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[Syrie] Les dernières actualités

Discussion in 'France' started by Vigdis, Dec 8, 2011.

  1. Stigmata88 Member

    http://www.tunisiadaily.com/2013/06...combattants-elles-rentrent-au-pays-enceintes/
  2. Anonymous Member

    Lesquels ? J'attends ...


    Voilà un argument bien merdique, AMHA. La démocratie française est de basse intensité, mais du haut de ton nuage de Bisounours tu n'as probablement rien remarqué. Tu sembles mal connaitre les médias de ton pays et les liens étroits qu'il y a entre les propriétaires de ces derniers et le monde politique français. Tu sembles ignorer le rôle de la France dans les intérêts géopolitiques de l'OTAN. Tu sembles ignorer les enjeux stratégiques d'une déstabilisation de la Syrie, au proche-orient et les conséquences que ça aurait sur ses pays voisins qui résistent à la colonisation israëlo-occidentale qui à pris pied en Palestine. Tu sembles ignorer les intérêts économiques qui sont une des causes de cette guerre manipulée (Comme il y en a beaucoup d'autres par le passé.). Tu sembles ignorer que les syriens préfèrent de loin Bachar Al-Assad et son gouvernement qu'un pays gangréné par le totalitarisme militaire et " religieux " d'islamistes radicaux qui salissent l'Islam et l'image des musulmans du monde entier. Tu sembles ignorer l'ingérence étrangère multiple en syrie (USA, GB, France, Arabie Saoudite, Qatar, qui ironiquement se font appeler "Les Amis de la Syrie.) et ne pas saisir le lien de toute cette attention sur la Syrie avec tout ce que j'ai cité ci-dessus.

    Tu pourrais au minimum avoir l'intelligence du doute et t'intéresser à toutes les informations, te documenter sérieusement (Que ce soit relayé par de l'extrême droite ou non.) et te faire ton propre avis.
    Au lieu de ça tu manges TF1-LeMonde et tu la fermes. Chacun ses goûts. Et la merde a le sien ...





    Et remettre en cause les infos iraniennes, libanaises, syriennes, russes, qui seraient tous des pays tyranniques et malveillants ou radicalement islamiques et tous liés à la diabolique et manipulatrice extrême droite française et qui veulent tuer plein d'occidentaux parce qu'ils ne sont pas comme eux ?


    Par les temps qui courent on s'informe mieux par les blogs que par les grands médias. SANS DEC' ! :)
    Tes professionnels de l'investigation sont surtout des professionnels de la tromperie et du mensonge.

    Si je relaye Allain Jules c'est avant tout parce qu'il constate comme moi que le reportage du Monde est une tromperie sans nom. Quelques pages précédentes dans ce thread, j'ai démontré tous les détails de ce reportage qui le prouvent. Est-ce que tu as seulement daigné vérifier ?


    C'est bien ce que je pensais, tu n'as rien à prouver. Tu n'y crois pas. Point barre. Ca n'en fait pas une propagande pour autant et ça n'empêche pas moins qu'il existe une vérité précise de ce qui se passe réellement en Syrie et qui ne peut pas être reniée: Les syriens sont patriotes et sont attachés à leur président, mais surtout à leur pays. Pour rien au monde ils n'échangeraient ces deux choses contre l'avenir qu'on cherche à leur imposer, de l'extérieur, par la force et le mensonge. Oui il y a des syriens, majoritairement sunnites, qui n'aiment pas Al-Assad (Il est chiite.) et oui ils ont rejoint ceux qu'on nomme les "rebelles" mais ces deux là ne sont pas compatibles car les rebelles sont des terroristes venus de l'étranger, et ce qu'ils font aux syriens qui ne partagent pas leurs idées est purement abominable. Ils n'ont rien de musulmans mais se revendiquent comme tel. Il n'y a pas grand chose de pire pour un musulman. C'est pour ces raisons qu'on entend parler d'anciens membres de l'ASL syriens et sunnites qui ont préféré déserter ses rangs.

    Et si tu savais comme je m'en cogne les noisettes que certains contenus que j'ai partagé soient relayés par ton extrême droite de chiotte. C'est le dernier de mes soucis. Marc Dutroux lui-même pourrait dire qu'il n'y a pas de printemps arabe en Syrie et que LeMonde est un nid de putes soumises mythomanes que je le soutiendrai.

    Tu dis noir, je dis blanc. On va continuer combien de temps encore ? Sois un peu ouvert, tolérant, et accepte que ce thread soit nourri de toutes les versions. Car je suis certain qu'ici, tout le monde ne partage pas la tienne ou en tout cas accorde le bénéfice du doute à toute cette affaire. En ce qui me concerne je continue de relayer les informations que j'estime honnêtes et je te pisse au cul cordialement.
  3. Anonymous Member

  4. Anonymous Member

    http://etudesgeostrategiques.com/20...ner-une-guerre-perdue-davance-seconde-partie/

    Bachar Al-Assad peut-il encore gagner une guerre « perdue d’avance » (seconde partie) ?

    4 mai
    Bachar Al-Assad s’est retrouvé dès le début de la guerre civile syrienne en mars 2011, dans une situation des plus précaires. Le nombre de données qui jouaient contre lui était tel que la plupart des observateurs occidentaux ont pensé que son régime était fini. Les quatre régimes arabes qui avaient eux aussi connu une révolution (Tunisie, Egypte, Yémen, Libye) étaient tous tombés et ce, assez rapidement. Toutes les grandes puissances occidentales étaient profondément hostiles au maintien du régime syrien et elles venaient de jouer un rôle diplomatico-militaire décisif dans la chute des précédents régimes (et notamment dans le cas libyen). Une donnée supplémentaire renforçait l’analyse selon laquelle la chute du régime syrien était inéluctable : le fait que Bachar Al-Assad s’appuie sur sa communauté alaouite pour résister alors que la grande majorité de la population syrienne est sunnite.

    Or, contre toute attente, plus de deux ans après le début de la guerre, Bachar Al-Assad est toujours au pouvoir en Syrie et continue à combattre farouchement pour son maintien (ou du moins pour sa survie). Après avoir effectué dans un premier article un compte-rendu de la situation militaire tactique qui prévaut actuellement en Syrie, il est désormais possible d’analyser les raisons pour lesquelles le régime syrien est toujours en place et d’évaluer ses chances de gagner la guerre.



    1. Eviter le renversement

    Par sa brutalité le régime syrien a été le déclencheur des premières manifestations populaires : elles ont en effet été provoquées par l’arrestation et la torture des adolescents qui avaient écrit des slogans hostiles au régime, inspirés de la révolution égyptienne sur les murs de la ville de Deraa, le 13 mars 2011[1]. A partir du 15 mars, des manifestations de protestations ont lieu à Deraa et à Damas. Elles sont immédiatement réprimées brutalement, les forces de sécurité ouvrant systématiquement le feu sur la foule et faisant plusieurs morts à chaque reprise. Les manifestations s’étendent rapidement à tout le pays, prenant à chaque fois le prétexte des funérailles des manifestants abattus lors des jours précédents et rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes. Un cycle de manifestation-répression s’installe alors au quotidien en Syrie, provoquant chaque jour la mort de manifestants. Les Frères Musulmans dans la foulée de la révolution égyptienne vont immédiatement chercher à instrumentaliser ces manifestations. D’autre part ces manifestations ont probablement une dimension de protestation de la part de la majorité sunnite (75% de la population) contre sa marginalisation et contre la mainmise exercé sur le pays par la minorité alaouite (10% de la population). Mais dans les premiers jours de la révolte syrienne le mouvement qui prend forme est un soulèvement populaire citoyen et spontané. Les slogans de mars 2011 ne sont pas des revendications religieuses ou communautaires : les manifestants demandent avant tout la chute d’un régime dictatorial.

    Bachar Al-Assad, considère alors que sa seule option est de briser le soulèvement populaire. A force de tirer systématiquement dans la foule, il obtient ce qu’il recherchait, l’arrêt des manifestations de rue. Ce faisant le régime va conduire les manifestants pacifiques à se muer en rebelles armés : au cours de l’année 2011, la révolte populaire cède la place à la guérilla. Le 29 juillet 2011, est créée l’Armée Syrienne Libre (ASL) par le colonel déserteur Riyad Al-Assad. Principal groupe armé combattant l’Armée Arabe Syrienne, fidèle au régime, l’ASL regroupe de nombreux déserteurs sunnites de tous rangs venus de l’armée loyaliste mais aussi de nombreux civils. Elle compte environ 100 000 combattants, mais elle pâtit de sa division entre brigades très indépendantes et peu coordonnées. Certaines de ses brigades comme la brigade Al-Tawhid (qui opère à Alep) possèdent une forte identité islamiste : mais l’ASL se veut en théorie laïque et démocratique. De nombreux autres groupes armés, certains djihadistes, émergent en Syrie et se mettent à combattre le régime de façon plus ou moins indépendante de l’ASL. Des combattants étrangers les rejoignent tandis que de nombreuses troupes désertent, y compris des haut gradés (généraux, colonels). De même des membres du gouvernement font défection.

    En parallèle à la situation intérieure, Bachar Al-Assad doit gérer une très forte pression extérieure. Tous les gouvernements occidentaux s’attendent à ce que le régime tombe comme les quatre autres régimes victimes des Printemps arabes. Les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et Israël souhaitent la chute de Bachar Al-Assad pour une raison géopolitique majeure : le régime syrien est en effet le premier allié de l’Iran et le lien vital entre la République Islamique et son bras armée libanais, le Hezbollah. La chute du régime syrien constituera une menace en moins pour Israël à ses frontières en cas de confrontation avec l’Iran. Elle empêchera également le ravitaillement du Hezbollah, en armes, en munitions et en logistique, de la part des Iraniens qui utilisent le territoire syrien pour ce faire. Les Etats arabes du Golfe Persique, en particulier le Qatar et l’Arabie Saoudite, ennemis de l’Iran et hostiles aux chiites, se sont également résolument engagés dès le début de la crise aux côtés des rebelles (le courant alaouite est une dissidence du chiisme mais est fréquemment associée à cette confession). De plus, la Turquie, jusque là alliée de la Syrie, a opéré un complet renversement de position en prenant d’emblée le parti des rebelles contre le régime. En effet, le régime turc, caressant le rêve de retrouver l’influence qui était la sienne au temps de l’Empire ottoman, cherche à utiliser le Printemps arabe en soutenant toute forme de réveil d’un islamo-conservatisme sunnite.

    Confronté à ces menaces extérieures, Bachar Al-Assad n’était pas dépourvu d’atouts. Une intervention extérieure prendrait probablement la forme d’une intervention aérienne ou du moins elle devrait nécessairement être précédée d’une intervention de ce type dans le but de définir une zone d’exclusion aérienne. Or l’armée syrienne, équipée de matériel russe, a particulièrement investi dans la mise en place d’une défense anti-aérienne crédible depuis le raid israélien de 2007 sur la centrale nucléaire d’Al-Khibar. Au-delà des vieux matériels type SA-5, SA-6, SA-7 qu’elle possédait, elle disposerait désormais de missiles anti-aériens SA-17, SA-22 et SA-24 bien plus performants[2]. En abattant un avion d’entraînement turc au dessus des eaux syriennes[3], probablement au moyen d’un SA-22, la Syrie a démontré que malgré les défections dans son armée de terre, elle conservait le moyen de résister à une offensive aérienne. Les états-majors occidentaux ont réalisé qu’il serait bien plus difficile de détruire l’aviation et la DCA syrienne que lors de l’opération en Libye en 2011.

    En mettant fin aux manifestations de masses dans les rues et en affirmant sa capacité à se défendre contre une intervention extérieure, Bachar Al-Assad a réussi à écarter la menace d’une chute rapide de son régime. Sa position reste cependant d’une grande fragilité. En juillet 2012, une double offensive rebelle pénètre au cœur d’Alep et de Damas. Au même moment un attentat majeur décime son état-major et son gouvernement. Le régime vacille. Mais Bachar Al-Assad réussit à stopper les avancées rebelles.



    2. Faire évoluer le contexte géopolitique

    Parallèlement à ses entreprises de résistance intérieure, Bachar Al-Assad a cherché à faire évoluer le contexte géopolitique dans un sens favorable à sa survie sinon à sa pérennité.

    Sa priorité devait être d’éviter une intervention de l’OTAN qui aurait impliqué les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, comme dans le cas libyen de 2011. Il a probablement appris des erreurs commises par Mouammar Kadhafi dans sa guerre contre les rebelles libyens. Kadhafi a cru bon de défier les puissances occidentales de lui faire la guerre (notamment la France). En outre il a d’emblée envoyé ses quelques forces aériennes bombarder les manifestations d’opposants et promis publiquement d’écraser les populations insurgées dans un bain de sang. Or, depuis des années, Kadhafi avait mené une politique consistant à vider l’armée de sa puissance militaire (par crainte d’un coup d’Etat) au profit de sa police politique. Dans ce contexte, les puissances occidentales, certaines de leur supériorité militaire et probablement intéressées par le contrôle du pétrole libyen, n’ont pas eu grand mal à convaincre leurs opinions publiques de la nécessité d’intervenir en Libye, « au nom des droits de l’homme » et en s’appuyant sur des images et des discours soigneusement choisis.

    Evitant ces rodomontades Bachar Al-Assad, lui, s’est « contenté » d’en appeler à la restauration de l’ordre perturbé par les « gangs terroristes » et de ne tirer sur les foules « qu’à » l’arme légère. Le déploiement de force militaire, si on l’analyse bien, ne s’est fait que très progressivement et toujours en parallèle à la montée en puissance des rebelles. Les chars et l’artillerie n’ont été utilisés que lorsque l’ASL s’est emparée de localités d’une certaine importance. L’aviation, elle, n’a été utilisée véritablement qu’au bout d’un an de guerre civile. Ses missiles balistiques restent utilisés avec parcimonie et loin des caméras. Surtout, Bachar Al-Assad a bien compris que l’emploi de son arsenal chimique causerait sa perte et qu’il y a là une ligne rouge, tracée aussi bien par Barack Obama que par François Hollande[4]. Malgré des accusations lancées par les rebelles et confirmées par les Israéliens, l’utilisation de ces armes n’a toujours pas été prouvée à l’heure actuelle. De telles actions si elles ont lieu, se déroulent à petite échelle et loin des médias. Le régime sait que l’emploi de ces armes à grande échelle causerait sa perte. Malgré les discours médiatiques, les Occidentaux sont probablement soulagés de voir que Bachar Al-Assad ne recherche pas la montée aux extrêmes, de crainte d’être forcés d’intervenir dans un conflit qui apparaît de plus en plus épineux. En dépit des prises de paroles de certains dirigeants occidentaux, le déploiement par l’OTAN en Turquie de batteries anti-aériennes[5] (à but purement défensif donc), allemandes et hollandaises, à la frontière avec la Syrie est un signe que les puissances occidentales n’ont pas de stratégie d’intervention directe sur le territoire syrien à l’heure actuelle. La seule véritable action militaire extérieure directe qui ait été effectuée en Syrie reste pour le moment le bombardement par l’aviation israélienne d’un convoi de missiles syriens à destination du Hezbollah. De son côté, malgré ses protestations, le régime syrien sait qu’il ne peut pas riposter à une telle opération sans courir le risque d’être surclassé militairement et d’éparpiller ses forces qu’il concentre contre les rebelles.

    Après avoir écarté la menace d’une intervention extérieure, Bachar Al-Assad s’est également efforcé de rechercher à l’international le soutien diplomatique nécessaire à la poursuite d’une guerre de longue haleine. Il bénéficie aujourd’hui de deux soutiens de poids avec ses alliés russe et iranien. La Russie (suivie diplomatiquement par la Chine) n’a pas digéré la « liquidation » de son partenaire libyen Mouammar Kadhafi par une intervention de l’ONU qui a, selon elle, été détournée pour servir les intérêts occidentaux. C’est pourquoi la Russie bloque toute résolution de l’ONU condamnant le régime syrien. Moscou s’est résolument engagé dans le soutien à Bachar Al-Assad pour une triple raison : il s’agit de conserver la seule base navale à l’étranger dont la Russie dispose (dans le port syrien de Tartous) ; de conserver un partenaire économique majeur (la Syrie est notamment un acquéreur important d’armes russes) ; et enfin d’éviter l’implantation d’un nouveau foyer islamiste qui se rapprocherait du Caucase. En vendant à la Syrie un grand nombre d’armes et munitions à crédit mais également en lui fournissant des renseignements décisifs sur les positions et stratégies rebelles, la Russie est devenue pleinement impliquée dans le conflit syrien.

    L’Iran, lui, a clairement déclaré que la Syrie était « le premier des champs de bataille de la guerre qui s’annonce contre l’Amérique ». Allié alaouite de l’Iran chiite, le régime syrien est aussi le lien principal que l’Iran utilise pour soutenir le Hezbollah. De plus le territoire syrien étant limitrophe d’Israël, l’Iran ne peut se permettre de perdre un tel allié dans l’éventualité d’une confrontation régionale. L’Iran a donc décidé de s’engager pleinement aux côtés de Bachar Al-Assad. En formant des forces spéciales syriennes sur le sol iranien, en formant 50 000 miliciens alaouites (avec un objectif d’en former 100 000) pour les élever au niveau tactique des combattants du Hezbollah[6], en envoyant ses propres forces spéciales Al-Qods combattre sur le front, en ravitaillant largement l’armée syrienne en armes, munitions, médicaments, vivres, logistique, l’Iran est devenu progressivement un des belligérants de la guerre civile qui se déroule en Syrie.

    Enfin, le Hezbollah lui-même s’est récemment engagé lourdement dans la guerre en envoyant 7 000 de ses combattants affronter les rebelles syriens dans les campagnes entourant la ville-clé de Homs et il semblerait que son action soit décisive sur le plan tactique. Cet engagement de l’acteur libanais apparaît cependant lourd de conséquences, rendant possible une extension du conflit au Liban même.

    On peut enfin noter que Bachar Al-Assad reçoit un appui inattendu provenant d’Irak. D’abord par l’envoi de combattants djihadistes chiites venu défendre les intérêts alaouites en Syrie contre les sunnites. En outre, l’Etat irakien lui-même dirigé par les chiites, fait preuve d’une souplesse appuyée quand au transfert d’armes et de matériels logistiques en provenance d’Iran qui transitent par son territoire.

    Bachar Al-Assad, que les médias occidentaux disaient esseulé lors de la première année de la révolte en Syrie, apparaît finalement solidement soutenu par un cercle d’acteurs restreint mais à l’action décisive.



    3. Modifier le rapport de forces intérieur

    Sur le plan intérieur, le régime syrien se comporte avec une grande brutalité depuis le début de la guerre. Après avoir ordonné des tirs dans la foule lors des premières manifestations, arrêté des milliers d’opposants (hommes, femmes et parfois leurs enfants), torturé nombre d’entre eux et fait commettre des massacres par ses milices Chabbiha, Bachar Al-Assad semble avoir depuis opté pour une autre stratégie, tout aussi violente. Le principe en est simple : dès lors qu’un village, un quartier ou une ville passe aux mains des rebelles, l’armée syrienne bombarde lourdement ces zones de façon indiscriminée tuant à chaque fois de nombreuses victimes. Cette politique cruelle peut avoir des résultats surprenants, comme on a pu le constater à Alep : alors qu’un immeuble rempli de civils venait d’être détruit par un bombardement syrien, la réaction immédiate des habitants à été de chasser les combattants de l’ASL implantés dans le quartier[7]. Bachar Al-Assad sait que les rebelles syriens cherchent à s’appuyer sur la majorité de la population syrienne de confession sunnite : s’il veut avoir une chance de l’emporter, il doit rompre le lien entre insurgés et la majorité de la population et conduire les civils par peur des représailles militaires de l’armée syrienne à refuser d’accorder leur soutien aux rebelles. La violence et la cruauté du régime ne sont donc pas « gratuites » et correspondent à un calcul politique froid.

    Par ailleurs, Bachar Al-Assad bénéficie du manque de crédibilité de l’ASL, force d’opposition la plus nombreuse. Il a été prouvé à maintes reprises que les combattants de l’ASL sont bien moins performants militairement que les groupes djihadistes. Les unités de l’ASL combattent de façon totalement indépendante voire anarchique ; elles se repartissent en bataillons très hétérogènes aussi bien au niveau de l’efficacité guerrière que de l’idéologie politique (voire religieuse dans le cas de la brigade islamiste de l’ASL Al-Tahwid qui combat à Alep). Enfin les combattants de l’ASL se livrent fréquemment au pillage et au banditisme provoquant le ressentiment des civils.

    De même le manque de crédibilité de l’opposition politique en exil bénéficie au régime syrien. Sur le plan politique, le Conseil National Syrien (CNS), est la coalition d’opposants en exil. Elle est censée incarner le nouveau régime post-Bachar Al-Assad. Or cette coalition, que François Hollande a le premier reconnue comme le gouvernement syrien légitime, ne cesse de se déchirer entre diverses tendances et de changer en permanence de direction selon l’évolution des rapports de force[8]. Accusé par l’ASL d’être opportuniste et éloigné des réalités du terrain, le CNS est par ailleurs largement dominé par les Frères Musulmans.

    Mais le facteur décisif qui pourrait finalement permettre à Bachar Al-Assad de sortir victorieux de cette guerre civile est l’arrivée en 2012 sur la scène syrienne du Jahbat Al-Nosra. Créé par d’anciens combattants d’Al-Qaïda en Irak, ce groupe djihadiste est composé de Syriens mais également de nombreux étrangers. Il a connu une montée en puissance fulgurante et combat désormais sur toutes les lignes de front, de manière bien plus disciplinée que l’ASL. S’abstenant de piller et de racketter les habitants, équipé d’armements performants par les mécènes du Golfe Persique, faisant preuve d’une ferveur religieuse, ce groupe est devenu une référence pour tous les djihadistes du monde entier comme pour de nombreux révolutionnaires syriens. Par son rôle lors de la prise de la base de Taftanaz et de la ville de Raqqa ou par son implication dans la bataille d’Alep, le Jahbat Al-Nosra apparaît comme un acteur militaire crédible sur le plan tactique, au point de supplanter l’ASL par endroits.

    Mais ce groupe, se revendiquant du salafisme djihadiste et adhérant aux thèses d’Oussama Ben Laden a très vite démontré son caractère radical sur le plan politico-religieux. Il a d’abord commencé par refuser catégoriquement le projet futur du CNS d’instaurer une démocratie en Syrie et a promis au contraire la mise en place d’un califat fondé sur la Charia.[9] Il a ensuite démontré son bellicisme et son intolérance en s’en prenant violemment aux militants kurdes au poste-frontière de Ras Al-Aïn. Sa volonté d’imposer sa vision radicale de la pratique de l’Islam aux habitants a été la cause d’affrontements avec des habitants au nord de la Syrie. A Alep, les djihadistes du Jabhat Al-Nosra font régner la Charia dans plusieurs quartiers aux mains des rebelles et ont commencé à y faire fonctionner des institutions islamistes qui prennent notamment des décisions politiques et judiciaires au plan local. Son extrême violence, qui est la marque des djihadistes sur tous les fronts où ils opèrent, s’illustre par des exécutions systématiques de prisonniers faits au combat et des décapitations filmées d’alaouites ou de chrétiens diffusées ensuite sur internet à grande échelle. Le Jahbat Al-Nosra a commis une erreur stratégique majeure ces dernières semaines en proclamant son allégeance à Al-Qaïda et à son chef Ayman Al-Zawahiri. Le Jahbat Al-Nosra est donc devenu de façon assumée et publique la bannière d’Al-Qaïda en Syrie. Il a également reconnu sa proximité avec Al-Qaïda en Irak mais a réfuté toute subordination à cette dernière souhaitant conserver son indépendance opérationnelle. Bachar Al-Assad s’est donc empressé d’utiliser cette carte en appelant l’ONU à placer le Jahbat Al-Nosra sur la liste des organisations terroristes et a accusé les Etats-Unis et les puissances occidentales de duplicité et de cynisme en prétendant combattre le terrorisme tout en soutenant des djihadistes. En reprenant la propagande djihadiste et en diffusant abondamment les vidéos de décapitation, l’Etat syrien cherche également à amener sa population à penser que le maintien du régime peut s’avérer finalement préférable à une prise de pouvoir des extrémistes. Ce faisant Bachar Al-Assad se prémunit d’une intervention militaire occidentale qui bénéficierait aux djihadistes. Comme l’annonçait un combattant tunisien du Jahbat Al-Nosra : "La vraie bataille, commencera après la chute de Bachar, entre les islamistes et l’OTAN, sous prétexte de la protection des minorités".[10] C’est ainsi que ce développement spectaculaire a eu un premier effet concret dans la politique menée par la France, acteur majeur sur le dossier syrien. Après avoir été le premier à reconnaître le CNS et avoir promis des armes aux rebelles, François Hollande a publiquement renoncé pour le moment à de telles livraisons d’armes en raison du risque qu’elles tombent entre des mains djihadistes.[11] Ainsi, le Jhabat Al Nosra a donc permis à Bachar Al-Assad de tenter d’apparaître, aux yeux des Syriens, du monde arabe, d’Israël et des Etats occidentaux, comme un moindre mal.



    4. Définir une stratégie de sortie par le haut

    Bachar Al-Assad se trouve donc en 2013 en bien meilleure posture qu’en 2012. Peu à peu, son armée, formée pour la guerre conventionnelle contre Israël, a dû s’adapter aux nouvelles formes de combats asymétriques, en adoptant une stratégie de contre-insurrection qui commence à porter ses fruits. Rien n’est encore joué et la situation est plus indécise que jamais. Mais les points qu’il a marqués ces derniers mois peuvent faire légitimement espérer au régime qu’il sorte victorieux de cette guerre.

    Pour cela, Bachar Al-Assad doit proposer une solution de sortie de crise au peuple syrien comme à la communauté internationale. Pour que celle-ci puisse être recevable, il doit s’efforcer de poursuivre plusieurs axes. Le régime doit d’abord continuer à tout faire pour éviter une intervention militaire extérieure et cela passe avant tout par le non-franchissement de la « ligne rouge » que représente l’emploi d’armes chimiques. S’il n’utilise pas ces armes de destruction massive alors il peut espérer que le conflit se règle peu ou prou entre Syriens et à son avantage. Il est d’ailleurs révélateur que les récentes accusations quant à l’emploi de ces armes portées contre le régime arrivent au moment ou celui-ci est en train de rétablir sa situation sur le plan militaire.

    Le régime peut chercher également à vider l’ASL de sa substance militaire pour ne se retrouver confronté le moment venu qu’aux combattants djihadistes. Il a donc intérêt à concentrer sa puissance de feu là où l’ASL est présente en nombre (comme à Homs que le régime est en passe de reconquérir intégralement) et à laisser momentanément le champ libre au Jahbat Al-Nosra (comme à Raqqa que le régime n’envisage pas de reconquérir à moyen terme).

    Les Etats-Unis tentent actuellement d’éviter une telle configuration en ayant formé et armé plusieurs bataillons de l’ASL, qui ont récemment ouverts un nouveau front à Deraa. Le régime a contre-attaqué immédiatement. Si Bachar Al-Assad parvient à installer le Jahbat Al-Nosra comme son adversaire principal, il pourrait parvenir à dissuader les Occidentaux d’intervenir : ceux-ci hésiteront probablement encore longtemps avant de courir le risque de contribuer à installer un Etat dirigé par Al-Qaïda au cœur du Moyen-Orient et à la frontière avec Israël.

    La libération par le régime des djihadistes d’Al-Qaïda emprisonnés, dès les premières semaines de la révolte, participe pleinement à cette stratégie. En ayant commencé par disperser par la force les manifestations pacifiques du début puis en éradiquant l’opposition armée « démocrate » pour faire mener la cause de la révolution syrienne par la bannière djihadiste, Bachar Al-Assad poursuit la politique du pire : elle est peut être de son point de vue la seule valable pour lui permettre de rester au pouvoir.

    Il s’agit ensuite pour le régime de convaincre une majorité sunnite a priori hostile qu’il vaut mieux malgré tout accepter le maintien d’un dictateur alaouite au pouvoir plutôt que courir le risque de voir la guerre se poursuivre. Cette stratégie odieuse aux yeux d’un Occident pacifié a été inscrite en toutes lettres par les milices Chabbiha sur les murs de Damas : « Bachar ou on brûle le pays »[12].

    Bachar Al-Assad estime être désormais en position de proposer une stratégie de sortie « par le haut ». Celle-ci qui peut se définir ainsi : tenir jusqu’aux élections de l’été 2014 et les remporter haut la main après avoir éradiqué toute opposition armée intérieure. Etant donné que l’opposition politique appellera probablement au boycott d’élections auxquelles Bachar Al-Assad participerait, ce dernier n’aurait même pas forcément besoin de truquer massivement les urnes, pouvant s’appuyer sur les franges de la population qui lui restent fidèles. Redevenu « légitime » aux yeux des Syriens comme de la communauté internationale (pas moins en tout cas que tous les autres dictateurs se maintenant au pouvoir de la même manière) il pourrait alors se permettre de « lâcher du lest » en accordant plus de libertés à sa population, une autonomie aux kurdes et se présenter comme garant des minorités religieuses en Syrie (notamment les chrétiens).

    Son discours public du 6 janvier 2013 à Damas où, acclamé par ses partisans, il est apparu calme et souriant, en costume-cravate et proposant d’une voix sereine une « solution politique » à la crise est significatif. Il contraste fortement avec les discours enflammés du colonel Kadhafi où celui-ci, en habit de bédouin, vociférait qu’il allait « exterminer les rats ».

    L’une des conséquences de cette posture « raisonnable » de Bachar Al-Assad, conjuguée à l’entrée en force des djihadistes dans le conflit syrien, est que 61% des Français se déclarent aujourd’hui opposés à la livraison d’armes aux rebelles. Il y a deux ans l’opinion publique française était largement favorable à l’intervention en Libye.

    Utilisant au mieux les cartes dont il dispose, Bachar Al-Assad se révèle être aussi machiavélique politiquement que tenace militairement. Comme le faisait son père, il use largement de la violence comme moyen politique privilégié. Tous les médias français prédisaient une chute rapide du dictateur syrien : elle leur paraît toujours inéluctable, même si le délai s’avère plus long que prévu initialement. Contre toute attente Bachar Al-Assad paraît capable de déjouer ces pronostics et de gagner une guerre « perdue d’avance ».
  5. Anonymous Member

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/syrie-la-legion-francaise-d-assad_1160179.html
  6. Anonymous Member

    La révolution syrienne, seule contre tous

    Posted on 2 mars 2013 by juralib
    Initiée le 15 mars 2011, la révolution syrienne a maintenant un an et demi. Elle s’inscrit dans la série de mouvements, révolutionnaires ou réformateurs, qui contestent les pouvoirs en place dans une vingtaine de pays arabes. La puissance de l’insurrection et l’héroïsme de ses acteurs, la violence de la répression à laquelle ils sont confrontés, tout comme l’isolement auquel ils semblent pour l’instant condamnés, donnent cependant à ce mouvement des traits exceptionnels.
    Banias-avril-2011.jpg
    Banias, avril 2011
    Mouvement de masse, spontané et pendant de longs mois pacifique, la révolution syrienne a commencé à Deraa puis gagné progressivement les autres régions du pays, à l’exception de Damas et d’Alep, qui ne seront touchées qu’au début de l’été 2012. Dans chaque ville ou localité, les manifestants organisaient chaque vendredi, et parfois quotidiennement, des cortèges avec comme slogans principaux « Le peuple veut la chute du régime » et « Liberté ».
    Hommes, femmes et enfants se joignaient aux cortèges. La classe ouvrière, les chômeurs et les couches paupérisés étaient d’emblée le fer de lance de ce mouvement, rejoints par une importante composante estudiantine. Les manifestations, diurnes ou nocturnes, ont été immédiatement réprimées. Le mouvement s’est ensuite étendu aux régions kurdes et à des localités alaouites ou druzes. Vers la fin de l’année 2011, il s’est doublé d’un mouvement de grève générale et de désobéissance civile, inégalement suivies.
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    « Nous ne nous mettrons jamais à genoux ô Bachar » – Kafranbel, mai 2012
    Les soutiens du régime
    Le régime syrien est soutenu activement par un arc de forces allant de la Russie et de la Chine, de l’Iran et du Hezbollah libanais à des appuis plus idéologiques tels que l’ALBA (« Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique », composée notamment de Cuba, du Venezuela, du Nicaragua et de la Bolivie), voire le Jihad Islamique palestinien. Il sait que l’extrême droite antisémite internationale lui est acquise ; après avoir accueilli un criminel de guerre nazi, il entretient avec elle des relations anciennes. Il peut compter sur le silence de l’État d’Israël, ce dernier ayant apprécié ce régime prétendument « anti-impérialiste » qui n’a pas tiré un coup de feu en direction du Golan occupé et qui aura contribué par ailleurs à réprimer les Palestiniens à plusieurs reprises, ainsi qu’à contrôler plusieurs formations palestiniennes. Notons aussi le mutisme d’une kyrielle de formations qui n’ont pourtant pas lésiné sur leur soutien à d’autres révolutions (Parti communiste libanais, Front populaire pour la libération de la Palestine).
    Le régime ne cèdera jamais et persistera dans la répression : arrestations, tortures, disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires, déjà de mise avant la révolution, se multiplient. À l’été 2012, cette répression a fait 20’000 morts, des centaines de milliers de blessés, de disparus, de déplacés ou d’exilés dont l’essentiel se retrouve en Turquie, en Jordanie et au Liban. À la répression sanglante s’ajoutent les tentatives répétées du régime de fomenter une guerre civile sur des bases confessionnelles, en vain puisque des membres des minorités se joignent à la révolution, ainsi que les attentats qu’il provoque et dont il attribue la paternité à des « terroristes salafistes », en vain là-aussi. Sa seule manœuvre ayant connu un début d’aboutissement est son abandon récent de régions kurdes au PYD, branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) basé en Turquie, pour encourager les autres formations kurdes acquises à la révolution à la délaisser, pouvoir concentrer et donc renforcer les forces gouvernementales et, au-delà, fomenter des tensions entre Arabes et Kurdes ainsi qu’une menace contre le régime turc.
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    Kafranbel, fin 2012 ou début 2013
    Auto-organisation généralisée
    La révolution n’en est que plus déterminée. Elle s’auto-organise en coordinations, principalement locales, qui se chargent d’organiser les manifestations, les secours et la médiatisation. En dépit de la répression, le nombre des manifestations ne fait que croître et si le régime ne tombe pas, c’est uniquement sur le plan militaire. Politiquement, il est mort. La révolution se double d’une résistance armée, initiée par des déserteurs ayant emporté le maximum d’armes avec eux, soucieux dans un premier temps de se protéger et de défendre les populations civiles, rejoints au bout d’un an par des milliers de jeunes gens qui ont pris les armes et forment l’essentiel de l’Armée syrienne libre.
    Celle-ci est restée pendant plus d’un an une somme de petites unités sans réelle coordination ou commandement. Et quand ce dernier a vu le jour, c’est en étant déconnecté de toute direction politique.
    Outre les coordinations, les opposants syriens se regroupent en une myriade de structures dont les plus médiatisées à l’étranger, comme le Conseil national syrien (CNS) et le CCNCD (Comité de coordination nationale pour le changement démocratique), n’ont que peu d’audience sur le terrain. Le CNS a été reconnu par les pays « amis de la Syrie » comme le représentant du peuple syrien, ce qui est démenti par le terrain. Cette reconnaissance lui vaut injonction de s’inscrire dans le plan de Kofi Annan de transition négociée et ne signifie en rien un quelconque soutien militaire à la révolution syrienne, de la part de pays par le passé prompts à intervenir.
    Transition négociée ?
    L’économie syrienne est exsangue, les prix flambent et, pour la première fois en juin 2012, des secteurs de la bourgeoisie commerçante affidée au régime ont observé à Damas une grève générale tandis que des gradés commençaient à faire défection et qu’un attentat tuait quatre responsables de la sécurité syrienne. La « défection » récente du général Manaf Tlass s’apparente plus à une volonté de sauver le régime d’Assad en le débarrassant de sa tête.
    Le Conseil de sécurité de l’ONU a vu toutes ses résolutions bloquées par les vétos russes et chinois. À aucun moment, les puissances impérialistes n’ont envisagé une intervention militaire en Syrie. Elles se sont bornées à évoquer des sanctions, dont une série, de type économique ou diplomatique, ont été suivies d’effet.
    D’autres États affichent un soutien à la révolution syrienne (Turquie, Qatar, Arabie Saoudite) et ont rejoint les puissances impérialistes qui partagent un projet de transition négociée avec le régime, préservant ce dernier après le départ du dictateur, dans le but de faire progresser les forces islamistes qui leur sont acquises. L’Arabie Saoudite n’est « révolutionnaire » qu’en Syrie, puisqu’elle a réprimé le mouvement révolutionnaire sur son territoire et dans celui de Bahreïn.
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    Hama, juin 2011
    Une révolution abandonnée à son sort
    L’enthousiasme qui avait suivi les premières révolutions arabes au niveau mondial est largement retombé quand a éclaté et s’est prolongée la révolution syrienne, le processus le plus tenace et le plus héroïque de la région. Les révolutionnaires sont abandonnés à leur sort. Les diasporas syriennes sont partout le fer de lance de la solidarité politique et humanitaire : réseaux d’assistance médicale, envois de convois aux frontières turque et jordanienne, organisations de manifestations de rue dans les cinq continents. Elles ont été rejointes par les organisations de défense des droits de l’homme de par le monde. C’est sur elles que repose l’essentiel de la solidarité – organisation de campagnes sur le long terme, défense de cas individuels, mobilisations de rue. Les alliances internationales du régime démobilisent des milliers de militants « anti-impérialistes » obnubilés par les déclarations du CNS et de ses parrains impérialistes, peu attentifs à la révolution concrète sur le terrain et encore plus aveugles face aux crimes contre l’humanité perpétrés sous leurs yeux.
    Car la plus magnifique révolution de ce début de vingt-et-unième siècle s’accompagne aussi d’un odieux massacre de masse. Il ne s’agit pas seulement de répression d’une révolution telle qu’elle a pu être perpétrée « traditionnellement », dans d’autres pays où l’on a tiré sur des manifestants, mais d’une politique d’extermination systématique de populations civiles, dont les enfants ont déjà payé un lourd tribut. Le monde sait mais reste sans réaction. Les demandes de solidarité affluent pourtant, formulées de tous côtés.
    Alors que des centaines de milliers de civils ont fui pour se réfugier dans les pays limitrophes, ils sont quelques-uns à être parvenus jusqu’en Europe. Selon les chiffres officiels publiés par l’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), ils sont une centaine à avoir demandé l’asile en France depuis le début de la révolution syrienne, soit une centaine de révolutionnaires et de rescapés des massacres dont la majorité est à ce jour SDF. En dépit de leur nombre infime au regard des foules accueillies par les pays voisins de la Syrie, ni les institutions, ni les militants de ce pays ne leur ont ouvert leurs portes.
    Toutes celles et ceux qui luttent pour la justice sociale, la démocratie trouveront dans la révolution syrienne l’occasion de ne pas rester des commentateurs désabusés, mais de prendre leur part dans un combat magnifique dont tous les puissants de ce monde voudraient se débarrasser.
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    http://juralib.noblogs.org/2013/03/02/la-revolution-syrienne-seule-contre-tous/
  7. Anonymous Member

    [Révolution syrienne] « Quoi que vous fassiez, vous ne pourrez jamais tuer ceux qui vivent à nouveau »

    Posted on 16 juin 2013 by juralib
    Syrie. Les manifestations hebdomadaires dénoncent le « projet iranien » et les exécutions sommaires
    Les Comités Locaux de Coordination indiquent que, sous le slogan “Le projet safavide menace la Oumma”, des Syriens ont manifesté, vendredi 14 juin, dans la plupart des villes et villages de Syrie. Dans les messages adressés au monde, ils ont condamné “le silence de la communauté internationale, beaucoup plus préoccupée par ses intérêts que par la mort et les destructions qui affectent l’ensemble du territoire syrien”.
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    “Chaque État a un projet en Syrie.
    Nous n’accepterons que le nôtre” (Qadmous)
    Choqués par l’assassinat à Alep du jeune Mohammed “Salmo” Qatta, que toutes les forces de la révolution syrienne avaient aussitôt dénoncé, les révolutionnaires ont fermement “réprouvé les crimes commis par certains individus, qu’il s’agisse d’arrestations ou d’exécutions sommaires, alors que c’est précisément pour dénoncer ce genre de comportements que le peuple syrien tout entier, las d’être maltraité et méprisé, s’est dressé contre le régime en place”.
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    “Mohammed Salmo… Quoi que vous fassiez, vous ne pourrez jamais tuer ceux qui vivent à nouveau” (Masyaf)
    Ce faisant, les révolutionnaires ont une nouvelle fois affirmé, à la face du monde entier, qu’ils n’étaient pas prêts à garder le silence sur quelque faute que ce soit et qu’ils ne laisseraient personne reproduire sans les dénoncer les erreurs du Parti Baath. Elles avaient conduit la Syrie à la crise dans laquelle elle se débattait aujourd’hui.
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    “Les exécutions sommaires sont des pratiques baathistes. Notre révolution est celle de la liberté et du droit” (Douma)
    À l’initiative des comités de coordination, les habitants de plusieurs localités des gouvernorats de Daraa, Damas campagne, Hama, Tartous, Idlib et Deïr al-Zor, ont également fait le serment de “maintenir au plus haut le moral de leur révolution, qui est celle de la liberté et de la dignité”. Ils ont “promis de ne jamais oublier les prisonniers”. Ils ont enfin redit leur conviction que “la liberté prévaudra bientôt en Syrie, dont le sol a été abreuvé par le sang des martyrs morts pour cette cause”.

    http://juralib.noblogs.org/2013/06/...ourrez-jamais-tuer-ceux-qui-vivent-a-nouveau/
  8. Anonymous Member

    Kafranbel-fin-2012-ou-d%C3%A9but-2013.jpg

    Il va finir comme kadhafi cet enfoiré.
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  9. Roger.Guy Member

    Dézingué par ou sous couvert des "forces spéciales" Françaises parce qu'il aurait pu faire des révélations compromettantes pour monsieur X ?


    cf. : http://www.mediapart.fr/journal/int...-dignitaire-revele-le-circuit-de-largent-noir
    Copié/collé du mail agrandi (pour ceux que cela interesse et qui n'ont pas accès à médiapart)
    ISMAIL.png

    mots clés : amesys ...... pas HS avec la Syrie AMHA.
  10. Anonymous Member

    Les "révolutionnaire", "rebelles", en action. Ceux là même qui sont financés par le Qatar et l'Arabie saoudite, armés par la France et les Etats-Unis pour tuer Bachar Al Assad, déstabiliser le pays et contrôler son territoire.

    La vidéo peut choquer ... ce qui me choque, personnellement, c'est de savoir que notre gouvernement aide ces gens ...

  11. Stigmata88 Member

    Merci de découvrir que les guerres civile c'est sale surtout lorsque tu y rajoute de la religion. Stop la pauvre propagande de Bachar
  12. Anonymous Member

    Ah, ce n'est plus de la propagande d'extrême droite, maintenant, c'est de la propagande de Bachar.

    Bienvenue dans le monde abstrait de Stigmata88, ou le gouvernement syrien créait des mises en scènes de sauvagerie avec des faux rebelles terroristes pour discréditer la révolution de son peuple et faire croire au monde entier qu'il est victime d'une déstabilisation voulue de l'extérieur.

    Si tu suivais un peu l'actualité tu saurais que la guerre civile est terminée depuis longtemps. Les seuls qui restent encore contre Al-Assad sont ces types. Les quelques syriens sunnites qui avaient partagé les rangs de ces fous furieux sont depuis soit morts, soit emprisonnés, soit déserteurs. Parmi les déserteurs il y a des témoignages intéressants qui expliquent à quel point il est impossible pour un véritable musulman de faire alliance avec ces animaux wahhabites, même s'ils partagent plus ou moins le même but (Ici se débarrasser de Al-Assad).
    Sauf que la définition du mot "débarrasser" n'est pas la même pour tout le monde ...
  13. Anonymous Member

  14. Anonymous Member

  15. Anonymous Member

    terminate with extreme means
    no matter what
    body count at the end
  16. Anonymous Member

    Tu prends quel genre de came de synthèse?
  17. benjaltf4_ Member

  18. Stigmata88 Member

    Mec, un jour tu découvrira que les royalistes et tous ce qui a besoin d'un seul chef sont à droite ou à l'extrême droite sur l'échiquier politique.
    La démocratie n'est pas vraiment un truc de droite. Je t'aide:

    Ca a toujours été comme cela, Copé ne l'a pas inventé.
    De la sauvagerie il y en a chez les rebelles comme chez Assad, c'est le principe d'une guerre civile. Faut vraiment être attardé pour croire qu'il y a des gentils et des méchants. Stop les films hollywoodiens.

    Sa propagande: faire croire qu'il est victime d'impérialisme (ce qui est probablement le cas + ou -). Que les rebelles sont des "terroristes" salafistes ultra radicals. Qu'il vaut mieux un dictateur que des extrêmiste religieux.
    Propagande rebelle: Assad est un dictateur et donc il doit tomber car cela prive le peuple de libertés (à moins que tu fasse partie de ceux qui pensent que le peuple a plus de libertés en monarchie absolue). Assad massacre son peuple pour son propre intérêt. Assad est aidé par les puissances impérialistes qu'il arrange (je suppose que tu sais lesquels).
    La population: Voulait une démocratie mais bon préfère ne pas être libre dans une dictature plutôt que de bouffer des balles.

    Si tu ne comprend pas ce qu'il se passe là-bas tu peux toujours lire :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Propaganda_(livre)
    Tout ce qui est en rapport avec les différents conflits: Vietnam, guerre froide, etc...
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Propagande
    Sachant que les pays les plus puissants du monde sont des démocraties... Tu peux lire tout l'article, t'apprendra des trucs.
    Das ton exemple:
    et
    http://www.liberation.fr/monde/2013...poursuit-son-assaut-a-homs-sans-percee_915932
    http://blogs.mediapart.fr/blog/fxavier/020713/syrie-le-conflit-vu-par-alain-gresh
    J'ai pas l'impression que ce soit finit. Quand tu essayera de comprendre les choses autrement que par les mentalités hollywoodienne du qui est gentil ou méchant, alors tu pourra potentiellement comprendre quelque chose.
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  19. Anonymous Member

    Les rebelles syriens détenaient un arsenal suffisant pour détruire un pays.


    Alors que Washington osait confirmer l'utilisation d'armes chimiques par l'armée régulière syrienne sans la moindre preuve, en voilà cette fois qui incriminent clairement les rebelles. Vladimir poutine déclarait déjà il y a deux semaines: "« Moscou dispose d’informations selon lesquelles il existe en Irak, une usine de fabrication d'armes chimiques destinées à l'opposition syrienne. Nous disposons d'informations au sujet de l'arrestation de dissidents syriens en Turquie qui avaient en leur possession des armes chimiques. Nous avons consulté des rapports concernant l'existence d'une usine de fabrication de produits chimiques [en Irak, ndlr] destinées à l'opposition syrienne, ces rapports doivent être pris au sérieux. ». Voici maintenant de quoi prouver ces allégations:

    syrie+barriles.jpg


    RT :

    "Dans la ville syrienne de Banias ont été saisis des produits chimiques dangereux appartenant aux forces de l'opposition. Selon l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, l'arsenal suffirait à détruire une ville ou un pays entier.
    «Les autorités syriennes ont trouvés dans la ville de Banias 281 barils de produits chimiques dangereux», a déclaré Jaafari, soulignant que le repère était gardé par des "groupes terroristes armés".

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    Parmi les substances se trouvaient du polyéthylèneglycol, du mono éthylène glycol, de la monoéthanolamine, de la diéthanolamine et de la triéthanolamine. Actuellement, les autorités syriennes procèdent à des recherches sur l'origine de ces produits dangereux.

    Jaafari a demandé au représentant du Secrétaire général des Nations Unies pour les affaires de désarmement, Angela Kane, et Sellström Åke professeur suédois, qui dirige une équipe de recherche d'attaques chimiques présumés en Syrie, de se rendre en Syrie pour constater les faits.


    "Cette invitation confirme la transparence du gouvernement syrien et son engagement à coopérer avec les Nations Unies dans la recherche de la vérité sur les allégations d'emploi d'armes chimiques» dans le pays, a déclaré M. Jaafari.

    Le diplomate a également souligné que le gouvernement syrien était justement à l'origine de la demande adressée à l'ONU afin d'enquêter sur l'utilisation possible d'armes chimiques dans la ville de Khan al-Assal, près de la ville syrienne d'Alep. Ensuite, des experts et des responsables militaires ont déclaré que la substance chimique, probablement sarin, a été utilisé dans l'attentat du 19 Mars qui a tué 30 personnes."


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    Aussi, Jaafari a rappelé qu'à la fin du mois de mai, la police turque a arrêté 12 membres de l'opposition syrienne appartenant au front Al Nusra (une partie de l'insurrection en Syrie qui est lié à Al-Qaïda) pour possession présumée d'armes chimiques (gaz sarin, plus précisément).

    Selon un communiqué publié lundi par le service de presse de l'ONU, le Secrétaire général Ban Ki-moon, à son tour, «accueillit favorablement l'offre du gouvernement de la Syrie de poursuivre les discussions sur une mission de l'ONU afin d'enquêter sur les plaintes à propos de l'utilisation d'armes chimiques "en territoire syrien, bien que l'équipe d'inspection dirigée par Sellström Åke, refuse d'entrer dans le pays en raison de certaines divergences entre les parties."
    Source: RT
    Traduction Fawkes News
    Petit à petit ... on se rapproche de la vérité. Le Monde, Laurent Fabius, et j'en passe ... vos messies transpirant honnêteté, impartialité, neutralité et désintérêt lucratif risquent de ne plus trop quoi savoir inventer pour poursuivre leurs versions.
    A bientôt pour un prochain épisode ! ;)
  20. Anonymous Member

    qu'il y ait des connards chez les rebelles et qu'ils soient infiltrés par des intégristes ou des organisations terroriste comme Al-Qaida c'est pas nouveau
    mais mettre tout les rebelles dans le même sac et faire l'apologie d'une pourriture comme bachar al assad ça pue sérieusement du cul ...
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  21. Anonymous Member

    C'est Roger Guy qui a fourni toutes les armes aux rebelles Syriens.

    Putain l'enfoiré !
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  22. Anonymous Member

    C'est vrai que faire l'apologie de Laurent Fabius et de sa version c'est nettement mieux.
  23. Anonymous Member

    non c'est pas mieux, ça risque de t'étonner mais dire que Bachar Al Assad est un connard n'empêche pas de penser que Fabius est aussi un connard, que les américains, au même titre que les russes, balancent la propagande qui les arrange
    on peux être contre le gouvernement syrien et ne pas sucer la bite des rebelles, on peux aussi dénoncer les saloperies de certaines factions rebelles intégristes et/ou fanatiques sans sucer la bite de Bachar
    ça s'appelle avoir l'esprit critique et ne pas gober toutes les conneries qui trainent sur le net sous prétexte que les gros médias orientent les infos selon la politique du moment et les lignes politiques qu'ils suivent (c'est pas nouveau, ça a toujours existé)
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  24. Anonymous Member

    les rebelles commenceraient a s'organiser contre les djihadistes !

    Les djihadistes ont perdu l'appui des insurgés syriens


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    Les deux principales formations djihadistes en Syrie sont le Front al-Nosra (notre photo) et l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui ont prêté allégeance au chef d'Al-Qaïda.
    PHOTO ZAC BAILLIE, ARCHIVES AFP

    SERENE ASSIR
    Agence France-Presse
    Beyrouth, Liban
    Au début de la révolte en Syrie, quand les insurgés cherchaient désespérément de l'aide, ils avaient accueilli les djihadistes à bras ouverts. Mais à force d'abus, ces derniers se sont aliénés une grande partie de la population.






    «Dehors! L'État (islamique en Irak et au Levant) doit dégager,» scandaient des manifestants cette semaine à Manbij, dans le Nord, exprimant leur exaspération envers cette organisation affiliée à Al-Qaïda.
    De nombreuses vidéos montrent que de plus en plus de civils et de rebelles appartenant à l'Armée syrienne libre (ASL), principale organisation de l'opposition armée, se retournent contre les factions islamistes les plus radicales.
    Les insurgés qui cherchent depuis plus de deux ans à renverser le président Bachar al-Assad sont composés d'unités disparates, dont beaucoup adhèrent à divers courants islamistes sans toutefois se reconnaître dans les plus extrémistes.
    Les deux principales formations djihadistes en Syrie sont le Front al-Nosra et l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui ont prêté allégeance au chef d'Al-Qaïda.
    Il existe aussi une multitude de groupuscules djihadistes, composés exclusivement de combattants étrangers.
    L'ASL, reconnue par une partie de la communauté internationale, reçoit des armes et de l'argent principalement des pays du Golfe tandis que les djihadistes vivent de dons de riches familles arabes.
    Dotés d'armes sophistiquées, aguerris au combat, ils ont acquis une influence qui dépasse leur nombre en remportant des victoires contre le régime.
    Mais l'engouement du début a laissé progressivement la place au rejet en raison de la forme extrême de leur islam et d'arrestations arbitraires.
    Ils répètent les mêmes erreurs qu'en Irak où, après la prise de pouvoir par les chiites dans le sillage de l'invasion américaine en 2003, les sunnites avaient reçu les djihadistes avec enthousiasme avant de les chasser à cause de leurs abus.
    À Raqqa, seule capitale provinciale aux mains des rebelles, les deux groupes affiliés à Al-Qaïda sont accusés de détenir des dizaines de prisonniers.
    «Ils prétendent être de vrais musulmans, mais les membres d'Al-Nosra détiennent mon père depuis un mois» sans jugement, pleure une fillette lors d'une manifestation dont des images ont été mises en ligne par des militants antirégime. «Je veux qu'ils le libèrent».
    «Nous sommes musulmans. Vous êtes des imposteurs,» crie une manifestante dans une autre vidéo, demandant la libération des détenus.
    Les contestataires de la ville dénoncent aussi la disparition d'un opposant de la première heure et militant des droits de l'homme, Abdallah al-Khalil.
    «Il s'apprêtait à organiser des élections générales à Raqqa, mais Al-Nosra était contre. Il a disparu le lendemain», raconte à l'AFP un militant, qui préfère rester anonyme par peur de représailles.
    «Bien que leurs méthodes ne soient pas les mêmes que celles du régime, ils sont tout aussi brutaux». «À mesure qu'ils deviennent plus puissants militairement, ils restreignent les libertés. Ils veulent le pouvoir, pas la démocratie», maugrée-t-il.
    Dans la province d'Idlib, frontalière avec la Turquie, par où ont transité nombre de djihadistes étrangers rejoignant la révolte, des dizaines de rebelles de l'ASL ont été tués dans une bataille contre les groupes affiliés à Al-Qaïda, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui s'appuie sur un réseau de militants et sources médicales.
    Les combats ont éclaté après que des rebelles ont protesté contre l'arrestation par les djihadistes d'un garçon de 12 ans accusé de blasphème.
    «Nous n'avons pas vu beaucoup de batailles de ce genre, mais il est clair que la colère contre l'EIIL et les autres djihadistes est en train de monter en Syrie», note le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
    Ce cas rappelle l'émoi provoqué par l'exécution d'un garçon de 14 ans par des combattants de l'EIIL à Alep dans le nord du pays, tué pour avoir prononcé ironiquement le nom de Mahomet.
    Selon Rami Abdel Rahmane, l'ASL est prête à une nouvelle confrontation avec ses rivaux djihadistes à Idlib, après que l'EILL a demandé à tous les autres groupes de déposer les armes.
    Pour Nizar, un militant de Deir Ezzor (est): «le temps est compté pour tous ces groupes (djihadistes). Ils utilisent la violence et la religion pour nous contrôler, et même si beaucoup des gens craignent d'afficher leur désaccord, personne ne veut d'eux.»
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  25. Anonymous Member

  26. Stigmata88 Member

    http://blogs.mediapart.fr/blog/mich...an-alpeyrie-raconte-ses-81-jours-de-detention
  27. Stigmata88 Member

    http://bibliobs.nouvelobs.com/docum...d-une-pigiste-perdue-dans-l-enfer-syrien.html
  28. Syrie : la France promet une "réponse proportionnée" et imminente

    Alors que les inspecteurs de l'ONU ont commencé leur enquête sur les accusations de massacre à l'arme chimique près de Damas, le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, a assuré sur Europe 1 que toutes les options restaient "ouvertes" et que la décision concernant une "réponse proportionnée" serait prise "dans les jours qui viennent".
    "Il faut proportionner les réactions, mesurer, agir à la fois avec détermination et avec sang-froid, et c'est ça qui va être arbitré au cours des jours qui viennent. La seule option que je n'envisage pas, c'est de ne rien faire".

    Des entretiens ont eu lieu au cours du week-end entre plusieurs chefs d'Etat, notamment entre François Hollande et Barack Obama. Le secrétaire à la défense américain, Chuck Hagel, a ainsi évoqué une éventuelle intervention militaire mais "uniquement de concert avec la communauté internationale et dans le cadre d'une justification légale".
    Toutefois, divers scénarios ont été présentés lors d'une réunion à la Maison Blanche, dont les détails n'ont pas filtré, pas plus que la date d'une décision éventuelle. Les Etats-Unis ont tout de même décidé de renforcer leur présence navale en Méditerranée avec l'envoi dans la région d'un quatrième destroyer équipé de missiles de croisière.
    L'idée d'une coalition internationale qui passerait outre une prise de position unanime du Conseil de sécurité de l'ONU, où la Chine et la Russie disposent d'un droit de veto, revient de plus en plus. Le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, estime que c'est une possibilité, "car dans le cas contraire il serait impossible de répondre à de tels scandales". La Turquie a indiqué qu'elle était prête à participer à une telle coalition, alors que l'Allemagne, plus vague, a dit qu'elle approuverait une éventuelle "action" de la communauté internationale.

    AL-ASSAD : "LES ÉTATS-UNIS ESSUIERONT UN ÉCHEC"
    Bachar Al-Assad a répondu aux menaces occidentales, lundi, dans un entretien au quotidien russe Izvestia, démentant des accusations d'attaques chimiques "insensées" et promettant à Washington "un échec comme lors de toutes les guerres précédentes qu'ils ont lancées, à commencer par le Vietnam".
    "L'Amérique a mené plusieurs guerres et n'a jamais atteint les objectifs pour lesquels ces guerres ont été déclarées, a ajouté le président syrien. N'ont-ils pas compris que toutes ces guerres n'ont apporté rien d'autre que la ruine et l'instabilité au Proche-Orient et dans d'autres régions du monde ? (...) On ne peut pas être pour le terrorisme en Syrie et contre le terrorisme au Mali. On ne peut pas soutenir le terrorisme en Tchétchénie et lutter contre en Afghanistan. Personne ne réussira à transformer la Syrie en une marionnette des Occidentaux."
    Un haut responsable des services de sécurité a ajouté à l'AFP que "les menaces occidentales de frappe contre la Syrie [entraient] dans le cadre des pressions psychologiques et politiques sur la Syrie, mais dans tous les cas nous sommes prêts à faire face à tous les scénarios".
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    L'option militaire est également rejetée par la Russie. "Satisfaite" de l'accord donné par Damas à une enquête de l'ONU, elle a appelé les Occidentaux à ne pas commettre d'"erreur tragique" en ayant recours à la force, d'autant qu'"[ils] sont incapables de fournir des preuves concernant l'attaque chimique". Une intervention en Syrie aurait des conséquences "extrêmement graves" et serait "une grossière violation" du droit international, a affirmé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Néanmoins, Moscou "n'entrera pas en guerre".
    "Si les Etats-Unis franchissent cette ligne rouge, il y aura de dures conséquences pour la Maison Blanche", a ajouté l'Iran. La Chine, elle, a préconisé "la prudence, afin d'éviter toute ingérence". "Seule une solution politique peut résoudre la crise syrienne", a déclaré le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, dans un communiqué officiel.

    source :
    http://www.lemonde.fr/proche-orient...e-a-l-echec-assure-al-assad_3466203_3218.html

    à voir ... si la situation se propageant au Liban peut faire un temps soit peu éveiller la conscience de nos plus hauts conseillés ...

    proverbes anonymous :
    Les anonymes ne meurent pas en vain , quelque soit leur nation ...
  29. En cherchant un peu sur le site de l'ONU ...
    Un chiffre est tombés pendant nos deux mois de congés payés ...
    C'est 5000 morts par mois en Syrie ...
    C'est 5000 âmes par mois dont vous ne connaitrez peut être jamais le nom ...
    anecdotique !
    proverbe perso : ou se cache la valeur de l'anonymat quand le combat est légitime !?
  30. Anonymous Member

    Bachar El-Assad : "La Syrie ne deviendra jamais la marionnette de l'Occident"

    Le quotidien russe Izvestia a recueilli une longue interview du dictateur syrien plus que jamais droit dans ses bottes. Intervention américaine, utilisation d'armes chimiques, relations avec la Russie, conférence Genève-2... En voici les principaux moments.


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    A Damas, Bachar El-Assad donne une interview au quotidien russe Izvestia. - AFP / HO / SANA
    Monsieur le président, la question d'actualité la plus brûlante aujourd'hui est la situation en Syrie. Quels sont les territoires qui restent sous le contrôle des insurgés ?

    Notre terre n'est occupée par aucun ennemi. Nous avons affaire à des terroristes qui pénètrent dans nos villages et la périphérie de nos villes. Ce sont des criminels qui tuent des citoyens innocents et détruisent des infrastructures. L'armée et la police tentent de les déloger des agglomérations, et de les anéantir. Ceux qui parviennent à survivre passent sur d'autres territoires et se joignent à d'autres bandes de criminels. Les combats ne cessent à cause du nombre impressionnant de terroristes qui débarquent en permanence sur le territoire de la Syrie. Chaque mois, ils sont des dizaines de milliers à affluer, et leur financement et leur armement depuis l'étranger ne se tarissent pas non plus.

    Notre entretien va être traduit dans de nombreuses langues, de nombreux chefs d'Etat, dont certains sont vos adversaires, vont le lire. Que voulez-vous leur déclarer ?

    Parmi les chefs d'Etat, il y a aujourd'hui de nombreux politicards, et peu de dirigeants. Le fait est qu'ils ne connaissent pas l'histoire et n'en tirent pas les leçons. Certains oublient même le passé très récent. Ont-ils appris quelque chose des cinquante dernières années ? Ont-ils seulement feuilleté les documents de leurs prédécesseurs qui ont perdu toutes les guerres depuis celle du Vietnam ? Ont-ils compris que toutes ces guerres n'ont apporté que destruction et instabilité au Proche-Orient et dans d'autres régions du monde ?
    C'est précisément à ces hommes politiques que je voudrais expliquer que le terrorisme n'est pas un atout que l'on peut sortir de sa poche, l'utiliser comme bon vous semble, puis le remettre en place. Le terrorisme, c'est comme un scorpion qui pique n'importe quand. Par conséquent, il ne faut pas être pour le terrorisme en Syrie et contre lui au Mali, le soutenir en Tchétchénie et le combattre en Afghanistan. Certains chefs d'Etat occidentaux feraient bien de ne pas s'immiscer dans les affaires d'autres pays en y instaurant leurs régimes fantoches, mais de prêter l'oreille à leur opinion publique.
    Puisque vous insistez pour que je m'adresse au monde, alors j'affirme que si quelqu'un rêve de faire de la Syrie une marionnette de l'Occident, c'est perdu d'avance. Nous sommes un Etat indépendant et nous combattrons le terrorisme, nous serons libres d'avoir des relations avec qui bon nous semble, dans l'intérêt du peuple syrien.

    La Syrie est accusée d'avoir employé des armes chimiques. Que répondez-vous à cela ?

    Les déclarations de politiciens américains, occidentaux et d'autres pays sont des insultes au bon sens et trahissent leur mépris pour leur opinion publique. C'est absurde : d'abord, on brandit des accusations et ce n'est qu'après qu'on rassemble des preuves. Et cela est le fait d'un pays puissant, les Etats-Unis. Mercredi, nous sommes accusés et, deux jours plus tard, le gouvernement américain annonce le début de la collecte des preuves. On accuse notre armée d'avoir utilisé des armes chimiques dans la région qui se trouverait sous le contrôle des insurgés. Mais, en fait, il n'y a pas de ligne de front nette entre l'armée et les insurgés dans cette région. Pensez-vous vraiment qu'un Etat puisse utiliser des armes chimiques ou toute autre arme de destruction massive dans un lieu où sont concentrées ses troupes ?
    En ce qui concerne les enquêtes sur les crimes de guerre en Syrie, nous avons été les premiers à demander l'arrivée d'une commission internationale. Lorsque les terroristes ont lancé une roquette au gaz toxique sur Alep, nous avons demandé la visite d'experts étrangers. Nous nous étions mis d'accord avec la Russie pour que les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne se convainquent eux-mêmes que ce n'était pas nous, mais nos adversaires qui avaient utilisé des armes chimiques. Ces dernières semaines, nous avons négocié avec les Nations unies la création d'une commission, et des spécialistes sont enfin arrivés. Les résultats de leur travail seront présentés à l'ONU. Nous espérons que la Russie n'autorisera pas d'interprétation de ces documents favorable à la politique américaine et occidentale en général.

    Les Américains n'excluent pas de mener des opérations militaires en Syrie. Permettrez-vous que les Etats-Unis agissent comme ils l'ont fait en Irak, en essayant de trouver un prétexte pour intervenir ?

    Depuis le début de la crise, les Etats-Unis, la France, et la Grande-Bretagne ont tenté d'intervenir militairement mais, malheureusement pour eux, l'affaire a pris un autre tour. Ils ont essayé de convaincre la Russie et la Chine de changer de position au Conseil de sécurité, mais ils n'y sont pas parvenus. Ils n'ont pas pu convaincre leur opinion publique, ni le reste du monde. Il est apparu aussi que la situation ici est bien distincte de celle de l'Egypte et de la Tunisie. Ils ont compris qu'ils ne contrôlaient pas leur scénario. Il y a encore un obstacle à cette intervention : tout le monde a compris que ce qui se passe en Syrie, ce n'est pas une révolution populaire, ni l'expression de la volonté de réformes. C'est du terrorisme. Les dirigeants occidentaux ne peuvent pas dire à leur population : ''Nous allons en Syrie pour soutenir le terrorisme."

    A quoi se heurteront les Etats-Unis s'ils se décident tout de même à frapper la Syrie ou même à y intervenir ?

    Les Etats-Unis doivent s'attendre à un échec, comme dans toutes les guerres qu'ils ont déclenchées depuis celle du Vietnam. L'Amérique n'a pu ni convaincre sa propre population multiethnique du bien-fondé de ces guerres, ni imposer son idéologie à d'autres contrées.

    Que se passera-t-il si la Russie cède à la pression des Américains ? Avez-vous envisagé un tel scénario ?

    Il ne faut pas examiner les relations russo-américaines d'aujourd'hui uniquement à travers le prisme de la crise syrienne. Les divergences de position à ce sujet ne représentent qu'un des motifs de leurs désaccords. Après la chute de l'URSS, les Américains ont pensé que la Russie était finie. Mais, à la fin des années 1990, avec l'arrivée de Vladimir Poutine, la Russie a repris du poil de la bête et s'est mise à défendre plus âprement ses positions. Une nouvelle guerre froide a commencé pour l'influence politique. Les Etats-Unis avançaient sur plusieurs fronts, s'efforçant de bloquer les intérêts russes à travers le monde.
    La Russie n'est pas en train de défendre le président Bachar El-Assad ou son gouvernement. Elle défend des principes qui sont les siens depuis au moins cent ans : des principes d'indépendance et de non-ingérence dans les affaires intérieures d'autres Etats. Par ailleurs elle défend ses intérêts dans la région, et c'est son droit. Ses intérêts ne se limitent pas au port de Tartous [deuxième port de Syrie, où la Russie possède une base navale], ils sont beaucoup plus larges : le terrorisme met en péril la stabilité de l'ensemble du Proche-Orient. Et cette instabilité peut avoir des répercussions sur la Russie.

    Menez-vous des pourparlers avec la Russie sur des livraisons de carburant, armes et autres marchandises ? Les systèmes russes de missiles sol-air S-300 vous ont-ils été livrés ?

    Je tiens à dire que tous les contrats signés avec la Russie sont honorés. Ni la crise, ni la pression des Etats-Unis, de l'Europe ou des pays du Golfe n'ont empêché qu'ils le soient. La Russie livre à la Syrie tout ce qui est nécessaire à sa défense et à la défense de son peuple. Les sanctions économiques actuelles privent les citoyens syriens de produits de première nécessité, indispensables à la survie – aliments, médicaments et carburant. Et par conséquent tous les contrats que signe l'Etat syrien avec la Russie et d'autres pays alliés visent à pallier ce manque.

    Monsieur le président, qui pouvez-vous qualifier de principaux alliés et de principaux adversaires ?

    Nos principaux alliés sur la scène mondiale sont la Russie et la Chine ; au niveau régional, l'Iran. Mais je peux vous dire qu'une évolution positive se dessine dans le monde : certains pays qui étaient radicalement contre nous sont en train de changer de point de vue, d'autres renouent carrément leurs relations avec la Syrie. Et il y a aussi des pays qui nous soutiennent indirectement.
    En revanche, le Qatar est le sponsor des terroristes, et la Turquie les entraîne et leur ménage des points de passage. L'Arabie Saoudite a pris le relais du Qatar comme sponsor du terrorisme. C'est un Etat qui ne possède que de l'argent. Or celui qui ne possède que l'argent ne peut créer de société civilisée, ni soutenir la paix. Malheureusement, un grand pays comme la Turquie, jouissant d'une position stratégique et d'une société progressiste, est dirigé par l'un des pays du Golfe. Et le Premier ministre Erdogan est le seul responsable de cette situation. Pas le peuple turc, avec lequel nous partageons beaucoup de traditions et un même héritage historique.

    Qu'attendez-vous de la conférence Genève-2 ?

    Qu'une pression soit exercée sur les pays qui soutiennent le terrorisme en Syrie. Ils doivent arrêter la contrebande d'armes et l'envoi de terroristes-mercenaires. Quand ce pas aura été franchi, il sera beaucoup plus facile d'entamer la discussion avec toutes les parties syriennes sur un nouveau modèle d'Etat, de législation et de Constitution.

    http://www.courrierinternational.co...-jamais-la-marionnette-de-l-occident?page=all
  31. pendant la guerre on rigole encore https://www.facebook.com/dieudonneofficiel
  32. Anonymous Member

    Dieudonné est lié à des organisations louches, antisémites voir criminelles (réseau Voltaire, Nation Of Islam (qui sont des amis à la scientologie))...
    Bref ce connard facho est mal placé pour l'ouvrir.
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  33. Anonymous Member

    Frappe militaire en Syrie : "Assad va-t-il continuer de massacrer son peuple en toute impunité " ?

    Pour Jean-Pierre Filiu, spécialiste du Moyen-Orient contemporain, la communauté internationale doit maintenant "mettre ses actes en accord avec ses discours"

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    La ville de Deir-Es-Zor, dans l'est de la Syrie, dévastée par les violents affrontements qui durent depuis mars 2011. (AFP AHMAD ABOUD)


    Une intervention militaire en Syrie des grandes puissances occidentales, Etats-Unis, France et Grande-Bretagne en tête, semble "imminente" aux dires des chefs d'Etat. Ceci malgré les avertissements des alliés du régime de Damas, la Russie et l'Iran. Professeur d'histoire du Moyen-Orient contemporain à Science-Po Paris, Jean-Pierre Filiu a séjourné en juillet dernier dans les zones tenues par la révolution au nord de la Syrie. Son regard sur le conflit en cours est sans concession.
    SudOuest.fr. Pensez-vous les états occidentaux à même de mener une opération militaire en Syrie ? Ou est-ce une nouvelle tentative d'intimidation ?
    Jean-Pierre Filiu. Il faut, je crois, poser plutôt la question de savoir si Bachar el-Assad va continuer en toute impunité de massacrer son propre peuple. Les preuves de crimes de guerre s’accumulent depuis plus de deux ans et cela fait bien longtemps que les organisations de défense des droits de l’homme ont accusé le régime syrien de "crimes contre l’humanité".
    C’est la Russie, complice de ces crimes par son soutien inconditionnel à la barbarie d’Assad, qui est directement responsable de l’impasse actuelle, et donc de l’escalade pour l’heure purement verbale de ces derniers jours. Il aura fallu qu’une telle pression soit exercée pour que Bachar al-Assad autorise enfin les inspecteurs de l’ONU à enquêter sur les sites des frappes du 21 août. C’est bien la preuve que cette dictature, loin de pouvoir contribuer à une solution, représente elle-même le cœur du problème.
    Cette intervention est-elle souhaitable compte-tenu des tensions internationales ?
    La communauté internationale est placée devant ses responsabilités collectives, de même que chacun de ses Etats membres est dorénavant contraint de mettre ses actes en accord avec ses discours. C’est le cas des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France, mais aussi de l’Allemagne, de la Turquie ou de l’Arabie.
    Les bases ayant tiré les charges chimiques sont sans doute sur la liste des cibles envisagées, de même que les rampes de lancement de missiles balistiques SCUD. On semblerait s’orienter vers une vague de bombardements limités, en vue de sanctionner la violation par la Syrie de la prohibition des armes chimiques, prohibition dont la France est la garante depuis le protocole de 1925. Moscou et Téhéran déchaîneront en ce cas leur propagande, mais pourront difficilement réagir plus concrètement à ce coup ponctuel porté au dictateur syrien. Ne rien faire encouragerait en revanche Bachar al-Assad à amplifier ses bombardements non-conventionnels, en Syrie comme dans les pays voisins.
    L'action des puissances occidentales est-elle souhaitée par les populations ?
    Cela fait plus de deux ans que des révolutionnaires syriens m’avaient confié avec amertume : "Si l’Occident ne veut pas nous aider, que ses dirigeants aient au moins la décence de se taire". Or c’est tout le contraire qui s’est passé, avec la multiplication de déclarations sur l’armement de l’insurrection syrienne ou des "fuites" savamment orchestrées dans la presse occidentale, sans que rien de tout cela ne se traduise sur le terrain.
    Il faut avant tout démontrer que le monde n’a pas complètement abandonné le peuple syrien à son sort. Si la lutte de ce peuple pour sa libération est légitime, alors il n’y a aucune raison de lui refuser les moyens militaires de la mener jusqu’au bout. C’est cela qu’attendent les Syriennes et les Syriens. Ils ont pour leur part démontré avec un courage admirable leur détermination à renverser le tyran, et ils ne demandent à personne de le faire à leur place.
    Jean-Pierre Filiu
    Jean-Pierre Filiu est professeur des universités à Sciences Po (Paris). Historien et arabisant, il a aussi enseigné dans les universités de Columbia, à New York, et de Georgetown, à Washington. Il a publié en 2013 « Le Nouveau Moyen-Orient, les peuples à l’heure de la révolution syrienne » (chez Fayard), ainsi que « Le Printemps des Arabes », un roman graphique dessiné par Cyrille Pomès (chez Futuropolis).

    http://www.sudouest.fr/2013/08/27/f...son-peuple-en-toute-impunite-1152005-4803.php
  34. Anonymous Member

    Syrie : où nous emmène Jean-Pierre Filiu ?

    Monsieur Paoli,

    Jean-Pierre Filiu, historien omniprésent sur France Inter et sur la question syrienne, était encore invité ce dimanche 5 mai et cela grâce à vous, dans votre émission 3D. Jean-Pierre Filiu a pu y répandre sa vision de la situation, particulièrement manichéenne. Savez-vous, monsieur Paoli, que de nombreuses preuves le contredisent ?
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    Soulagement après que les rebelles aient été chassés de Sbeneh (Syrie, septembre 2012). (source)

    Peu de journalistes entrent en Syrie, conséquence du fait que pendant la guerre de Libye, l’OTAN a utilisé cette couverture pour introduire des agents de renseignement qui guidaient les bombardements. Il est dès lors difficile pour le public occidental de se faire une opinion fiable sur la situation. Cependant, un petit nombre de journalistes et d’enquêteurs indépendants ont tout de même pu entrer en Syrie, avec l’autorisation du gouvernement. Monsieur Paoli, nous attirons ici votre attention sur quelques-uns de ces enquêteurs et sur les informations qu’ils rapportent, car elles contredisent absolument le récit du “spécialiste” Jean-Pierre Filiu.

    Source 1 : Françoise Wallemacq (RTBF)

    Françoise Wallemacq est journaliste à la RTBF, l’équivalent de France Télévisions en Belgique. Elle s’est rendue en Syrie en novembre 2011. (1)

    Source 2 : Karim Baïla (les inRocKs)

    Karim Baïla est journaliste et grand reporter. Il est allé en Syrie en décembre 2011, notamment à Damas, et a publié un “Carnet de route” dans les inRocKs. (2)

    Source 3 : Christophe Lamfalussy (La Libre Belgique)

    Christophe Lamfalussy est journaliste. Il est parti en reportage pour La Libre Belgique à Qusayr, en Syrie, en novembre 2011. (3)

    Source 4 : Pierre Piccinin

    Pierre Piccinin est historien et politologue. Il s’est rendu en Syrie à plusieurs reprises, à partir de 2011, où il a pu se rendre à la fois dans les zones contrôlées par le gouvernement et par les rebelles. (4)
    Après une expérience traumatisante dans une prison syrienne, en mai 2012, où il a été détenu par erreur et soumis à la torture, il a quitté sa neutralité et pris fait et cause pour la rébellion. (5) Nous considérerons ici uniquement les faits que Pierre Piccinin a pu rapporter, en l’occurrence antérieurs à ce virage compréhensible, et saluons son immense courage pour son implication dans un dossier aussi difficile.

    Source 5 : Adnan Azzam

    Adnan Azzam est un auteur franco-syrien, chevalier de l’ordre national du mérite et fondateur d’un parti politique syrien. Il vient de passer deux ans en Syrie. (6)

    Source 6 : Clap 36

    Auteur de documentaires, l’association indépendante Clap 36 s’est illustrée par son opposition à toute ingérence étrangère lors du conflit libyen. Elle s’est rendue en Syrie fin 2011 et en a rapporté un documentaire, “(Dé)montage syrien”. (7)

    Source 7 : Soeur Marie Agnès-Mariam de la Croix

    Religieuse chrétienne, Soeur Marie Agnès dirige un monastère en Syrie, où elle vit depuis 18 ans. Ce monastère reçoit de nombreux visiteurs et constitue de ce fait un poste d’observation privilégié. (8)

    Source 8 : le CIRET-AVT et le CF2R

    Ces deux associations indépendantes, spécialisées respectivement dans le terrorisme et le renseignement, ont envoyé en décembre 2011 un groupe d’analystes en Syrie, parmi lesquels des personnalités aussi prestigieuses que Richard Labévière, ancien rédacteur en chef à Radio France Internationale, et Eric Denécé, directeur du CF2R et auteur du volumineux “La face cachée des révolutions arabes” aux éditions Ellipses. Le groupe a pu rencontrer l’opposition politique. (9)

    Source 9 : la Mission d’observation de la Ligue Arabe

    La Mission d’observation a été créée par la Ligue Arabe avec pour objectif de trouver une solution politique au conflit. Sa présence en Syrie va de décembre 2011 à janvier 2012. Son rapport nous intéresse d’autant plus que la Ligue Arabe est majoritairement constituée de pays hostiles au gouvernement de Bachar el-Assad et que la mission fut imposée à la Syrie. (10)

    Une population terrorisée par les rebelles

    TOUTES ces sources, monsieur Paoli, décrivent une population terrorisée par la rébellion (pas par l’armée !), c’est-à-dire une situation diamétralement opposée au récit que font M. Filiu et beaucoup d’autres “experts”. La raison du rejet des rebelles par la population tient dans le fait que la rébellion a fait très tôt usage d’armes lourdes et mené une véritable guerre, dont furent victimes aussi bien les militaires que les civils et les infrastructures. Devant un tel afflux de violence, l’opposition politique (à distinguer de l’opposition armée), qui initialement espérait des réformes, s’est vite retournée vers le président Bachar el-Assad, à qui elle a logiquement demandé protection. Dès lors, l’armée régulière mène un travail héroïque pour chasser les terroristes (puisque tel est le terme utilisé pour désigner les rebelles, en Syrie) et restaurer la sécurité des populations.

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    Joie des enfants après l’arrivée de l’armée régulière à Idleb (Syrie, septembre 2012).


    Les syriens soutiennent leur président

    À son retour de Syrie, Françoise Wallemacq témoigne : « J’ai le sentiment que la grande majorité des Syriens soutient encore le président Bachar El-Assad » (11) Le CIRET-AVT – CF2R est légèrement plus nuancé : « Certes, le régime syrien n’est pas un modèle démocratique, mais tout est mis en oeuvre par ses adversaires afin de noircir encore le tableau, afin d’assurer le soutien de l’opinion internationale à l’opposition extérieure et justifier les mesures prises à son encontre, dans l’espoir d’accélérer sa chute. Cette falsification des faits dissimule à l’opinion mondiale le soutien que la majorité de la population syrienne apporte – souvent à contrecoeur – au régime (…) ».

    Même surprise chez Karim Baïla. Arrivé à Damas alors que les médias occidentaux dépeignent une répression sanglante, Karim Baïla écrit : « On a l’impression qu’il ne se passe rien ici. Les terrasses des cafés sont bondées. » Et d’enregistrer des professions de foi favorables au président Bachar el-Assad.

    Pierre Piccinin, venu voir les « manifestations gigantesques » de l’opposition décrites par les médias occidentaux, ne voit que quelques maigres rassemblements « épisodiques » de « quelques centaines de personnes seulement, quelques milliers parfois », limités à « quelques quartiers périphériques des grandes villes ». À Hama, où il se trouve, il constate que les manifestations se passent dans le calme : « L’armée n’est pas intervenue ; il n’y a pas eu de violence. »

    Même constat de la Mission d’observation de la Ligue Arabe au sujet des différentes manifestations : « Les partisans comme les adversaires de l’autorité n’ont été soumis à aucune répression. »

    Les manifestations de soutien

    Témoin de manifestations favorables au gouvernement, Françoise Wallemacq rapporte : « Je ne peux pas croire que ces gens soient payés pour descendre dans la rue et manifester leur soutien à leur président avec le sourire. Il me semble que c’est difficile de manipuler une telle ferveur populaire, un tel soutien de la population. »

    Le CIRET-AVT – CF2R appuie : « un nombre très important de Syriens participe sans contrainte » à ces manifestations de soutien.

    Rappelons que le référendum constitutionnel organisé par Bachar el-Assad en février 2012, soit un an après le début de la crise, a connu un double succès : à la fois dans son issue (le “oui” a gagné à 90 %) et dans son taux de participation (57 %). (12) Depuis un an, rapporte Adnan Azzam, quinze partis ont été créés en Syrie. Le multipartisme est désormais une réalité.

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    Militaires et civils improvisent une danse à l’issue d’une manifestation de soutien au gouvernement. Imaginerait-on pareille scène si l’armée tuait la population ? (source : Clap 36)


    Des rebelles armés jusqu’aux dents

    Il est peu usuel que les populations stockent à domicile des armes et munitions de guerre : bombes thermiques, missiles anti-blindage, explosifs, etc. On trouve plutôt dans les habitations des livres, des vêtements et autres objets inoffensifs. Dès lors, la question qui vient à l’esprit est de savoir comment les rebelles se sont retrouvés, dès les premiers heurts, équipés de telles armes. Car les rebelles sont armés – et lourdement.

    Le CIRET-AVT – CF2R s’étonne que les rebelles se soient armés aussi vite : « Dès le 18 mars, soit trois jours après le début du mouvement, des armes de guerre ont été repérées non seulement à Deraa, mais aussi à Homs, Hama et dans différentes agglomérations proches de la frontière turque. » À Homs, « les groupes armés ont commencé des opérations dès mai 2011. (…) Ainsi, le 8 décembre 2011, des éléments armés ont attaqué la raffinerie de Homs pour aggraver les pénuries afin d’attiser le mécontentement populaire. »

    Françoise Wallemacq constate les effets de ces armes terribles : « J’ai vu des blessés, dans les hôpitaux de Homs, qui étaient blessés par des armes lourdes. C’était des militaires, des soldats des forces de l’ordre, qui étaient blessés par des éclats de shrapnels, d’armes lourdes. »

    Christophe Lamfalussy constate également qu’on est loin de manifestations pacifiques. « “En vingt jours, explique un colonel, cinq militaires ont été tués ainsi que trois civils nous soutenant.” (…) [Les rebelles] instillent un climat de terreur, poursuit le haut gradé. Un homme a été tué parce qu’il louait sa voiture à l’Etat. Un autre, un chauffeur de taxi, reconduisait le personnel de la municipalité vers leurs domiciles. Il a été tué également. Il n’a pas été tué parce qu’il était chrétien, mais parce qu’il travaillait pour l’Etat. Même les éboueurs sont liquidés.” »

    Lors d’une conférence à Paris intitulée “La France se trompe d’amis”, Adnan Azzam rapporte que les attentats contre les bus et les arrêts de bus sont quotidiens en Syrie. Les populations vivent l’enfer.

    Soeur Marie Agnès précise le mode opératoire des attentats : « Dernièrement, après les grandes voitures piégées, les grands attentats à la voiture piégée qui faisaient à chaque fois entre 20 et 100 morts, on est passés à un autre diapason : c’est celui des petites bombes, les bombes mobiles, qu’on colle dans des bus de transport public ou bien aux angles des rues. Et là, c’est un terrorisme qui est infligé à la population innocente et civile. Et alors, indistinctement, ce sont des hommes, des femmes, des enfants, comme l’attentat qui a eu lieu dans le bus d’une école où 29 enfants ont été totalement déchiquetés par l’explosion. »

    Adnan Azzam évoque le phénomène des enlèvements. Si la rançon ne parvient pas assez vite aux rebelles, ceux-ci envoient des doigts ou une jambe coupés aux familles. Si la famille ne parvient pas à réunir la somme exigée, elle retrouve le cadavre de son fils ou de son père dans une poubelle.

    Soeur Marie Agnès parle des rebelles comme de « bandits (…) dont la finalité est uniquement de s’enrichir (…) : à base d’enlever les gens, de les séquestrer, de demander des rançons, de voler, de violer, de détruire, de piller. À la longue, la population demande l’intervention de l’armée régulière et je suis témoin que cette intervention se laisse attendre. Et entre temps, il y a beaucoup de dommages dans la population civile, beaucoup de morts, beaucoup de personnes assassinées ciblées parce qu’elles sont des fonctionnaires ou bien des artisans qui maintiennent le cours de la vie civile ». Mais quelle logique guide donc la rébellion ?

    Lorsque Karim Baïla demande à un policier si l’armée tue des civils, celui-ci répond : « “Nous, nous tuons les terroristes. Hier, des dizaines de combattants venus du Liban ont investi le quartier pour en découdre avec nous. Ils s’habillent en militaires et sèment la terreur. Nous avons passé une nuit infernale.” » Le policier ajoute : « “Quel intérêt aurions-nous à tirer sur la population ? Nous serions tellement mieux dans nos casernes ; nous ne voulons pas la guerre civile.” »

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    Des démocrates ? (source)


    La Mission d’observation de la Ligue Arabe enfonce le clou : « Après son arrivée à Homs, le chef de mission a immédiatement rencontré le Gouverneur de la ville qui a expliqué qu’elle souffre de la propagation de la violence du fait des groupes armés, des cas d’enlèvements, des actes de sabotage des installations étatiques et civiles, du grand manque de nourriture en raison du siège imposé par les groupes armés dont le nombre est estimé à 3 000 membres. Le Gouverneur de la ville a souligné l’échec de toutes les tentatives pour arriver à une accalmie (…) ». Les rebelles ne sont pas équipés de simples revolvers : « La Mission a observé dans les deux secteurs de Homs et Hama des actes de violence du fait des groupes armés contre les forces gouvernementales, qui ont fait des tués et des blessés parmi les troupes gouvernementales. Dans certaines situations, les forces gouvernementales ont recours à la violence comme réaction aux attaques perpétrées contre ses membres. Les observateurs de la mission ont noté que les groupes armés ont recours aux bombes thermiques et aux missiles anti-blindage. » Mais d’où viennent ces armes ? Les attaques des rebelles font, par ailleurs, preuve de peu de discernement : « La Mission a été témoin dans les secteurs de Homs, Idlib et Hama d’actes de violence contre les troupes gouvernementales et contre les citoyens, entraînant de nombreux décès et blessures. C’est le cas de l’explosion de l’autobus civil, tuant huit personnes et blessant plusieurs autres, dont des femmes et des enfants ; (…) l’attaque à l’explosif du pipeline de carburant (…) ». Monsieur Paoli, pourquoi des démocrates sincères déchaîneraient-ils une telle violence contre leurs compatriotes ?

    En route vers un Califat islamique ?

    Le comportement étrange des rebelles prend tout son sens lorsque l’on sait que, selon de nombreuses sources, ceux-ci sont souvent étrangers : saoudiens, libyens, afghans, tunisiens, égyptiens, irakiens, qataris, turcs, libanais, mais aussi russes, espagnols, britanniques, français, etc. (8) (13) (14) (15) Ils arrivent dans les pays voisins et franchissent clandestinement la frontière.


    Soeur Marie Agnès détaille ces flux : « Nous avons ainsi quatre foyers sensibles dans la carte syrienne. Un foyer qui est infiltré par la Jordanie sunnite, un foyer qui est infiltré par la Turquie sunnite, un foyer qui est infiltré par l’Irak sunnite, c’est-à-dire les sunnites de l’Irak, et un foyer qui est infiltré par le Liban sunnite. » (7) Elle n’exclut pas la présence de Syriens : « Ces gens-là, alors il y a une minorité qui provient des provinces de Syrie, surtout les campagnes. Il y a aussi certains jeunes éduqués qui ont versé dans ce wahhabisme, par conviction religieuse. Le tiers de ces bandes, de ces groupes armés est étranger, et donc ce sont des mercenaires, ou des volontaires, qui viennent de divers pays comme l’Arabie Saoudite, la Libye, la Tunisie, le Maroc, le Soudan, la Somalie, la Jordanie, l’Égypte, le Liban, le Pakistan, l’Afghanistan, la Tchétchénie, même le Kosovo, et nous avons aussi des ressortissants français, anglais, irlandais, australiens et même suédois, de souche arabe. » (8)

    Ceci explique pourquoi les premières régions attaquées sont à la périphérie du pays. Ainsi, selon Pierre Piccinin : « L’ASL attaque les agglomérations proches des zones frontalières, principalement Zabadani, au nord-ouest de Damas, à la frontière du Liban, Talkalakh et Qousseir, dans la province de Homs, et Idlib, à proximité de la frontière turque. » Les rebelles peuvent franchir la frontière dans l’autre sens, si le combat contre les forces régulières tourne en leur défaveur.

    Le CIRET-AVT – CF2R confirme : « Selon plusieurs sources sécuritaires concordantes, des activistes libyens (…) sont infiltrés dans des kataëbs de l’Armée libre de Syrie. Ils rentrent par les camps de réfugiés installés le long de la frontière turque. »

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    « Allah akbar ! Allah akbar ! » Même au coeur des combats, les rebelles n’ont que ce cri à la bouche. Les vidéos de l’ASL où ces “Allah akbar” retentissent sont légion. Comment concilier ce fait avec la Syrie multi-confessionnelle ? (source)


    Cette internationale islamiste est animée par une vision rigoriste de l’Islam, qui contraste avec l’Islam modéré et tolérant implanté en Syrie, terre multi-confessionnelle par excellence. Soeur Marie Agnès insiste sur la coloration religieuse très marquée des combattants : « Ces bandes, d’après les analyses et d’après nos informations, la plupart, les 99 % appartiennent à une confession, qui est la confession sunnite en Syrie. » Elle témoigne d’une rage particulière à l’égard des Chrétiens : « Les Chrétiens font partie de cette population civile, déjà à Homs. À cause de l’invasion non justifiée des bandes armées de, soi-disant, “l’opposition” dans leurs quartiers résidentiels en février 2012, cette présence massive, indisciplinée et agressive de la branche armée de l’opposition a fait que la plupart des Chrétiens de Homs a pris le chemin de l’exil, de l’exode. Nous avons eu 130 000 Chrétiens de Homs et de sa province qui ont pris la fuite, qui sont des déplacés. » Les logements abandonnés par les Chrétiens sont parfois ré-occupés par des familles sunnites. Après les Chrétiens, leurs lieux de culte : « À l’occasion de ces invasions et des combats concomitants, les lieux de culte ont été effectivement attaqués et partiellement détruits, ou totalement, et souvent désacralisés, avec l’introduction de ces bandes à l’intérieur de ces édifices pour y sévir d’une manière contraire au respect de la confession des autres et de la sacralité des lieux, malheureusement. » (8) Et Soeur Marie Agnès de conclure : « La réalité sur le terrain est l’implantation d’un fanatisme religieux qui ne peut pas garantir la liberté ou la démocratie et qui n’inspire plus confiance à personne, même pas aux musulmans modérés. »

    Pierre Piccinin résume : « Il existe d’autres mouvances d’opposition, parfois violentes [euphémisme !] et dont les objectifs ne sont pas identiques à ceux des démocrates pacifiques. C’est notamment le cas de la fraction islamiste de la communauté sunnite, organisée autour des Frères musulmans, qui ambitionnent l’instauration d’une république islamique en Syrie, ce qui terrifie les Chrétiens et la plupart des autres minorités, dès lors favorables au statu quo actuel et au parti Baath, garant de la laïcité de l’État. » Rejetés par les syriens, la vengeance aveugle est tout ce qui reste à ces combattants déracinés, et les enlèvements comme moyen de subsistance.

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    Afin d’annoncer sans ambiguïté le Califat islamique qu’ils s’efforcent d’instaurer en Syrie, les rebelles ont remplacé le rouge du drapeau syrien par du vert (couleur de l’Islam). Mais peut-être Jean-Pierre Filiu est-il daltonien ?


    Des médias occidentaux intoxiqués

    Plusieurs sources, monsieur Paoli, mentionnent des erreurs médiatiques grossières, erreurs qui souvent consistent ni plus ni moins qu’à imputer les crimes des rebelles à l’armée régulière, et à présenter les manifestations favorables au gouvernement comme issues de l’opposition.

    Pierre Piccinin en a lui-même constatées : en juillet 2011, l’AFP annonce des manifestations de l’opposition considérables dans tout le pays, dont 500 000 personnes à Hama. Or, Pierre Piccinin est sur place et constate, photos à l’appui, que les opposants « n’étaient, en réalité, pas 10 000 ». (4) En novembre 2011, Pierre Piccinin, toujours muni d’un appareil photo, apprend qu’Al-Jazeera annonce que le siège du parti Baath à Damas a été attaqué par des roquettes. Il se rend sur place et constate, photo à l’appui, que le bâtiment est intact. (16) En décembre 2011, la presse occidentale rapporte qu’un partisan du gouvernement a commis un massacre sur des étudiants dans une salle d’examen. Pierre Piccinin se rend sur place, interroge les étudiants et découvre que le tueur était un opposant, et qu’il avait visé des étudiants appartenant à des associations étudiantes proches du pouvoir. (15)

    Le CIRET-AVT – CF2R rapporte lui aussi plusieurs de ces erreurs médiatiques. « À Homs, début décembre 2011, une manifestation a eu lieu pour réclamer le départ du gouverneur qui ne protège par efficacement la population contre les insurgés. Elle a été présentée par les médias étrangers comme une manifestation contre le régime. » Les médias arabes semblent parfois dotés de pouvoirs surnaturels : « À Douma, en novembre 2011, Al-Jazeera et Al-Arabya annoncent à 1h30 qu’un centre de sécurité syrien a été attaqué et bombardé. La TV syrienne envoie une équipe sur place à 2h30 pour montrer qu’il ne se passe rien. Néanmoins, ce centre sera bien attaqué… à 3h00 ! » Le rapport enchaîne : « La manipulation médiatique la plus marquante s’est produite à Homs où une femme a vu son enfant assassiné par un groupe d’insurgés et, moins d’une heure plus tard, l’image de ce crime était diffusée sur Al-Jazeera comme étant une exaction de l’armée syrienne. » Les “erreurs” médiatiques sont si nombreuses qu’il est difficile de croire à l’absence de caractère intentionnel.

    En France, Le Parisien annonçait, en juin 2011, d’importantes manifestations de l’opposition et joignait à son article une photo d’une foule dense où l’on distinguait, malheureusement pour le journal, des portraits de Bachar el-Assad. Il s’agissait d’une manifestation de soutien au gouvernement. (17)

    Les dramatiques événements vécus par Pierre Piccinin nous rappellent combien le métier de journaliste est dangereux sur un théâtre de guerre. Dans le cas syrien, si les journalistes sont les bienvenus lorsqu’il s’agit de visiter le “pavillon témoin” de l’ASL, comme Florence Aubenas s’y est laissée prendre, d’autres au contraire ont la malchance de tomber sur l’envers du décor et manquent d’y laisser leur vie, comme ces deux journalistes anglais et néerlandais faits prisonniers par des combattants islamistes. (14) Tentant de nous apitoyer sur les faibles moyens dont disposent les rebelles, Florence Aubenas rapporte qu’ « Il n’y a même pas une kalachnikov par personne » (18), une affirmation réfutée par les nombreuses preuves présentées ici (les rebelles sont lourdement armés).

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    Manifestation d’opposants à Hama, le 15 juillet 2011 (Syrie). L’AFP annonce 500 000 participants mais Pierre Piccinin, sur place, en dénombre moins de 10 000. (photo Pierre Piccinin ; source)


    L’OSDH : ni observateur, ni droits-de-l’hommiste, mais vrai désinformateur

    L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) est la principale source d’information des médias occidentaux. Or, Pierre Piccinin fait à son sujet une révélation qui aurait mérité de faire le tour du monde : ce soi-disant observatoire est tenu par un homme seul, Oussama Ali Suleiman, proche de Rifaat el-Assad, l’oncle du président Bachar el-Assad et son ennemi juré. Rifaat el-Assad rêve d’être calife à la place du calife. Avec une audace incroyable, Oussama Ali Suleiman s’est introduit à l’OSDH sous un faux nom et sans mentionner sa proximité avec Rifaat el-Assad. Lorsque ces liens ont fini par être découverts par le reste de l’équipe, notre homme a volé les mots de passe du site Internet et a pu continuer, jusqu’à ce jour, à diffuser de “l’information” au nom de l’OSDH, depuis la Grande-Bretagne où il réside. La dernière accusation recueillie par Pierre Piccinin à l’encontre d’Oussama Ali Suleiman est aussi la plus lourde : selon le reste de l’équipe, les informations falsifiées émises par l’OSDH sont le seul fait d’Oussama Ali Suleiman, lequel n’a pas souhaité répondre aux questions de Pierre Piccinin. (15)

    Résumons : les médias occidentaux sont informés, ou plutôt, intoxiqués par un homme seul, basé en Grande-Bretagne, auto-proclamé Observatoire Syrien des Droits de l’Homme et décidé à faire tomber le pouvoir à tout prix. Couvrant les crimes des combattants et dissimulant leurs intentions réelles (établir un Califat islamique), Oussama Ali Suleiman semble bien peu concerné par la cause des droits de l’homme, et plutôt jouer un jeu subtil au sein d’intérêts plus larges.

    Des enjeux énergétiques (où il n’est plus du tout question de droits de l’homme)

    La Syrie, qui appartient actuellement à la zone d’influence russe, se trouve au centre d’enjeux énergétiques, liés notamment à l’acheminement de gaz et à la concurrence de pays alliés des États-Unis avec la Russie, autre grand producteur (19). Dès lors, il n’est pas besoin de boule de cristal pour comprendre que les États-Unis et leurs alliés, dont la France, sont satisfaits de voir se diffuser une “information” amenant l’opinion publique occidentale à souhaiter la guerre, guerre qui pourra renverser l’actuel pouvoir (proche de la Russie) et le remplacer par un nouveau pouvoir qui servira au mieux les intérêts des pays qui financent et soutiennent (publiquement ou en sous-main) la rébellion : les États-Unis (20), la France, etc.

    Le CIRET-AVT – CF2R voit plus loin et écrit : « Notre constat principal est que le dossier iranien conditionne largement la gestion de la crise syrienne ». Cependant, ceci nous ramène encore à l’énergie puisque l’Iran possède les troisièmes réserves mondiales de pétrole, des réserves convoitées par les États-Unis (21). Or, la question de l’approvisionnement en pétrole et en gaz prend toute son acuité, pour les pays gros consommateurs, à l’orée du Pic Pétrolier, point culminant de la production pétrolière mondiale attendu autour de 2015.

    Un système médiatique mal en point

    Monsieur Paoli, au cours de votre émission, Jean-Pierre Filiu a appelé à donner encore plus d’armes aux rebelles. Cela signifie, à l’évidence, et que monsieur Filiu en soit conscient ou non, encore plus de morts et de destructions en Syrie, que l’OSDH attribuera au gouvernement, et ainsi de suite. Cette surenchère dans la violence sert une cause dont nous souhaitons, et dont nous voulons croire, qu’elle pourrait être résolue de façon plus raisonnable et pacifique, pour le bien à la fois des Syriens et des Occidentaux, jouets d’une mécanique médiatique des plus perverses. Bachar el-Assad se bat aujourd’hui avec énergie pour éviter à son pays de sombrer dans un chaos semblable à celui auquel nous assistons en Afghanistan, en Irak ou en Libye.

    Monsieur Paoli, vous qui avez à cœur dans votre émission 3D de diversifier les points de vue, donnerez-vous la parole à des intervenants qui contestent le discours dominant sur la Syrie ? Pour l’équilibre de l’information et pour donner une chance à la paix au Proche Orient, ce serait hautement souhaitable.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur Paoli, l’expression de mes sentiments distingués.

    Yves Ducourneau, le 10 mai 2013
    Source
  35. Anonymous Member

    Source => http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/syrie-ou-nous-emmene-jean-pierre-135667

    Yves Ducourneau : obscure informaticien anonyme intervenant régulierement sur agoravax, lavoixdelasyrie, le grand soir et iceberg911 (Le 11-Septembre était-il un coup monté ?)


    Jean-Pierre Filiu : Jean-Pierre Filiu est professeur des universités à Sciences Po (Paris). Historien et arabisant, il a aussi enseigné dans les universités de Columbia, à New York, et de Georgetown, à Washington. Il a publié en 2013 « Le Nouveau Moyen-Orient, les peuples à l’heure de la révolution syrienne » (chez Fayard), ainsi que « Le Printemps des Arabes », un roman graphique dessiné par Cyrille Pomès (chez Futuropolis).

    LOL
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  36. Anonymous Member

    Attaquer le messager plutôt que le message, une vieille ficelle qui marche toujours ! ;)
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  37. Oui c'est incroyable cette guerre alors que 55% de la population locale supporte le clan de bachar el assad , donc il est légitime dans son pays .mais qui à foutu la merde ? les média comme à leur habitude ..

    Avant internet et tous ces moyens de com , ... ça arrivé tout les jours , des crimes de guerres et j'en passe ,ces pas pour ça que le monde ces arrêtez de tourner , non au contraire on laisser faire son homologue gérée son pays .

    Maintenant la France ,Londres, U.S.A , Israël agisse comme bon leur semble , il font les gendarmes du monde et il ce disent démocratique , alors que ça population le soutien à 55% .

    Pour quoi ce pays ces embraser , comme le reste des pays Arabe ? Égypte , Cisjordanie , Iran , Syrie , Tunisie , proche Israël ? Bizarre non ? Par contre au Qatar , Arabie Saoudite ce qui on vendu leur Âme au diable tout vas bien :) Alors que leur peuple manifeste toute la journée , il ce font tirée dessus et oui ces un pays gérer par la loi islamique ! Police islamique .

    Ben voyons , oui tu à raison sauvons les tous .... Attends on peut mettre un replay là ? :confused:
    Quelqu'un à fait quelques chose quand on à bombarder Irak ? sur les preuves unique de Coline Powell
    sur certaines Armes Chimique qu'il avait en ça possession .Ben non personnes Sa dam est mort que 2 ans après lors d'une attaques d'une opération du C.O.S. , mais pendant cette guerre on à détruit un pays qui à encore du mal à s'en remettre , on à tuer plus de civile que de soldat mais ça peu de gens le disent ... On veut faire preuves de civisme , hum hum

    En libie , nous somme intervenu indirectement , nos hommes du C.O.S ( forces spécial ) on tué Mouammar Kadhafi , toujours pareil pour des petites émeute au début et ensuite Emballement médiatique , il fallait s'en débarrassé ( affaire Sarko sur les pot de vin )

    Bref plus on s'en mêle , plus on va remuer la merde ! mais bien profondément et ce retrouvé avec une belle guerre mondiale , quand la Russie et la Chine , Iran disent non , c'est non , on peut péter plus haut que notre cu on ne fera rien avec eux ou contre eux ,La Russie est peut être une ancienne Armée mais elle possède encore la capacité des têtes nucléaires , elle peut faire sauter 3 fois la planet et dieu ces qu'il sont fêlé pour le faire .... ces pour cela que actuellement les état unis y vont doucement sur ce sujet.


    Tant que la politique sera de ce bas monde ,les guerres il y en à toujours eu et il y en aura toujours .


    "Snooppy"
  38. Anonymous Member

    La révolution syrienne et ses détracteurs
    Par Farouk Mardam Bey
    2012 - 10

    Que Frédéric Chatillon, gros bras du Front national, soit le principal diffuseur en France de la propagande du régime syrien n’est pas très difficile à comprendre. Que Richard Millet, l’apologiste de l’assassin néonazi Anders Breivik, ait consacré dans la foulée un opuscule à la gloire des Assad, père et fils, est aussi dans l’ordre des choses. Mais les autres ? Pourquoi des hommes et des femmes qui se disent de gauche, démocrates, altermondialistes, défenseurs des peuples opprimés, et qu’on ne peut a priori soupçonner de racisme antiarabe ni d’islamophobie, s’abaissent-ils jusqu’à soutenir Bachar et son clan ?
    Il y a d’abord les tenants de l’interprétation policière de l’histoire, et ils sont plus nombreux qu’on ne le croit. Ils vous disent que tout ce qui s’est passé dans le monde arabe depuis décembre 2010 n’est finalement qu’une ruse de l’impérialisme américain pour propulser au pouvoir ses affidés islamistes, avec l’Arabie saoudite et le Qatar dans le rôle de tiroirs-caisses. Mais quand vous leur rappelez leur enthousiasme pour les révolutions tunisienne et égyptienne, et même pour le Qatar tant que son émir jouait les trouble-fête et que la chaîne al-Jazeera épargnait le pouvoir en place à Damas, ils se ravisent pour limiter le champ d’application de la théorie du complot à la « Syrie récalcitrante ». Là, les manifestations populaires à travers le pays, les dizaines de milliers de morts et de blessés, les centaines de milliers de réfugiés, les arrestations massives, les tortures, les viols, les pillages, les bombardements des villes et des villages à l’artillerie lourde et à l’aviation de combat ne sont qu’une illusion d’optique, des images fabriquées dans les officines de la CIA et les studios d’al-Jazeera. Et quand bien même tout cela serait vrai, poursuivent-ils, que valent la liberté et la dignité du peuple syrien en regard de la bombe atomique iranienne et des missiles du Hezbollah libanais ?
    Or ces mêmes « anti-impérialistes », généralement très complaisants à l’égard de l’islam politique, se métamorphosent en laïcistes intransigeants dès qu’il s’agit de la Syrie. Ils s’offusquent d’entendre implorer Dieu dans une manifestation guettée par des snipers ; ils voient des salafistes là où le régime voudrait qu’ils les voient ; ils grossissent le rôle des volontaires islamistes étrangers – que Bachar n’avait pas hésité naguère à infiltrer en Irak ; ils se lamentent sur le sort des minorités à la manière des chancelleries occidentales du temps de la Question d’Orient ; ils gomment toute initiative citoyenne de l’opposition, qu’elle soit politique ou culturelle ; ils traitent de laïque un régime dont l’un des fondements est l’esprit de corps communautaire, l’une des pratiques éprouvées la manipulation des minorités, et qui a délibérément favorisé la « réislamisation » bigote et obscurantiste d’une partie de la société sous prétexte de combattre l’islamisme politique.
    Il est remarquable par ailleurs que les défenseurs prétendument « anti-impérialistes » du régime, et qui sont censés avoir un minimum de conscience sociale, évitent soigneusement d’en faire usage, concentrant leurs efforts soit sur le fameux complot, soit sur les déficiences et les maladresses de l’opposition. Pas un mot sur l’assise clanique du pouvoir, sur le libéralisme économique sauvage et ses réseaux mafieux, sur la dérive monarchique et le culte délirant de la personnalité, sur cinquante ans de despotisme prédateur et ses dizaines de milliers de victimes syriennes, libanaises, palestiniennes, irakiennes. Aucune réflexion non plus sur les forces sociales en présence, en dehors évidemment de la rengaine éculée d’un pays qui serait une juxtaposition de communautés ethniques et religieuses, et par conséquent ingouvernable démocratiquement. N’est-il pas irritant, et en même temps éclairant, que des militants de gauche ne se posent pas la moindre question sur les classes et les catégories sociales qui subissent le régime et le combattent, celles qui en profitent et s’y accrochent, et celles qui hésitent à s’engager d’un côté comme de l’autre ?
    Ce qui rapproche, en fait, ces militants-là d’un dictateur sanguinaire comme Assad n’est pas à proprement parler politique, mais idéologique. C’est l’indéracinable culturalisme qui assigne aux autres peuples, consciemment ou inconsciemment, une culture à jamais différente de la nôtre, et qui leur colle à la peau comme une seconde nature. S’il est en France tout à fait naturel, quand on est de gauche, de défendre les acquis sociaux et les libertés individuelles et collectives, il est en revanche impensable, inouï, aberrant, contre nature, selon cette même gauche, de vouloir en Syrie vivre libres et égaux. Sauf, évidemment, quand on se laisse prendre dans les rets du « complot américano-saoudo-qatari »…

    http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=8&nid=3970
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  39. Anonymous Member

    Sous la chape de silence – les disparitions forcées en Syrie

    Manifestation pour la libération de Mohamed Bachir Arab. Alep. juillet 2012 © DR
    [30/08/2013]
    Les allégations selon lesquelles des armes chimiques ont été utilisées contre des civils syriens montrent que le drame syrien est loin d’être fini. Cela est vrai aussi pour les familles des milliers de personnes disparues dans le pays.
    Amnesty International continue à insister sur le besoin d’une enquête impartiale sur celles-ci et d'autres violations graves des droits humains dans le pays. Depuis le début du mouvement de protestation en Syrie en février 2011, des milliers de personnes soupçonnées d’être des opposants ont été arbitrairement arrêtées. Leur famille ignore où elles se trouvent et ce qu’elles sont devenues. Amnesty International a parlé avec trois hommes libérés après avoir été victimes d’une disparition forcée pendant des mois, ainsi qu’avec des proches de personnes toujours disparues.
    Ils sont libres

    « Je lutte pour réapprendre la liberté. Mon esprit est avec mes compagnons, toujours derrière les barreaux, tandis que mon corps essaie de profiter de ce dont mes amis sont privés. »Mansour al Omari a été soumis à une disparition forcée après avoir été arrêté le 16 février 2012 par les forces de sécurité dans les locaux du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression. Pendant trois mois, il a été frappé quotidiennement. Il a été libéré le 7 février 2013.

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    Shibal Ibrahim
    , militant des droits des Kurdes, a été arrêté le 22 septembre 2011 à Qamishly et soumis à une disparition forcée pendant presque toute sa détention. Aujourd’hui, il remercie tous ceux qui ont agi en sa faveur. ll va continuer à lutter pour « la libération de tous les prisonniers politiques … et une Syrie libre pour tous les Syriens ». Il reçoit actuellement des soins pour les séquelles des tortures dont il aurait fait l’objet en détention.
    Toujours sans nouvelles

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    L’avocat spécialiste des droits humains Khalil Matouq fait l’objet d’une disparition forcée depuis son arrestation en octobre 2012.
    « Khalil est un frère et un ami merveilleux qui a consacré de nombreuses années de sa vie à défendre les prisonniers d’opinion et les droits humains … L’homme qui sourit tout le temps a disparu depuis des mois. » L’avocat Anwar al Bunni à propos de son ami et collègue.
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    Ali Mahmoud Othman
    , journaliste amateur, a été arrêté en mars 2012. Il est apparu à la télévision syrienne en avril 2012 mais il fait toujours l’objet d’une disparition forcée : « Ali nous manque, nous attendons son retour. Merci à tous ceux qui ont fait quelque chose pour lui. » Frère d’Ali Othman.
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    Le médecin Mohamed Bachir Arab, a été arrêté le 2 novembre 2011 à Alep, apparemment à cause de sa participation à l’organisation de manifestations pacifiques. Il fait l’objet d’une disparition forcée depuis son arrestation. « Ma mère a le cœur brisé et attend des nouvelles de son seul fils, qu’elle n’a pas vu depuis 670 jours. Chaque fois que le soleil se lève, l’espoir naît de voir Mohamed revenir parmi nous. » Sœur de Mohamed Arab
    Qu’est-ce qu’une disparition forcée ?

    Le 30 août, Journée internationale des personnes disparues, est l’occasion d’attirer l’attention sur le sort de milliers de personnes victimes dans le monde entier d’une disparition forcée, et sur la souffrance de leurs proches.
    Soutenez les victimes de disparition forcée et leurs proches, demandez aux autorités syriennes de mettre fin à cette pratique.
    Une personne a « disparu » lorsqu’elle a été arrêtée, placée en détention ou enlevée par des agents de l’État ou par des personnes agissant en leur nom. Dès lors que les auteurs de l’enlèvement nient qu’elle est détenue ou refusent de dévoiler où elle se trouve, elle risque de subir de multiples violations de ses droits fondamentaux. Détenue sans protection de la loi, elle est souvent torturée et craint constamment pour sa vie, elle est privée de tous ses droits et se trouve à la merci de ses ravisseurs. Il s’agit d’une violation continue de ses droits, qui persiste souvent plusieurs années après l’enlèvement et qui laisse des séquelles physiques et psychologiques durables.
    Très souvent, les victimes de disparition forcée ne sont jamais libérées et on ne sait pas ce qu'elles sont devenues. Leur famille et leurs amis ne découvrent parfois jamais ce qui leur est arrivé, ce qui ne fait qu’ajouter à leur souffrance. L’insécurité et la peur engendrées par les disparitions forcées ne touchent pas seulement les victimes directes et leurs proches, mais la société dans son ensemble.
    Un fléau mondial

    Les disparitions forcées ont été un sujet de préoccupation sous le régime de la famille Assad. Amnesty International recense des cas en Syrie depuis la fin des années 1970, mais le nombre de personnes disparues a considérablement augmenté au cours des deux dernières années. La Syrie est loin d’être le seul pays concerné.
    Des disparitions forcées ont lieu dans de nombreux pays à travers le monde. Par ailleurs, bien qu’il s’agisse d’un crime aux termes du droit international, il arrive trop souvent que les responsables présumés ne soient jamais traduits en justice.
    En Asie, le Sri-Lanka a connu des milliers de disparitions. Plus de 30000 seraient recensées. Dans les Amériques, le fléau des disparitions forcées a frappé comme au Chili ou en Argentine durant les années 1970 et 1980. Il continue de frapper aujourd’hui encore des pays comme le Mexique et la Colombie.
    S’efforçant de mettre fin à cette pratique, les Nations unies ont adopté en décembre 2006 la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Ce traité vise à prévenir les disparitions forcées et, lorsque de tels crimes sont commis, à faire émerger la vérité et à garantir que les responsables seront sanctionnés et que les victimes et leur famille recevront réparation. Elle est entrée en vigueur en 2010 et compte 39 Etats parties. Amnesty International appelle tous les Etats à ratifier ce texte majeur.


    http://www.amnesty.fr/AI-en-action/...ilence-les-disparitions-forcees-en-Syrie-9220
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  40. Anonymous Member

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