ; le blasphème qui outrage la divinité ou la religion, n’y est pas réprimé à la différence de l’injure, dès lors qu’elle constitue une attaque personnelle et directe dirigée contre une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse. »
    Tout est dit.

    CatégoriesReligion, Société
  36. candide2020 Member

    blasphème en France et en Europe : droit ou délit ?







    GENERAL
    Le blasphème en France et en Europe : droit ou délit ?

    Trois questions à Anastasia Colosimo

    INTERVIEW - 13 NOVEMBRE 2018
    anastasia-colosimo.jpg
    Anastasia Colosimo

    PROFESSEURE DE THÉOLOGIE POLITIQUE À SCIENCES PO PARIS
    Le 25 octobre 2018, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a validé la condamnation pour blasphème d'Elisabeth Sabaditsch-Wolff, personnalité autrichienne qui avait qualifié le prophète Mahomet de "pédophile" lors d'une conférence du parti d’extrême-droite FPÖ en 2009. La CEDH a estimé que cette déclaration menaçait la préservation de la paix religieuse, et que le verdict prononcé par la justice autrichienne ne contrevenait pas à l'article dix de la Convention européenne des droits de l'Homme relatif à la liberté d'expression. Anastasia Colosimo, professeur de théologie politique à SciencesPo Paris, décrypte pour l’Institut Montaigne l’évolution de la question du blasphème en France et en Europe.
    Alors que la CEDH a validé la condamnation d'une femme autrichienne pour blasphème le 25 octobre dernier, le "droit au blasphème" consacré par l'Etat français est-il amené à évoluer ?

    Il n’y a pas à proprement parler de "droit au blasphème" dans la loi française. La liberté d’expression compte, en France, parmi les libertés fondamentales, puisqu’elle est l’objet des articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de 1789 qui laissent au législateur le soin d’en établir les limites. Avec la loi du 21 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui par ailleurs s’applique plus généralement à toute forme d’expression, la IIIème République impose une législation libérale dont les limites, toutes strictement définies, ne constituent que des exceptions justifiées à la règle générale de liberté. La loi de 1881 abolit définitivement le délit de blasphème, même dans sa forme sécularisée d’atteinte à la morale religieuse. Cependant, à ce régime de liberté élargi suit un régime de liberté plus restrictif, notamment à partir de la loi Pleven de 1972 qui amende la loi de 1881 en créant les délits d’injure, de diffamation et de provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance à une race, une ethnie, une nation ou une religion.
    En France, il est possible d’insulter une religion, ses figures et ses symboles, il est en revanche interdit d’insulter les adeptes d’une religion.
    L’introduction de ces nouveaux délits a entraîné des difficultés d’interprétation qui se sont matérialisées par des décisions de justice parfois douteuses et une réflexion jurisprudentielle intense sur le sens à accorder à l’injure, la diffamation et la provocation en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance à une religion. Autrement dit, la question a été de savoir si insulter une religion en soi, ou des figures et des symboles d’une religion revenait à offenser les adeptes de cette religion.
    Le procès intenté contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo en 2007 pour la publication des caricatures de Mahomet a fini de clarifier la position des juges. En France, il est possible d’insulter une religion, ses figures et ses symboles, il est en revanche interdit d’insulter les adeptes d’une religion.

    Néanmoins la différence entre l’un et l’autre est parfois ténue, ce qui a entraîné une inflation de procès "en blasphème", sans que le mot ne soit jamais prononcé. On parle, vous l’aurez compris, d’injure, de diffamation et de provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance à une religion.

    Ainsi, la position française, même si elle est en soi discutable et parfois ambiguë, est, en réalité, assez compatible avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et ne devrait pas être amenée à évoluer, même si un excès de zèle de notre législateur est toujours à craindre.

    De toutes les manières, en matière de liberté d’expression, comme en matière de liberté religieuse, la Cour européenne des droits de l’homme laisse une certaine marge d’appréciation aux États. Raison pour laquelle, d’ailleurs, elle a validé la condamnation d’Elisabeth Sabaditsch-Wolff, car l’article 188 du Code pénal autrichien condamne toute "humiliation du dogme religieux".
    La République d'Irlande a voté en faveur de l'abrogation du délit de blasphème le 26 octobre 2018. Cette décision est-elle représentative de l'évolution de la question du blasphème dans les autres pays européens ?

    Toute la difficulté tient au processus de traduction qui, dans la plupart des pays européens, a fait passer le blasphème compris comme insulte à la divinité à un blasphème compris comme offense aux croyants ou à une atteinte à l’ordre public – c’est sous cet angle de la préservation de l’ordre public qu’il faut d’ailleurs comprendre le concept de "préservation de la paix religieuse" défendu par la CEDH dans son arrêt.

    Le mot "blasphème" a le plus souvent disparu des législations européennes, mais le blasphème a trouvé des traductions séculières qui, souvent, ont permis de perpétuer sa condamnation par d’autres moyens. Une approche comparative de ces différentes législations témoigne, en réalité, de l’extrême polysémie du lexique pénal autour de cette question. Là où il n’y a pas d’incrimination stricto sensu pour blasphème, il existe une protection des bonnes mœurs ou de la pudeur, un régime d’autorisation ou de classification en matière cinématographique ou médiatique, une règlementation des messages publicitaires, un droit réprimant la diffamation de groupe et punissant l’incitation à la discrimination ou à la haine, ces dispositions étant pour tout ou partie applicables au fait religieux. Au sein de ces législations à géométrie variable, se dégagent néanmoins trois formes distinctes de protection :
    • celle sanctuarisant une vérité considérée comme sacrée par la collectivité, c’est le cas par exemple en Italie et en Grèce, mais aussi en Irlande jusqu’à très récemment ;
    • celle préservant les sentiments des croyants, c’est le cas par exemple en Autriche, en Allemagne ou encore en Espagne ;
    • celle, enfin, condamnant l’hostilité envers un groupe ou un individu causée par leur libre affiliation ou appartenance, comme en France.
    Les pays européens ayant totalement aboli tout ce qui pourrait se rapprocher, de près ou de loin, d’un délit de blasphème, sont, à vrai dire, rares. L’Angleterre en est un, mais le délit de blasphème n’y a été aboli qu’en 2008 et différents groupes de pression continuent à contester cette abrogation, justement au nom de la protection des sentiments des croyants.

    La décision de l’Irlande d’abolir sa loi antiblasphématoire est donc à saluer ! Il faut tout de même noter qu’il est, évidemment, plus facile d’abolir une loi explicitement antiblasphématoire que des lois implicitement antiblasphématoires. Si le délit de blasphème stricto sensu tend naturellement à disparaître, ses traductions séculières prolifèrent dans un contexte européen de rétrécissement toujours plus important de la liberté d’expression.
    La "préservation de la paix religieuse" défendue par la CEDH est-elle compatible avec la "liberté d'expression" inscrite dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ?

    La "préservation de la paix religieuse" se présente comme une sorte d’avatar de la préservation de l’ordre public, cette dernière faisant naturellement partie des prérogatives d’un État de droit. Ce motif, celui de la préservation de l’ordre public, a pu être utilisé dans certaines décisions de justice en France concernant les atteintes religieuses sans jamais trop convaincre. Le législateur et le juge ont préféré le terrain individuel ou communautaire, en condamnant, comme nous l’avons déjà évoqué, l’injure, la diffamation, la provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance à une religion. Du reste, le motif de préservation de l’ordre public et même d’un ordre public immatériel a pu être utilisé dans d’autres affaires concernant la liberté d’expression, notamment celle autour du spectacle de Dieudonné en 2015.
    Concernant la CEDH, l’invocation de la "préservation de la paix religieuse" n’est pas nouvelle. Dans son arrêt Otto-Preminger-Institut contre Autriche de 1994, la Cour européenne a validé l’interdiction d’un film jugé blasphématoire par les autorités autrichiennes en invoquant à la fois la "préservation de la paix religieuse" et la protection des sentiments des croyants : "En saisissant le film, les autorités autrichiennes ont agi pour protéger la paix religieuse dans cette région et pour empêcher que certains se sentent attaqués dans leurs sentiments religieux de manière injustifiée et offensante." (§56)
    La liberté d'expression telle qu’inscrite dans la Déclaration des droits de l'Homme de 1789 est une liberté comprise au sens large qui autorise la critique de toutes les religions.
    Commentant cet arrêt, le philosophe Guy Haarscher parle d’une "dramatisation hobbesienne" excessive qui viserait à faire croire que la simple diffusion d’un film pourrait mettre le feu aux poudres et déclencher de sérieux troubles à la paix civile et religieuse. On est évidemment tenté de penser la même chose concernant les propos d’Elisabeth Sabaditsch-Wolff. Rien ne laisse penser que ses propos auraient pu entraîner de tels troubles.
    Ce qui se joue derrière, c’est toujours ce processus de traduction dont la Cour européenne, tout comme de nombreuses tribunaux européens, semble être tout à fait dupe. Il faut dire que l’argument est subtil. En vidant le délit de blasphème de tout caractère religieux, les groupes confessionnels ont réussi un coup de maître.

    Pour ce qui est spécifiquement de la France, la "préservation de la paix religieuse" ne peut en aucun cas concerner l’État qui est tenu à une neutralité totale vis-à-vis des différentes religions présentes sur le territoire national. La liberté d'expression telle qu’inscrite dans la Déclaration des droits de l'Homme de 1789 est une liberté comprise au sens large qui autorise la critique de toutes les religions. La loi Pleven de 1972 qui est venue modifier la loi sur la liberté de la presse de 1881 a néanmoins infléchi cette conception vers toujours plus de restrictions et il ne serait pas étonnant de retrouver ce motif de "préservation de la paix religieuse" dans de futures décisions de justice. Ce serait là, à mon sens, une régression par rapport à la tradition française d’irrévérence qui fait partie de notre patrimoine national.

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