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Surveillance chez Ikea : Dérive de plus ?

Discussion in 'Anonymous Pour la Liberté d'Expression' started by raseC, Mar 5, 2012.

  1. anonyme404 Member

    est ce qu'il y a une cause a éffet, j'en sait rien mais n'empeche que :

    Ingvar Feodor Kamprad, né le 30 mars 1926, est un entrepreneur suédois, qui a fait fortune en créant la chaîne de magasins Ikea. En 2010, il est à la 11e place du classement des hommes les plus riches de la planète.
    [...]

    Certaines sources (comme la journaliste Elisabeth Åsbrink en 2011) affirment que dans sa jeunesse, Kamprad fut membre de la Jeunesse nordique, équivalent suédois des Jeunesses hitlériennes. Son père et sa grand-mère vouaient en effet une admiration sans bornes à Adolf Hitler, admiration sans doute partagée par le jeune Ingvar. Il dit aujourd'hui ne plus se souvenir s'il fut officiellement membre ou non de cette organisation.
    En 1994, la presse révèle son engagement et de ses relations durables avec Per Engdahl, leader du mouvement pro-nazi de Suède. Dans une lettre adressée à ses salariés, Ingvar Kamprad assuma son passé, mis sur le compte d'une « erreur de jeunesse », et fit des excuses à ses salariés.
    Un journal suédois affirma ensuite qu'Ikea avait démarré grâce à des fonds apportés par des Nazis. Kamprad nia fermement : « Ils auraient pu m'accuser de meurtre... mais pas d'avoir emprunté de l'argent ».
    source : fr.wikipedia.org/wiki/Ingvar_Kamprad
  2. Roger.Guy Member

    http://www.mediapart.fr/journal/int...r-derriere-le-jaune-et-le-bleu?page_article=2
    Ikea, le noir derrière le jaune et le bleu

    07 mars 2012 | Par Thomas Cantaloube
    Comment parle-t-on généralement d’Ikea dans la presse ? Comme ça : « “Nous détestons le gaspillage”, indique Mikael Ohlsson, devenu PDG du groupe Ikea en septembre 2009. Il pointe un canapé Ektorp rouge. L’an dernier, ses créateurs ont trouvé le moyen de l’emballer de manière encore plus compacte, doublant ainsi le nombre de canapés qui peuvent être transportés dans un volume donné. Cela a permis de baisser son prix de 100 €, et de réduire significativement les émissions carboniques pour le transporter. »
    « Les économies sont au cœur de la culture d’entreprise d’Ikea, peut-on lire encore. Pour M. Ohlsson, cela renvoie aux origines de la société dans le Smaland, une région pauvre et rurale du sud de la Suède où les habitants, dit-il, sont "obstinés, frugaux et très ingénieux pour vivre de peu". Depuis qu’Ingvar Kamprad a fondé Ikea en 1943, l’entreprise s’est efforcée de "permettre aux gens ayant peu de moyens d’équiper leur maison comme des gens riches". Ikea se présente comme une entreprise verte avec une mission sociale. M. Ohlsson se vante de ses contributions caritatives et ambitionne de n’utiliser que des énergies renouvelables. Il souhaite que ses "collaborateurs" soient heureux, honnêtes et autonomes. Il est fier du fait que 40 % des 200 cadres les plus importants soient des femmes. »
    Cet article, paru en février 2011 dans l’hebdomadaire (habituellement plus sceptique) The Economist, est assez emblématique de la manière dont Ikea est évoqué dans les médias : comme une gentille entreprise soucieuse de ses clients et à la pointe des progrès sociaux et écologiques, continuant sur la voie tracée par son fondateur Ingvar Kamprad, un vieux monsieur visionnaire, excentrique et près de ses sous.
    Pour une multinationale pesant 23,5 milliards d’euros, dont 2,7 milliards de bénéfices (chiffres 2010), qui emploie directement 127 000 personnes dans le monde et qui est une des marques les plus reconnues de la planète, cette performance « médiatique » est d’autant plus remarquable qu’elle a peu à voir avec la réalité.
    En 2001, le magazine américain Newsweek avait surnommé Ikea « l’entreprise Teflon » parce que toutes les critiques qui lui sont régulièrement adressées n’accrochent jamais. Ou, pour reprendre les mots utilisés par Johan Stenebo, un ancien directeur de l’entreprise qui y a passé ses vingt premières années de carrière avant d’en partir et d’écrire un livre, La Vérité sur Ikea (uniquement paru en suédois et en anglais) : « Le problème avec les sociétés qui se cachent derrière une façade est qu’elles ne veulent pas que l’on examine leurs actions, et qu’elles n’apprécient pas les discussions sur ce qui est tapi derrière la devanture. »
    Ikea s’abrite donc derrière une façade, et les récentes révélations de Mediapart et du Canard enchaîné sur l’espionnage des salariés par la hiérarchie ne sont que les dernières d’une longue série de pratiques douteuses et répréhensibles qui, pourtant, n’ont jamais vraiment réussi à ternir l’image de la marque jaune et bleue.
    La chanson Ikea, par Jonathan Coulton
    L'obsession du secret sur sa fortune vaut pour son passé

    • Ingvar Kamprad : passé trouble et fortune considérable
    Selon le magazine Forbes, le fondateur d’Ikea, 85 ans,était en 2011 la 162e personne la plus riche au monde, après avoir occupé la quatrième position en 2007. Cette dégringolade n’est pas due à un revers de fortune, mais plutôt au fait que Forbes a fini par accepter les arguments des avocats d’Ingvar Kamprad comme quoi il ne pouvait bénéficier des fonds amassés par la fondation basée au Liechtenstein qui contrôle Ikea. Un argument que de nombreux spécialistes considèrent comme douteux vu l’opacité de la chaîne de contrôle de l’entreprise (voir plus loin à ce sujet). Selon plusieurs magazines économiques, il serait en fait l’homme le plus riche du monde, avec une fortune estimée entre 40 et 80 milliards d’euros – devant Bill Gates et Warren Buffet.
    ingvar.jpg Kampard en 1961© Ikea
    Ingvar Kamprad s’attache pourtant scrupuleusement à cacher ce fait. Selon Johan Stenebo, « la raison pour laquelle Ingvar refuse d’admettre cette vérité est que son image – et celle d’Ikea – se fissurerait. Si Kamprad admettait soudainement être un des hommes les plus riches du monde et qu’il dispose lui-même de la fortune que les 125 000 employés d’Ikea et ses 1 400 fournisseurs travaillent nuit et jour à créer, cela deviendrait insupportable pour les “collaborateurs” et les fournisseurs ».
    « Pour chaque billet de cent euros que vous dépensez à Ikea », poursuit-il, « dix euros vont directement dans les poches d’Ingvar Kamprad et de ses fils. (Si cela se savait), en tant que fournisseur d’Ikea, vous vous demanderiez pourquoi offrir des prix toujours plus bas dans l’unique but d’engraisser le portefeuille de l’homme le plus riche du monde, qui vaut déjà plusieurs dizaines de milliards d’euros. »
    Cette obsession du secret sur sa fortune vaut pour son passé. En 1994, un journal suédois avait révélé l’appartenance de Kamprad au mouvement fasciste Nysvenska Rörelsen durant la Seconde Guerre mondiale. Il s’était dûment excusé, plaidant une erreur de jeunesse. Mais, en 2011, la journaliste Elisabeth Asbrink a déterré des documents montrant que son implication aux côtés des nazis suédois a été beaucoup plus intense et durable qu’il ne l’avait admis.
    Selon elle, il a appartenu à un groupuscule encore plus radical (Nationalsocialistiska Arbetarpartiet), et les services secrets suédois ont ouvert en 1943 (l’année de la fondation d’Ikea) un dossier sur Kamprad avec la mention « Nazi ». De même, au cours d’une interview avec Asbrink, il lâche : « Per Engdhal (le leader des fascistes suédois) est un grand homme et je maintiendrai cela jusqu’à ma mort. »
    • Une structure opaque pour payer moins d’impôts
    On a coutume de caractériser Ikea comme une entreprise suédoise, mais cela n’est plus vrai du point de vue légal. Le siège social de la société est basé aux Pays-Bas et son fondateur vit depuis trente ans en Suisse. « Disons-le de cette manière : ce n’est pas parce qu’il aime les Alpes », a confié un employé à un journaliste il y a quelques années. Autrement dit, toute la structure d’Ikea est conçue pour payer le moins d’impôts possible et échapper aux regards. Pendant des années, les analystes et la presse économique se sont heurtés au refus d’Ikea de révéler quoi que ce soit. Aujourd’hui, voici ce que l’on sait :
    – Ikea group, qui opère près de 300 magasins dans 26 pays, est détenu par Ingka Holding, une société hollandaise. Celle-ci est à son tour la propriété de la Stichting Ingka Foundation, une fondation à but non lucratif et exemptée d’impôts, qui détient toutes les parts d’Ikea d’Ingvar Kamprad depuis 1982.
    – La marque et la propriété intellectuelle d’Ikea et de tous ses produits appartiennent à Inter Ikea Systems, une entreprise hollandaise, elle-même détenue par Inter Ikea Holding, enregistrée au Luxembourg. Des royalties de 3 % du prix de vente de tous les produits sont reversées directement à Inter Ikea Holding. Jusqu’à l’an passé, personne ne savait qui détenait Inter Ikea Holding, dont le nom était identique à celui d’entreprises enregistrées aux Caraïbes et dans les Antilles néerlandaises, des paradis fiscaux notoires. Mais un documentaire de la télévision suédoise a fini par découvrir en 2011 qu’Inter Ikea Holding appartient à Interogo, une fondation basée au Liechtenstein détenue par la famille Kamprad.
  3. Roger.Guy Member

    SUITE


    Une culture de l’obéissance et de l’autorité, avec des chefs qui n’hésitent pas à crier

    Cet échafaudage digne de la série Largo Winch a permis non seulement à Ikea d’échapper en grande partie aux impôts, mais aussi au contrôle dont font l'objet la plupart des entreprises publiques ou privées. Il a fallu attendre 2010 pour qu’Ikea publie des chiffres détaillés sur ses ventes, ses bénéfices, ses propriétés…
    Ajoutons à cela que les fondations à but non lucratif qui contrôlent effectivement Ikea (la Stichting Ingka Foundation est censée « promouvoir l’architecture et le design intérieur ») ne sont pas réputées pour leur philanthropie, quasiment inexistante. Selon diverses sources, les fondations débourseraient chaque année quelques dizaines de millions d’euros pour des œuvres caritatives sur des avoirs se chiffrant à une dizaine de milliards d’euros ! À côté d’Ingvar Kamprad, Bill Gates et sa fondation sont le Père Noël.
    • Des pratiques sociales et managériales peu recommandables
    « Au pire, Ikea s’apparente à une secte. » Ce jugement est celui de Goran Carstedt, ancien patron d’Ikea Amérique du Nord, notant que ce qui compte plus que tout est la loyauté à l’égard d’Ingvar Kamprad et de l’entreprise. La plupart des anciens “collaborateurs” se plaignent que les plus hauts échelons d’Ikea soient occupés par des cadres provenant du Smaland, et souvent d’Almhult, la ville d’origine de Kamprad.
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    Alors qu’Ikea se vante de la féminisation de son personnel et de ses cadres, cela ne correspond pas vraiment au témoignage de Johan Stenebo, qui fut l’assistant personnel de Kamprad et occupa plusieurs postes de responsabilités avant de partir en 2009. Il explique : « Pour Ingvar Kamprad, seuls comptent vraiment les liens du sang. Par conséquent, seuls les Suédois sont acceptables et parmi eux, sa préférence va aux gens du Smaland et d’Almhult. Pour lui, il n’existe pas de femmes auxquelles se fier, seulement des hommes. Voilà comment j’interprète ce que j’ai vu et entendu durant mes vingt années à Ikea. »
    Stenebo ajoute également dans son ouvrage des déclarations racistes émanant de Peter Kamprad, le fils aîné et successeur désigné à la tête d’Ikea, qui appelle les Noirsles « négros » et se plaint de la politique de diversité initiée par un manager : « Peut être que ce n’est pas si terrible d’employer des Noirs, mais quand même… »
    De manière générale, Stenebo dépeint une culture de l’obéissance et de l’autorité, avec des chefs qui n’hésitent pas à crier et à insulter leurs subordonnés. Il parle de « domination bureaucratique », et il décrit un « réseau d’espions » et d’informateurs qui rapportent tout ce qu’ils voient et entendent au fondateur Ingvar Kamprad (qui, rappelons-le, vit principalement en Suisse). De cette manière, celui-ci se tient au courant des agissements de ses subordonnés et des cadres qu’il a nommés aux plus hauts échelons, ce qui lui permet parfois d’anticiper leurs décisions, mais aussi d’empêcher d’éventuels « coups » contre lui.
    « L’objectif d’un tel réseau est aussi malin qu’il est évident », écrit Stenebo. « Il est similaire à celui des autorités d’un État. Au travers d’un service de renseignements efficace, les comportements déviants sont découverts – et pris en charge – très tôt, ce qui économise d’énormes ressources. » Ces méthodes de management, à la lumière de la récente affaire d’espionnage en France, prennent tout leur relief.
    Au-delà de ce qui se passe en interne, Ikea se comporte avec ses fournisseurs comme la plupart des multinationales – la taille en plus. L’ONG Oxfam a publié en 2006 un ouvrage intitulé Ikea, un modèle à démonter qui passe à la loupe un grand nombre de cas de travail d’enfants, de cadences infernales et de violations des règles élémentaires du code du travail telles qu’on les entend en Europe. Ikea fut un pionnier en matière de délocalisation dans des pays à bas coût de main-d’œuvre. Dès les années 1960 et 1970, la société avait des fournisseurs derrière le rideau de fer (dont, semble-t-il, des prisonniers politiques en Allemagne de l’Est, selon des archives de la Stasi dénichées par la télévision allemande WDR).
    Aujourd’hui, c’est bien évidemment l’Asie : Chine (20 % des produits y sont fabriqués), Inde, Bangladesh, Viêtnam… Notons qu’Ikea, contrairement à Nike, Reebok ou Apple, qui vient juste de franchir le pas, refuse de rendre publique la liste de ses fournisseurs. Ikea explique payer le « minimum légal » qui est, dans la plupart des pays asiatiques, une plaisanterie. « Ce n'est pas parce que c'est légal que c'est décent », rappelle Oxfam, pour qui la responsabilité sociale d'Ikea est d'abord de garantir « un minimum vital » à ses ouvriers.

    Des pubs Ikea aux vagues relents sexistes
  4. Roger.Guy Member

    Suite II

    Ikea ne se contente pas d’ignorer sa responsabilité écologique, mais se protège des attaques

    Il est intéressant de remarquer qu’Ikea profite de la faiblesse des législations sociales dans tous les pays. Aux Etats-Unis, par exemple, une usine a été installée à Danville, en Virginie. Les ouvriers y sont payés 8 dollars de l’heure et bénéficient de douze jours de vacances (dont huit choisis par la direction), alors que leurs homologues suédois touchent 19 dollars de l’heure et ont cinq semaines de vacances. Ils se sont battus pendant des mois pour pouvoir organiser un syndicat dans l’usine en dénonçant « un management qui a la mentalité d’une plantation ».
    • Pas beaucoup de respect pour l’environnement
    Comme toute multinationale moderne, Ikea se proclame soucieux de son impact écologique. Malheureusement, cela s’apparente davantage à un souhait qu’à une réalité. En tant que troisième consommateur de bois au monde (derrière les enseignes géantes de bricolage américaines que sont Lowe’s et Home Depot), l’entreprise possède une responsabilité particulière. Elle s’approvisionne principalement en Europe et, de plus en plus, en Chine et en Russie où, selon la Banque mondiale, la moitié de l’exploitation forestière est illégale. Ikea annonce employer onze personnes chargées de contrôler l’origine du bois, mais c’est un nombre bien trop faible au regard des étendues et de la quantité de forêts concernées.
    rapport_dd_ikea.jpg
    Le problème est particulièrement aigu au nord de la Chine. De nombreuses scieries employées par Ikea y sont basées, mais le bois provient de la Sibérie voisine, où il est exploité illégalement et souvent clandestinement dans des forêts primaires. Toujours selon Johan Stenebo « 80 à 90 % du bois qu’Ikea achète en Chine est susceptible de provenir illégalement des dernières forêts du pays ou de forêts naturelles en Sibérie. (…) Il est parfaitement possible de tracer l’origine du bois en Chine. Cela coûte juste beaucoup d’argent ».
    La journaliste américaine Ellen Ruppel Shell, dans son ouvrage Cheap: the high cost of discount culture, dénonce également le modèle Ikea de mobilier peu cher et fragile qui encourage le gaspillage. « Quand Ikea annonce que ses meubles en bois sont fabriqués avec un “matériau renouvelable”, la société renforce l’idée qu’il est normal de les jeter », quand on veut en changer ou qu’ils sont usés. Elle remarque d’ailleurs que la majorité des déménageurs américains refusent de transporter du mobilier Ikea, trop fragile, et encouragent leurs clients à s’en débarrasser.
    Outre la question du bois, Ikea est un gros émetteur de gaz carbonique : directement en raison du transport de ses marchandises, mais aussi indirectement du fait de la localisation de ses magasins dans des zones éloignées de centres-villes où il faut se rendre en voiture. Face à ce problème, que fait la société ? Rien, sauf des relations publiques, selon Johan Stenebo.
    « La vérité est que le conseil d’administration d’Ikea n’a aucune idée de comment s’attaquer à son problème d’émissions carboniques », écrit-il. « Il n’y a aucun agenda, aucune stratégie, seulement une campagne de publicité visant à mettre des éoliennes sur le toit des magasins. (…) Pour Kamprad, avoir des prix bas est plus important que la question environnementale. Au conseil d’administration, il s’est toujours opposé à toutes les suggestions visant à s’occuper des émissions d’Ikea. Son raisonnement est que nul ne doit pouvoir savoir ce qui se passe réellement à Ikea en matière d’environnement. Les éoliennes et les panneaux solaires sont utilisés comme des diversions pour le public pendant que les problèmes de pollution d’Ikea sont ignorés. »
    Ikea ne se contente pas d’ignorer sa responsabilité écologique, il fait en sorte de se protéger des attaques. C’est toujours Johan Stenebo, qui s’est occupé des questions environnementales à Ikea dans les années 2000, qui l’explique : « La stratégie Teflon d’Ikea est aussi planifiée qu’elle est cynique. La société établit des liens avec des ONG réputées, entame une coopération plus ou moins proche avec elles tout en les appâtant constamment avec de l’argent. La seule chose qu’Ikea demande en échange est le soutien de l’organisation si jamais Ikea se retrouve en situation délicate. »
    C’est ainsi qu’Ikea a établi des « partenariats » avec le WWF ou l’Unicef dans la foulée de révélations sur les pratiques environnementales ou sociales de l’entreprise. Ikea a donné de grosses sommes d’argent à ces ONG qui, selon Stenebo, en sont « dépendantes », en échange de leur « couverture », généralement annoncée à grands coups de communiqués et de conférences de presse. Du point de vue d’Ikea, la stratégie est purement cynique… mais elle fonctionne.
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    :)
  5. Roger.Guy Member

    http://www.mediapart.fr/journal/fra...squou-peut-aller-la-surveillance-des-salaries
    Affaire Ikea: jusqu'où peut aller la surveillance des salariés ?

    09 mars 2012 | Par Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg
    L’affaire d’espionnage des salariés d’Ikea fait naître une foule d’interrogations : quels sont les moyens de surveillance légaux dont disposent les entreprises ? Peuvent-elles recourir à des détectives privés pour récupérer des informations sur leurs salariés ? Sur leurs candidats à l'embauche ? Et leur clients ? Mediapart fait le point avec Corinne Pizzio-Delaporte, maître de conférences à l’université Panthéon-Assas et spécialiste du droit du travail.
    En matière de surveillance des salariés, quelle est la règlementation à suivre ?
    Les moyens de surveillance posent la question de l’atteinte à la vie privée, protégée par la loi (par l'article 9 du Code civil). Un employeur ne peut s'immiscer dans tout ce qui relève de la vie privée et s'y référer pour licencier. Mais seule la jurisprudence (NDRL: l'ensemble des décisions de justice rendues) détermine ce qui relève de la vie personnelle ou professionnelle au travail. Tout n’est pas blanc ou noir. Depuis 1992, le juge utilise le principe de proportionnalité: la mesure prise par l’employeur était-elle ou non justifiée au regard de l’intérêt de l’entreprise?
    A quelles conditions les moyens de surveillance des salariés sont-ils licites ?
    Il faut que l’employeur ait fourni une déclaration à la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés). Il doit aussi avoir consulté les salariés via le comité d’entreprise. Un employeur ne pourra pas se servir d'un moyen de preuve non déclaré pour sanctionner un salarié, le moyen sera considéré comme illicite. La jurisprudence est constante depuis un arrêt Neocel du 20 novembre 1991 de la Cour de cassation (des cameras de vidéo-surveillance dissimulées dans une caisse).
    Les conflits les plus fréquents portent sur les caméras de surveillance, mais d’une manière générale, les salariés se plaignent peu car dans certains secteurs (grande distribution…), le procédé est fréquent. La jurisprudence s’intéresse aussi à d’autres moyens de surveillance, comme la technique de géolocalisation de représentants de commerce, qui sont pourtant censés avoir une organisation libre de leurs conditions de travail. Les délégués du personnel ont un rôle intéressant à jouer dans ce domaine avec leur droit d’alerte en cas d’atteinte à des libertés fondamentales des salariés.
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    S'il en informe les salariés et la CNIL, un employeur peut donc mettre des caméras de surveillance où il le souhaite ?
    Oui, dans tous les lieux où travaillent les salariés (pour lutter contre le vol par exemple). Mais ces caméras doivent avoir pour seul objet une surveillance générale des salariés, et non viser l’un deux en particulier. A l’inverse, il n’a pas à les déclarer dans les entrepôts où sont stockées les marchandises, où personne ne travaille.
    A défaut de pouvoir servir de preuve dans un conflit aux prud'hommes (employeur/salarié), une caméra non déclarée peut-elle s’avérer utile au pénal ?
    Devant le juge répressif, les moyens de preuve sont libres. On peut produire la vidéo d’une caméra non déclarée qui montre un vol. Le droit social est toujours plus protecteur que le droit pénal.
    Quand un employeur a des doutes sur l’authenticité du permis de conduire que lui fournit un salarié, a-t-il le droit de recourir à un détective privé pour vérifier?
    La vérification du permis de conduire peut se comprendre, s’il s’agit d’un conducteur de bus scolaire par exemple ou d’un chauffeur routier. Elle se fait généralement à l’embauche. Mais durant l’exécution du contrat, si l’employeur a un doute sur l’authenticité d’un document (permis de conduire ou même diplôme fourni), il doit s’adresser à l’organisme qui a délivré ledit document (préfecture, université). L’utilisation des services d’un détective privé parait empiéter sur la vie privée des salariés s’ils ne sont pas informés de son existence. Il n’est pas interdit de vérifier, c’est le moyen utilisé pour la vérification qui est contrôlé. En tout état de cause, l’employeur ne saurait faire appel à une officine d’enquêteurs privés pour surveiller les déplacements des salariés protégés (délégués syndicaux..).
    Nombre de grandes entreprises travaillent pourtant avec des sociétés de sécurité privées…
    C’est fréquent pour du gardiennage, ou pour vérifier qu’il n’y a pas de salariés qui s’emparent de données confidentielles et les transmettent à des concurrents. L’entreprise peut, dans le respect de la légalité, déléguer la mise en place d’une telle surveillance. Dans l’affaire Ikea, ce qui paraît étonnant, ce n’est pas qu’ils recourent à des sociétés de sécurité privées, c’est ce qu’ils leur demandent : la nature des données fournies est souvent très éloignées de ce qu’un employeur est en droit de connaître de ses salariés dans le cadre de la vie professionnelle, d’autant que ces données semblent provenir de fichiers que seule la police peut obtenir.
  6. Roger.Guy Member

    SUITE

    Ikea a fait appel à un détective pour tenter de prouver qu’une cadre de l’entreprise ne respectait pas son arrêt maladie. Celle-ci se reposant au Maroc, l’enquêteur est allé jusqu’à récupérer -en usurpant l’identité d’un agent de voyage- une copie des tampons de la douane marocaine…
    La Cour de cassation considère que même si un salarié part en vacances pendant son congé maladie, ce n’est pas déloyal. On ne peut pas licencier pour ce motif. De même, s’il est vu sur une brocante, ou sur une piste de ski. On ne peut sanctionner qu’en cas d’activité lucrative parallèle, ou de concurrence déloyale, ou encore si on empêche l’entreprise de fonctionner (par exemple si on est parti avec la clef de l’armoire où sont rangés les dossiers clients et qu’on refuse de la rendre). Dès 1998, la Cour de cassation a déclaré dans un arrêt « Genovèse » que seule la Sécurité sociale (qui indemnise le salarié pendant le congé maladie) peut prendre des sanctions à son égard. Dans cette affaire Ikea, l’entreprise ne pouvait rien faire avec les éléments recueillis. Cela peut toutefois s’avérer être un moyen de pression entre les mains de l’employeur.

    Ikea a aussi enquêté sur les antécédents judiciaires de certains salariés. Un employeur peut-il se servir du casier de quelqu’un pour le licencier ?
    Le bulletin n°3 du casier judiciaire peut être demandé lors de l’embauche pour des postes où la fonction exercée exige une parfaite probité du salarié (gardiennage, éducateurs spécialisés…). Ce document est très général et ne contient que les condamnations majeures. Les autres volets du casier ne sont pas accessibles aussi facilement. Par la suite, si l’employeur soupçonne un salarié de vol, il ne peut normalement se procurer ce casier judicaire, car tant que le salarié n’a pas été jugé, c’est une immixtion dans sa vie privée. Il faut retenir qu’un motif tiré de la vie privée du salarié, ne peut jamais être un motif valable de licenciement, sauf si le comportement de l’intéressé trouble de manière objective le fonctionnement de l’entreprise (voir l'arrêt « Painsecq » de la Cour de cassation en 1991, à propos d’un sacristain homosexuel).
    Ikea avait recours à une société de sécurité privée pour enquêter sur des candidats à l’embauche. Quelles informations l’employeur est-il autorisé à rechercher sur son futur salarié ?
    Selon une loi du 31 décembre 1992, l’employeur doit respecter le principe de finalité : les questions posées lors d’un entretien d’embauche doivent avoir un rapport avec l’emploi. Toute question sur les origines, l'appartenance syndicale, etc. relève de la discrimination. L'employeur doit aussi respecter le principe de transparence : si un candidat passe un test de QCM (questionnaire à choix multiples) informatisé par exemple, il doit pouvoir accéder aux résultats en vertu de la loi Informatique et Liberté de 1978. Mais le candidat à l’embauche a aussi une obligation : répondre de bonne foi aux questions posées par l’employeur.
    Si on lui demande s'il a déjà fumé un joint, est-il tenu de répondre de bonne foi ?
    Cela relève de la vie privée. Mais là encore, la question peut se justifier si on recherche un emploi en liaison avec un centre spécialisé pour adolescents. Un employeur doit pouvoir justifier la question qu’il a posée.
    Ikea a aussi diligenté des enquêtes sur ses prestataires (ceux qui assurent le traitement de ses déchets, etc.). Que peut faire une entreprise, en toute légalité, pour s’assurer de la « moralité » des entreprises qui candidatent auprès d’elle ?
    Elle ne peut avoir accès qu’aux données publiées.
    Il est arrivé qu’Ikea, lors d’un litige avec un client, ait recours à un détective pour enquêter sur ses biens immobiliers et ses antécédents. Face aux mauvais payeurs, qu’est-ce qu’une entreprise est autorisée à entreprendre ?
    A ma connaissance, à part mettre ces dossiers entre les mains de sociétés de recouvrement, qui exerceront les poursuites à sa place, une entreprise ne peut pas diligenter d’enquête contre l’un de ses clients.
    Qu'en est-il de la surveillance des ordinateurs des salariés ?
    Ça pose le problème de la correspondance personnelle des salariés et la Cour de cassation se montre très protectrice de leurs intérêts (le droit à la protection de la correspondance personnelle trouve son fondement dans l’article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme). Pour les fichiers stockés sur les ordinateurs, l’employeur ne peut plus y accéder, dès qu’ils sont intitulés « Personnel ». La Cour de cassation a tout de même mis des bémols. Depuis 2005, un employeur peut ouvrir un fichier de ce type dans des circonstances exceptionnelles : soupçon de concurrence déloyale, de pratique pédophile, etc. Et à condition que le salarié soit présent ou dument appelé.
    Les mails intitulés « confidentiel » ou « personnel » sont également protégés ?
    Oui, mais tout le monde connaît la technique maintenant. Le contenu est toujours le même: soit il s’agit de dénigrer (souvent son supérieur), soit il s’agit d’écrits grivois ou d’envois de photos pornographiques… Inscrire des sites pornographiques parmi ses « favoris » en plaidant que c'est personnel ne suffit pas à emporter la mise devant les tribunaux. N’oubliez quand même pas que c’est l’outil de travail, sur le temps de travail…
    Justement, sans aller jusqu'à consulter des sites pornographiques, peut-on surfer pour son plaisir sur son lieu de travail ?
    Un conseil des prud’hommes a jugé qu'un employeur pouvait à bon droit licencier un salarié qui envoyait 130 mails par jour, puisque cela représentait, selon lui, environ deux heures de travail quotidien. Mais sur le lieu de travail, il y a une tolérance. C’est comme avec le téléphone: on peut appeler chez soi pour savoir si les enfants vont bien, ou pour réserver des billets d’avion. Tout est une question de proportionnalité. En revanche, les mails envoyés depuis son domicile et hors temps de travail sont protégés par la vie privée.
    Quid des réseaux sociaux ?
    On ne peut pas publier sur sa page Facebook, le soir depuis son domicile, des informations négatives sur quelqu'un de son entreprise si on n'a pas pris la précaution de verrouiller sa correspondance (de limiter l'accès de sa page à un nombre limité d'amis, NDLR). Plus les personnes qui vous lisent sont nombreuses, moins vous avez de liberté d’expression. C’est différent d'un mail que l'on n'adresse qu’à une seule personne.
    Si un salarié dévoile sur Facebook des activités (sorties en boîte de nuit, etc.) susceptibles d’altérer sa capacité de travail, peut-il être licencié sur cette base ?
    Ce genre d’informations relève de la vie privée. Sauf à imaginer lire un salarié qui décrit une nuit passée à boire alors que le lendemain de bonne heure, il doit prendre la route pour son employeur. On en revient à la question du lien avec la fonction exercée. La frontière n’est pas étanche. Une décision récente de la Cour de cassation a considéré comme justifié le licenciement d’un salarié qui s’était vu retirer pendant le week-end son permis de conduire. Le retrait de son permis relevait de sa vie privée, mais ce salarié avait besoin de conduire son véhicule dans le cadre de son travail. La frontière entre la vie privée et la vie professionnelle est mince.
    → Pour plus de détails : Droit du travail, Théorie et pratique, Corinne Pizzio-Delaporte, Dyna'Sup droit, 2011
    _________________________________________________________________

    En souvenir du bon vieux temps ; il y en a qui doivent se dandiner sur leur siège si ils lisent cela.
  7. Roger.Guy Member

    :mad:

    http://www.mediapart.fr/journal/fra...apres-avoir-achete-une-cuisine-ou-une-armoire
    Ikea: de simples clients ont été espionnés après l'achat d'une cuisine

    usqu’où est allé Ikea dans son espionnage ? Plus Mediapart enquête sur les victimes, plus les méthodes et objectifs de l’entreprise se révèlent insensés. La filiale française ne s’est pas contentée de traquer ses salariés : elle a enquêté sur des clients, prestataires ou simples relations commerciales. Mediapart a retrouvé un couple de Suédois installés aux Etats-Unis, dont la « moralité » a été passée au crible par un détective privé. Leur tort ? S’être plaints d’avoir reçu leur cuisine avec retard. Ils ont aujourd’hui l'intention de porter l’affaire devant les tribunaux et envisagent de rejoindre l’«Association des victimes d’Ikea», lancée par des employés début mars.
    • Hanna et Franck F.
    En novembre 2006, Hanna et son mari franco-suédois se rendent au magasin d’Evry, en région parisienne, afin d’acheter une cuisine pour leur nouvelle résidence secondaire de Morlaix (Finistère), ainsi que différents accessoires, un lavabo pour la salle de bains, des lits... Ils règlent la facture. La livraison est prévue pour le 15 décembre.
    Le tout n’est remis que le 8 février 2007. « Huit semaines, 55 jours, presque 300 % plus tard que prévu », écrit Hanna dans un courrier adressé à Ikea. La Suédoise se plaint, mais pas d’explications. Elle s’offusque du numéro surtaxé, des dizaines d’interlocuteurs différents auxquels il faut tout ré-expliquer.
    Surtout, Hanna et son compagnon ont dû résider dans un Bed & Breakfast pendant huit semaines, manger dans des restaurants. « Cela nous a coûté très cher. Nos amis avaient pris leurs billets d’avion. Ils les ont perdus, sans pouvoir se faire rembourser. » Hanna conclut une lettre en ces termes : « De toute notre vie, nous n’avons jamais été traités si mal par une entreprise. » Le couple demande des excuses (pour eux et leurs amis) et le remboursement des frais d’hébergement et de nourriture.
    Le 14 mars, la Direction des services d’Ikea France envoie un courrier pour présenter ses regrets et annonce qu’elle va reverser aux Suédois les sommes dépensées. Hanna calcule : 42 euros par nuit de B&B. Et 20 euros de restaurant par jour. Soit 3 410 euros en tout.
    La négociation s’enlise. Hanna raconte des échanges interminables avec Youssra N’Gadi (à la direction des services) et Hakan Danielsson, adjoint à la direction d’Ikea France en charge de la finance, de l'administration et de la sécurité. Au bout de quelques mois, à la fin de l’été 2007, elle obtiendra un remboursement partiel, de 1 619 euros.
    Fin de l’histoire ? Officiellement oui, mais Hanna vient d’apprendre par Mediapart qu’il lui manquait le milieu.
    Le 6 juin 2007, en plein cœur des négociations, Jean-François Paris, alors directeur du risque d’Ikea France (mis en disponibilité depuis les révélations du Canard enchaîné et de Mediapart), écrit au détective privé Jean-Pierre Fourès et lui explique dans un mail : « Nous avons un litige commercial avec une personne qui réclame 4 000 euros de dédommagement. »
    Suivent son adresse, son numéro de portable. Pas son nom. Mais trois missions :
    « - Pourriez-vous me faire une recherche concernant cette adresse et me dire qui est propriétaire des lieux (ou locataire) de façon officielle ?
    - Cette personne est-elle connue des services ?
    - Pour le numéro, je sais qu’il n’est pas évident d’avoir ce type d’info… Merci de me dire si vous pouvez ? Je ne connais pas l’opérateur.»

    ikea-client-morlaix.png

    « Moralité » : « C’est en cours »

    S'il veut répondre à la deuxième question, le détective Fourès n'a d'autre choix que de se procurer des données confidentielles issues du fichier de police « Stic », en toute illégalité, sans doute en passant par des fonctionnaires véreux. Le 20 juin, il adresse « quelques éléments préliminaires » à Jean-François Paris, transmis en copie à deux cadres d’Ikea France : Hakan Danielsson et Henri Dolivier, responsable du service client.
    morlaix-ikea.png
  8. Roger.Guy Member

    SUITE

    Jean-Pierre Fourès explique que le numéro correspond à celui de Hanna. Il confirme l’adresse. Et précise : « Le couple ne semble pas être propriétaire, donc, par déduction : locataires. » Il ajoute, au sujet de leur « moralité » : « C’est en cours ».
    Deux jours plus tard, il revient vers Jean-François Paris avec un complément d'information : « Comme toujours, c'est en cherchant que l'on trouve. » Cette fois, il a récupéré les dates de naissance de Hanna et Franck, et fouillé au cadastre : « Ils sont propriétaires à l'adresse indiquée, bien qu'ils ont acquis le 14/11/06 pour le prix de 51.852 euros (pas d'hypothèques).»

    Hanna-mail2.jpg
    Mais le détective bute sur le reste : «Pour l'instant, nous ignorons leur statut marital et leur nationalité.» Conclusion de son courriel : il «relance les moralités avec les dates de naissance».
    Informée quatre ans et demi après par Mediapart, Hanna n'en revient pas ; la Suédoise craint que d’autres mails aient suivi et que d'autres éléments de sa vie privée aient été dévoilés.
    • Jérôme P., 35 ans, agent immobilier
    Jérôme, lui, se souvient avoir acheté une armoire fin 2008 au magasin de Franconville, « à 200 euros et quelque », pour meubler son agence parisienne. Le jour de la livraison, « un montant de bois n’était pas droit, ou quelque chose comme ça ». Le jeune homme passe un coup de fil au service après-vente d’Ikea, pour réclamer un nouveau meuble. Sans effet. « J’ai sans doute rappelé trois ou quatre fois, se remémore Jérôme. Pas question de les lâcher. »
    Une alerte remonte jusqu’à Jean-François Paris, le directeur “gestion du risque” au siège, qui juge indispensable de lancer une investigation pour récupérer « tous renseignement relatifs à M. P., se faisant livrer au 30 rue X., (…) déclarant travailler au ministère de l’Agriculture, plus particulièrement rattaché au bureau du ministre ».
    Le 9 mars 2009, Jean-François Paris adresse les données ainsi récupérées à une collègue du magasin de Franconville, Elaine Varlet. « A garder en confidentiel, précise-t-il. Ne pas dire que des recherches ont été faites sur son compte. Le laisser aller sur une voie juridique s'il le souhaite. »

    ikea-clientP-1.png
    L’enquêteur, sur ce coup, n’a pas découvert grand-chose, sinon qu’« au ministère de l’Agriculture et de la Pêche, 78 rue de Varenne à Paris 7e, M. P est inconnu ». Suivent des informations sur l’agence immobilière de Jérôme, son chiffre d’affaires, son résultat net, l’identité de son gérant et les liens de ce dernier avec d’autres sociétés.
    ikea-clientP2.png
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    « C’est affolant », réagit aujourd’hui l’intéressé, client régulier d'Ikea. « Tout ça pour un meuble ! Ces recherches ont dû leur coûter plus cher que mon armoire. » Jérôme ne voit pas d’où sort cette histoire de ministère. « J’ai fait comme tout le monde dans ces cas-là : j’ai dit que je connaissais des gens haut placés, que j’appellerais le PDG si je n’obtenais pas gain de cause…» Surtout, le jeune homme a beau se creuser la tête, il ne saisit pas la logique de ces enquêtes : « S’il s’agissait, au moins, de ficher les mauvais payeurs… Mais là, quel est le but ? Qu'est-ce qu'ils font avec toutes ces données ?»
    Régime matrimonial de la communauté réduite aux acquêts »

    • « Monsieur I. », marié à 20 ans à Sarcelles
    Depuis les premières révélations du Canard enchaîné et de Mediapart, on sait qu’Ikea a espionné ses prestataires – par exemple les sociétés recyclant ses déchets, en juin 2003. La pratique est illégale, mais l’objectif peut sembler presque rationnel : prévenir les “problèmes”. A l'inverse, comment comprendre l’histoire de « monsieur I. », 52 ans, né en Tunisie ? Ce cas-là montre combien la quête d’informations de Jean-François Paris a viré à l’obsession.
    Commercial au service du Journal du Parlement, monsieur I. a passé quelques coups de fil à Ikea en novembre 2006, « aux gens de la direction Communication », « pour leur proposer de passer une pub dans le magazine ». Dans son souvenir, « l’opération s’est faite le plus naturellement du monde, après que j’ai envoyé un dossier et les tarifs ». Une annonce, de taille modeste, est rapidement parue. « J’ai dû les relancer une seconde fois, sans succès. Le Journal du Parlement n’était pas, c'est vrai, le support publicitaire idéal pour Ikea...»
    Pour quelle raison Jean-François Paris a-t-il lancé son détective sur les traces de monsieur I. ? La vie de ce dernier, en tout cas, s’est retrouvée étalée sur trois pages, dans une « étude » adressée à Jean-François Paris le 29 novembre 2006. Tout y passe : les diverses sociétés montées par ce commercial depuis 1992, comme ses noces avec Véronique C., à l'âge de 20 ans, à Sarcelles. Avec cette information capitale pour un groupe mondial : « Sous le régime matrimonial de la communauté réduite aux acquêts ».
    ________________________________________________________________________

    Je me demande si cela n'a pas été une mode, dans certains milieux, à un moment donné.
  9. Roger.Guy Member

    http://www.mediapart.fr/journal/france/280312/ikea-une-infiltree-raconte-lespionnage
    Ikea : une « infiltrée » raconte l'espionnage

    29 mars 2012 | Par Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg
    Un matin de juillet 2010, Zohra débarque comme caissière au magasin Ikea de Franconville. Les premiers jours, elle rame un peu. Il faut dire que scanner les marchandises, ça n’est pas son métier. Sa vraie mission ? L’infiltration. Comme l’a révélé le journal L’Expansion, Ikea France a utilisé deux « consultantes terrain », recrutées par l’intermédiaire de l’officine privée GSG (spécialisée dans l'intelligence économique et la gestion des risques sociaux), pour surveiller incognito certains salariés. Un an après l'opération, Mediapart a retrouvé Zohra et publie dans son intégralité le « Retour d’expérience » de GSG (dont Le Canard enchaîné a publié mercredi quelques extraits).
    Ikea Retex Gsg Mediapart
    A l’époque, les deux directrices du magasin se sentent dépassées par une poignée de syndicalistes chevronnés, dont Adel Amara (FO), leader des grèves nationales de février 2010, jugé agressif et violent. Pour prévenir tout débordement lors des futures négociations salariales, la société GSG (désormais en redressement judiciaire) est chargée, entre autres prestations de conseil en ingénierie sociale, de « s’assurer du calme dans le magasin de Franconville ». Comment utilise-t-elle ses infiltrées ?
    Zohra, 33 ans, nie avoir « espionné » ses collègues, fouiné, remonté la moindre information. « Mon job consistait à lancer l’alerte en cas de menace physique, d’agression ou de suspicion d’agression, déclare la jeune femme. J’étais “l’élément précurseur”, comme on dit dans le métier. La ligne de caisse, c’est un point névralgique, on voit venir pas mal de choses... »
    D’alerte, elle n’en a jamais lancé. Pas plus qu’elle n’a vu Amara menacer qui que ce soit. A l’inverse, le syndicaliste l’a aidée à convertir son premier contrat en CDI, sans se douter ! Au bout de six mois, Zohra a finalement « planté GSG » : « J’accumulais des retards parce que j’en avais marre du boulot de caissière. Je me suis fait virer. »
    Son acolyte aux Ressources humaines, Karen, garde du corps professionnelle et spécialiste de boxe thaïe, était installée à deux pas du bureau des directrices, pour leur servir de bouclier. « Ce dispositif a été pensé dans une logique de sécurisation des salariées, jure une source chez GSG, ayant suivi la mise en œuvre. Nous avons d'ailleurs utilisé notre filiale 3D Protect, spécialisée dans la protection rapprochée. La loi autorise ce genre de professionnels à travailler sous couverture. »
    Mais la loi n'autorise pas à déployer des outils de surveillance sans consultation préalable des instances représentatives des salariés (comité d'entreprise, etc.) ! Or le document que publie Mediapart ne laisse aucun doute sur l'existence d'une mission secrète confiée aux « consultantes », de surveillance cette fois. Si le mot “infiltration” n'est pas utilisé, tous les détails sont livrés dans une partie titrée « Etude du climat social » :
    [IMG]
    Dans ce « Retex » (terme jargonneux pour « Retour d'expérience »), rédigé en juin 2011, GSG se félicite que Zohra soit entrée « rapidement en contact avec les sujets sensibles du magasin », en l’occurrence Adel Amara (« sujet principal ») et « cinq autres (sujets) secondaires », non désignés, probablement encartés FO. En page 12, sont listés les « résultats » obtenus par les infiltrées :
    [IMG]
    En toute franchise, l'officine va jusqu'à regretter quelques insuffisances dans son dispositif, ayant freiné la captation de données :
    [IMG]
    _____________________________________________________________________
    Il parait qu'ils n'ont pas du tout aimé ces histoires là, les employés de chez Ikéa(qui sont sont aussi des citoyens la plupart du temps) et que c'est un peu le carnaval en ce moment (il y en a qui dansent un peu, d'autres qui rasent les murs et certains qui tendent le dos) chez Ikéa et ses prestataires de service de "barbouzeux amateurs".
  10. Roger.Guy Member

    :eek:
    http://www.mediapart.fr/journal/fra...s-policiers-bons-cadeaux-contre-bons-services


    En 2003, François Mrissa, délégué CGT au magasin Ikea de Gonesse, tape sur les nerfs de sa direction, à force de soutenir des collègues soupçonnés de piocher dans la caisse. Un matin, des policiers l’interpellent au saut du lit, sous les yeux de ses enfants. Embarqué au commissariat de Gonesse, ce chef de rayon est placé en garde à vue pendant des heures, « vaguement accusé de vols de documents ». François Mrissa ne sera jamais poursuivi, ni déféré devant un juge. Et pour cause : les policiers n’ont rien contre lui, pas l’embryon d’un dossier. « Ils ont juste voulu m’intimider pour rendre service à Ikea », dénonce aujourd'hui le syndicaliste, qui accuse son ancienne direction de « collusion » avec des représentants des forces de l'ordre. Paranoïa ? Loin de là, d'après des documents que Mediapart s’est procurés.
    Non content de rémunérer des officines pour enquêter sur la vie privée de ses salariés (et de ses clients), non content de recruter des « infiltrés » pour espionner des syndicalistes encombrants, Ikea arrosait aussi des policiers.
    Ainsi Paul Magnan, le directeur du magasin de Gonesse (« Paris-Nord ») pendant des années, s’est assuré les bonnes grâces de policiers locaux à coups de « bons cadeaux ». Le 24 octobre 2002, il autorisait son directeur financier à décaisser dix bons d’achat de 100 euros chacun (numérotés 001191 à 001200). Bien entendu, le nom des fonctionnaires récipiendaires n’est pas spécifié. Simplement, on peut lire : « (Le) service de police de la localité se présentera vendredi 25 octobre 2002 », afin de récupérer son dû. Rien à voir avec une action caritative officielle (par exemple un don aux Orphelins de la police nationale). Que demandait Paul Magnan en échange ?
    bons-cadeaux.png
    L'intéressé (promu depuis à la tête du magasin de Strasbourg) répond ne pas se souvenir précisément de l'épisode, mais ne conteste pas ces pratiques : « On s’efforce d’avoir de bonnes relations avec les partenaires locaux, en remettant des bons d’achat à des clubs de foot, à des associations, etc.» Mais à des fonctionnaires de police ? « Ça fait partie des prestataires qui travaillent à côté de nous. » Des « prestataires », vraiment ? « Le mot est peut-être mal choisi… » Idem à Strasbourg ? « Je ne saurais vous dire, il faudrait que je regarde dans les archives. » Paul Magnan n'y voit aucune intention corruptrice : « Je n’imagine pas une seconde que les policiers ont utilisé ces bons cadeaux pour meubler leur domicile ; j’imagine que c'était pour le commissariat. » Pourquoi ne pas procéder à un don officiel à la police nationale, à la sûreté départementale ? « J'ai dû faire ces bons sur demande... » Paul Magnan assure ignorer quels policiers en ont précisément profité en octobre 2002, et se défausse : « J’ai signé le document, mais j’ai certainement répondu à la sollicitation d’un de mes managers, du responsable financier, peut-être du chef sécurité… »
    Sollicité par Mediapart, le directeur départemental de la sécurité publique du Val-d'Oise, arrivé depuis trois ans, affirme ne jamais avoir eu connaissance de telles pratiques, « contraires à toutes nos instructions ». « En tout cas, à l'heure où je vous parle, ça n'existe pas, déclare Frédéric Aureal. Je serais le premier à faire du disciplinaire et du judiciaire ! »
    Un ancien directeur de magasin, passé par de hautes responsabilités au siège national d'Ikea France, raconte sous couvert d'anonymat qu'il distribuait déjà des bons cadeaux de ce genre dans les années 1990 : « Quand un gendarme avait besoin d’un bureau, il repartait avec un bureau. On offrait aussi des lots de tombola, etc. Les bons étaient délivrés par le directeur, le directeur administratif ou le directeur du service client. Sinon, comment voulez-vous que la police passe quand on en a besoin, ou qu'elle nous confie les antécédents d'un syndicaliste ? Ces dons étaient fréquents, mais pour de petits montants. Par la suite, ça s’est institutionnalisé. »
    IKEA2.jpg
    A « Paris-Nord », en tout cas, d'autres éléments viennent illustrer les accointances entre des policiers et l'ancien responsable sécurité du magasin, Laurent Leroy. Cet ex-gendarme a été embauché au début des années 2000 pour répondre à un problème spécifique : le magasin s'estimait confronté à des fraudes importantes de la part de ses employés, recrutés pour partie dans les cités voisines. A l'époque, si l'entreprise a fait appel à un ancien militaire, c'est évidemment pour sa capacité à nouer de bonnes relations avec les uniformes environnants.
    A l'évidence, cette stratégie a fonctionné à plein. Plusieurs courriels internes à Ikea, que Mediapart s'est procurés, révèlent que Laurent Leroy, qui déposait régulièrement des plaintes pour vols au nom de son entreprise, a eu un accès direct à des informations confidentielles couvertes par le secret de l’enquête.
    Ce n’est pas vraiment autorisé »

    Ainsi, dans un mail adressé en novembre 2002 à son supérieur Jean-François Paris (responsable Sécurité d'Ikea pour toute la France), Laurent Leroy résume les « actions menées par la police » après « l’interpellation d’une collaboratrice » du magasin de « Paris-Nord », Julie, accusée de piller la caisse.
    Laurent Leroy est en mesure de détailler, par le menu, les résultats obtenus par l’officier de police judiciaire (l’OPJ) du commissariat de Gonesse, qui a épluché les comptes bancaires de la suspecte. « Lors de ses diverses réquisitions, il semblerait que l’OPJ soit tombé sur la caverne d’Ali Baba », ironise Laurent Leroy dans son courriel.
    ikea-leroy-thev1.png
    Comment a-t-il obtenu ces tuyaux ? « Le capitaine Thévenin m’(a) invit(é) hier à consulter avec lui l’ensemble des comptes (de Julie), se vante Laurent Leroy. Il l’a fait parce que je suis un (ex) de la maison d’en face (la gendarmerie), parce que dans le cadre d’une telle enquête ce n’est pas vraiment autorisé. »
    Et le responsable sécurité du magasin étale « ses » trouvailles : « Alors qu’elle gagnait “honnêtement” 1300 euros via son salaire Ikea (...), son compte Z était rempli à 61.000 euros, les 2 autres comptes avaient encore 45.000 euros. » Ça n’est pas fini : « Elle est propriétaire de son appartement, pour lequel nous (ndlr : en vérité la police) ne trouvons aucune trace de remboursement ; elle s’est acheté le 12.08.02 une OPEL neuve en payant cash. »
    Décidément sans complexe, Laurent Leroy raconte même à son supérieur qu'il a été mis au parfum, en amont, de l'arrestation de Julie : « Sûr d’avoir trouvé quelque chose d’intéressant, le capitaine Thévenin appelle devant moi madame la procureure, qui lui demande d’aller chercher à 6h du matin à son domicile Mlle (Julie) ce 05/11/02. » De quel droit ?
    ikea-leroy-thevenin2.png
    Les échanges semblent spontanés, habituels, sinon routiniers. Le responsable Sécurité du magasin se charge parfois de communiquer lui-même des témoignages, dûment « orientés », aux policiers, pour leur mâcher le travail. Ainsi dans une affaire de vols de meubles Ikea supposément fomentés par des salariés (« MS » et sa bande), traitée par l’antenne de police de Goussainville, Laurent Leroy envoie au commandant Quentel le nom et le numéro d’une quinquagénaire susceptible de témoigner contre « MS », qu'il a lui-même dénichée au magasin.
    Il écrit : « (Cette cliente) a remarqué que quelque chose se passait et que ça n’avait rien de normal : un collaborateur qu’elle décrit comme : “MAGHREBIN -1m85-crâne rasé-mal rasé” (correspondant à “MS”) rigolait avec un autre collaborateur, 2 femmes d’origine maghrébine et 2 pseudo-clients également maghrébins (…). Elle affirme avoir vu celui qui pourrait être MS “ouvrir un colis neuf et donner le meuble à ses copains”. » La conclusion de Laurent Leroy, à l’adresse du commandant Quentel : « Ça peut toujours servir. » Avec si peu d’éléments tangibles, on voit mal comment !
    En l’occurrence, poursuivi pour « escroquerie », « MS » a été relaxé par le tribunal de grande instance de Pontoise en octobre 2008, ainsi que ses complices présumés. L’avocat qui les a défendus, Me Malick Menzel, se souvient de « la surprotection dont bénéficiait Ikea de la part de certains policiers, qui agissaient avec beaucoup d’entrain, intervenaient sur demande ». « Avec Laurent Leroy, il y avait un mini-commissariat de fait dans le magasin ! », s’insurge Me Menzel.
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  11. Roger.Guy Member

    SUITE
    http://www.mediapart.fr/journal/fra...s-cadeaux-contre-bons-services?page_article=2



    La proximité quotidienne de Laurent Leroy avec ses « correspondants » policiers était telle qu’il s’est parfois montré imprudent. Vers la fin de cette affaire « MS », il a ainsi produit une note de synthèse – très personnelle – à l’intention du commandant Quentel, pour sa gouverne, « de sorte qu’il comprenne l’histoire ».
    Cette initiative aurait pu s'avérer catastrophique pour Ikea, comme le révèle un mail d’alerte rédigé en 2003 par le supérieur de Laurent Leroy, à l'intention des plus hauts dirigeants d’Ikea France. Car « cet ahuri (de Quentel) n’a rien trouvé de mieux que de donner (ce résumé) tel quel au juge d’instruction… qui l’a joint au dossier », rendant cette « pièce consultable par l’avocat de la partie adverse, en l’occurrence (MS) ». Or la prose de Laurent Leroy contenait un paragraphe potentiellement explosif pour Ikea, s'il était rendu public.
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    Dans les dernières lignes, en effet, celui-ci raconte sans précaution que l’entreprise de meubles a récupéré des “informations” sur « MS » de manière douteuse, par l’intermédiaire d’une officine privée, Sûreté International, visiblement alimentée par une « source RG » (Renseignements généraux). Quelles "infos" (ou ragots) ? Outre que « MS » a l'habitude de jouer « dans des tripots sordides » avec un autre salarié d'Ikea, il « pourrait avoir participé au braquage » de son propre magasin.
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    Tout cela était bien sûr au conditionnel, « à vérifier », « à développer », mais Laurent Leroy avait tout transmis, tel quel, au commissariat de Gonesse ! En copie de ce mail, qui dévoile une confusion des genres totale : le directeur général de l'époque d'Ikea France, Jean-Louis Baillot (mis en disponibilité le 7 mars après sa mise en cause par Mediapart), ou encore l'actuel directeur de la communication (Pierre Deyries). Le supérieur de Laurent Leroy leur a transmis ce document jugé compromettant avec mille précautions : « CONFIDENTIEL NE PAS IMPRIMER NI DIFFUSER ». Pour ouvrir la pièce jointe, il fallait un mot de passe.
    Alors cette question des relations entre Ikea et la police sera-t-elle abordée par l'audit interne, promis par l'entreprise dès les premières révélations de la presse sur l'espionnage des salariés, confié à un cabinet d'avocats ? Cinq semaines plus tard, les principales “auditions” ont bien eu lieu mais les conclusions ne sont toujours pas tombées – pas plus que les têtes. Seule initiative récente du siège, censée rassurer les employés : le 30 mars, « pour travailler sur le renforcement des valeurs et des standards éthiques », Ikea France a mis en place « un groupe de projet ».
    _______________________________________________________________________

    :confused:
  12. Roger.Guy Member

    Ca bug : je peux pas editer pour virer un peu du texte de la première partie afin de mettre le titre de l'article (voir lien) la limitation à 1000 caractères qui me fait sa tête de boche !
  13. L1sAZE Member

    Le truc de ouf, c'est que Adel Amara (le délégué FO condamné) a été déclaré parano par un expert psychiatrique : "sujet mégalomane se sentant victime d'un complot", "personnalité paranoïaque, avec délire sous-jacent", il se sentait espionné, quel dingue ! :D
    MAIS il a fait appel et là il va se faire grave plez :p
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  14. Roger.Guy Member

    Si il est vraiment parano est qu'il a vraiment été espionné ; il a du mal le vivre.
    L'expert va peut-être dire qu'il est parano quand même mais que sur ce coup là il ne délirait pas ; c'était un peu vrai :D
  15. Roger.Guy Member

    Ca commence à tomber ...
    _________________
    http://www.streetpress.com/news/33814-ikea-france-vire-ses-dirigeants


    Ikea France vire ses dirigeants

    ikea.jpg?1337358481.jpg
    Ikea France vient d’annoncer vendredi 18 mai le départ de quatre dirigeants, tous soupçonnés d’être mêlés au scandale de surveillance illégale de salariés et de clients qui avait éclaté en février à la suite des révélations du Canard enchaîné.
    « Un ancien directeur général de Ikea France, une ancienne directrice des ressources humaines, un ancien directeur financier et l'actuel directeur gestion du risque de Ikea France vont quitter leurs fonctions et le groupe Ikea », selon un communiqué de la branche française de la marque.
    code de conduite
    Ces départs sont justifiés par « des pratiques contraires aux valeurs et standards éthiques (qui) ont été malheureusement constatées au sein de Ikea France », souligne l'entreprise. Ce dernier dit avoir mis en place un nouveau code de conduite prohibant de telles méthodes.
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  16. Roger.Guy Member

    Une dérive de plus pour Ikéa ; faut les surveiller de très près, ils ont tout faux, partout
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    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/3059e6da-af36-11e1-8217-282d8dd650e3|1
    Ikea, ou quand l’amour du bois a un vrai coût


    Ida Karlsson Stockholm
    L’entreprise promeut un bois obtenu d’une manière économiquement, socialement et écologiquement durable. A tort? (Keystone)
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    Derrière son slogan «We Love Wood», l’entreprise suédoise se targue de n’utiliser que du bois «durable». Un mythe dénoncé par plusieurs ONG: en Carélie, la filiale Swedwood d’Ikea coupe des bois centenaires pour fabriquer ses meubles à bas coût
    Chaises aux lignes épurées, bibliothèques fonctionnelles… Avec près de 60% de ses produits fabriqués à base de bois, Ikea a fait de ce composant végétal l’élément phare de sa gamme de meubles à petit prix dans ses 300 enseignes à travers le monde. Pendant des années, le géant a largement misé sur son slogan «We Love Wood» (Nous aimons le bois) pour promouvoir le fait qu’il n’utilisait que du bois obtenu d’une manière économiquement, socialement et écologiquement durable. Une image ternie par plusieurs enquêtes et rapports sortis ces derniers mois sur son activité dans la région russe de la Carélie.
    Une enquête de la télévision nationale suédoise révélait en avril dernier que la compagnie forestière Swedwood, filiale d’Ikea, coupait près de 560 hectares de forêt par an. Au mois de mai, c’était au tour de la Global Forest Coalition, une alliance d’ONG issues de 40 pays, de condamner fermement les activités du géant de l’ameublement. «Il ne subsiste qu’une quantité limitée de forêts primaires dans le nord de la Carélie, et à peine 10% d’espaces vierges sur toute la région. Ikea jure qu’ils ne travaillent pas dans ces vieilles forêts, mais ce n’est pas vrai», affirme Olga Ilina, responsable du département des forêts de l’organisation russe SPOK, membre de cette coalition.
    «Lors de nos visites sur le terrain, nous avons enquêté sur la vraie gestion des forêts par Ikea, et nous sommes bien loin des belles paroles de leurs publicités», assure Viktor Säfve, directeur de Protect the Forest. Selon cette organisation environnementale suédoise, la compagnie forestière Swedwood aurait abattu de nombreux arbres centenaires dans le nord-ouest de la Carélie, près de la frontière finlandaise. Des coupes qui ont un profond impact sur la biodiversité. Avec les forêts tropicales humides le long de l’équateur, les forêts primaires russes remplissent des fonctions vitales en absorbant d’énormes quantités de dioxydes de carbone et en abritant des centaines de milliers d’animaux et d’espèces végétales uniques.
    «Les forêts suédoises sont déjà décimées, et maintenant c’est au tour des précieuses forêts de la Carélie russe», analyse Linda Ellegaard Nordström, de Protect the Forest. «Nous utilisons le même système de certificat environnemental en Suède et en Russie: le Forest Stewardship Council (FSC). Mais c’est un désastre dans les deux pays. L’entreprise NEPCon, qui certifie que l’exploitation des forêts par Swedwood est conforme aux normes FSC, autorise l’abattage d’arbres qui ont entre 200 et 600 ans. C’est un scandale!» Sur le papier, le FSC impose des règles strictes en matière de certification qui garantissent la protection des anciennes forêts. Mais en réalité, des lacunes persistent, concède Andrei Ptichnikov, directeur général de FSC Russie. «Si nous revendiquions la protection de tous les arbres, aucune entreprise ne pourrait avoir le label FSC. Ce n’est pas réaliste. On doit toujours faire des compromis», conclut-il, sur l’antenne de la télévision suédoise. «Nous allons continuer à travailler selon les mêmes principes convenus avec les organisations environnementales russes comme SPOK», argumente Anders Hildeman, qui s’occupe des forêts chez Ikea. Pour le géant suédois, les règles qu’il applique dans la gestion forestière sont suffisamment strictes. Selon la firme, 16 à 17% des forêts reconnues comme étant de grande valeur sont préservées, ce qui dépasse largement les normes légales et celles du FSC. Tout en vantant son rôle de bon élève dans la région, contrairement aux entreprises locales selon lui. La filiale d’Ikea a été la première entreprise en Carélie à recevoir le label FSC en 2006.
    Un effort insuffisant pour Olga Ilina, de l’organisation environnementale russe SPOK. «C’est vrai que Swedwood opère d’une meilleure façon que les entreprises locales, mais nous pensons qu’elle peut faire bien mieux au regard de ses ressources financières. Ils pourraient avoir une gestion forestière plus responsable. Ils devraient exploiter les forêts secondaires qui ne sont pas si précieuses, au lieu de s’attaquer aux forêts vierges. Ikea en a les moyens.»
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    Le fondateur d'Ikea, l'homme le plus riche d'Europe

    afp
    Mis en ligne le 06/06/2012
    Sur les 6 premiers de la liste de Bilan, 2 résident en Suisse. Au total, un tiers de ces ultra-riches vivent en Suisse.
    L'homme le plus riche d'Europe est le Suédois Ingvar Kamprad, fondateur du groupe Ikea, et il vit près de Lausanne, selon le premier classement des 100 plus grosses fortunes d'Europe établi par le magazine suisse Bilan.

    Selon le magazine, la fortune d'Ingvar Kamprad, 86 ans, est estimée à 37,5 milliards de dollars. Cette estimation tient compte cependant des biens et avoirs transférés dans sa fondation, qui contrôle le groupe.
    Sur les 6 premiers de la liste de Bilan, 2 résident en Suisse. Au total, un tiers de ces ultra-riches vivent en Suisse.
    Trois Français occupent les 4ème, 5ème et 6ème place de ce classement européen de la richesse. Il s'agit de la famille Mulliez, qui contrôle le groupe de magasins Auchan et dispose d'une fortune estimée à 25,4 milliards de francs suisses (21 mlds euros).
    Bernard Arnault, le patron de LVMH est 5ème (21,4 milliards CHF)et Liliane Bettencourt 6ème (20,8 mlds CHF - l'Oréal). Ils vivent en France. Dans le classement Forbes, Bernard Arnault est la première fortune européenne.
    Le numéro 2 du classement de Bilan est l'Espanol Amancio Ortega Ganoa, créateur de la marque Zara et propriétaire d'Inditex, le numéro 3 mondial du textile.
    La famille germano-néerlandaise Brenninkmeijer, qui contrôle les magasins C&A, occupe la 3ème place.
    Etre actif dans le textile est rentable, selon Bilan, car les fondateurs de H&M et de Benetton se retrouvent dans ce classement européen.
    Des familles inconnues du grand public figurent aussi dans ce classement, comme la famille austro-allemande Reimann, à la 43ème place, qui détient le parfumeur américain Coty, qui se prépare à entrer en Bourse et qui est valorisé à 7 milliards de dollars.
    Par nationalité, les Allemands occupent la 1ère place, avec 28 ultra-riches, suivis par les Russes (26). Les Suisses et les Français sont 3èmes ex-aequo avec 9 représentants chacun, suivis par les Italiens (7 représentants).
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  17. Roger.Guy Member

    cf. : http://www.mediapart.fr/journal/france/220113/espionnage-ikea-premieres-mises-en-examen
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  18. Roger.Guy Member

    La fête continue ; perquisition chez Ikéa à Franconville (val d'oise). Depuis le début de l'affaire Ikea, il y a une 10aine de mises en examen. C'est l'exemple type du "little brother" (je les hais mortellement) ; habilités par la peau de mes rouleaux, ils violent la vie privée des autres et pire ... Tout le monde "chouine" après big brother ; les little brother sont bien plus redoutables (c'est pas près de s'arreter avec les progrès technologiques. Pour moins de 300 € les Michu peuvent être mieux équipés que les agents des meilleurs services du monde, il y a 20 ans). Bonjour chez vous.
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  19. Roger.Guy Member

    image1048-gif-213484-gif.213687.gif
    cf. : http://tempsreel.nouvelobs.com/just...-un-dirigeant-en-garde-a-vue.html?xtor=RSS-17
    Ça chie des bulles chez les litlle brother, on dirait.
    Belle vague ; il faut en profiter.

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  20. Roger.Guy Member

    cf. : http://www.mediapart.fr/journal/france/251113/lespion-dikea-travaillait-aussi-pour-quick

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